Coronavirus : des malades d'Ajaccio évacués vers la Côte d'Azur ce week-end

Le Tonnerre, porte-hélicoptère amphibie de la marine nationale. / © Marine nationale
Le Tonnerre, porte-hélicoptère amphibie de la marine nationale. / © Marine nationale

Un navire de la Marine nationale évacuera ce week-end des patients placés en réanimation à Ajaccio vers des hôpitaux de la Côte d'Azur, annonce la ministre des Armées Florence Parly. Une mesure prise pour anticiper un probable afflux de malades dans l'hôpital de la ville dans les jours à venir.

Par Axelle Bouschon avec AFP

Une bonne nouvelle pour le personnel soignant de l'hôpital d'Ajaccio, ce vendredi. Ce week-end, des patients atteints du Covid-19 seront évacués à bord du porte-hélicoptère amphibie Tonnerre vers les hôpitaux de Côte d'Azur.

 


Véritable hôpital embarqué

Le navire, actuellement en rade de Toulon, dispose à son bord d'un véritable hôpital embarqué, avec deux blocs opératoires et 69 lits, et une extension possible à quelque 250 lits. Le bâtiment compte également un équipage d'environ 200 personnes. "On va mettre le bateau en mode "Citadelle", le système de ventilation sera complètement isolé pour l'hôpital, il n'y aura aucun échange d'air entre l'hôpital et le reste du bateau", a indiqué Christine Ribbe, porte-parole de la préfecture maritime à Toulon, à nos collègues de France 3 Provence Alpes Côte d'Azur.

Au total, entre 12 et 14 patients placés en réanimation à Ajaccio devraient être transférés, a précisé le préfet de Corse Franck Robine. Un dispositif qui devrait permettre de désengorger quelque peu le service, alors qu'une importante nouvelle vague de cas est attendue dans les prochains jours.
 

 

Inquiétudes vis-à-vis de la population âgée

La Corse compte, à ce stade, et selon le dernier bilan communiqué vendredi par l'Agence régionale de santé, 168 cas confirmés (142 à Ajaccio et 26 à Bastia), et sept décès. Principale source d'inquiétude : la population âgée, nombreuse sur l'île, et particulièrement à risque avec la maladie. Ainsi, sur les 340.000 résidents corses, 90.000 ont plus de 60 ans.

Dans ces conditions, faire de la place dans les hôpitaux insulaires, déjà saturés, était une nécessité. Et devrait aussi permettre aux soignants de souffler un peu. "Ce ne sera qu'un petit répit temporaire, mais ça va sans doute nous faire un peu de bien, souffle une infirmière, qui préfère garder l'anonymat. Parce que pour être honnête, là, nous sommes tous à bout."
 

C’est très dur. C’est plus dur que tout ce qu’on a connu. Personnellement, j’ai 50 ans, je n’ai jamais connu un truc comme ça


Car depuis l'annonce des premiers cas de coronavirus à Ajaccio - des cas alors "importés", trois personnes retraitées revenant de Mulhouse -, médecins, infirmiers et personnels paramédicaux "n'ont pas arrêté". Laurent Serpin, chef du service de réanimation de l'hôpital d'Ajaccio, racontait ainsi jeudi 19 mars être "à peine rentré chez lui" au cours des quinze derniers jours, et n'avoir dormi "que deux heures" la nuit passée.

Des conditions de travail compliquées et partagées par "tous ses collègues". "C’est très dur. C’est plus dur que tout ce qu’on a connu. Personnellement, j’ai 50 ans, je n’ai jamais connu un truc comme ça" soupirait-il.


 

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