Don du sang en Corse : des menuisiers industriels montrent l'exemple à Ajaccio

Ajaccio, le 12 mars 2014 / © FTViastella
Ajaccio, le 12 mars 2014 / © FTViastella

Près d'Ajaccio, dans la zone industrielle de Baléone, le patron d'une PME a sollicité l'Etablissement Français du Sang  pour organiser une collecte dans son entreprise de menuiserie. 

Par Céline Aubert et Jean Crozier

Chaque année la Corse manque de sang, il faut parfois importer des centaines de poches du continent pour soigner les malades sur l'île. Pour aller à la rencontre des donneurs, l'Etablissement Français du Sang multiplie les actions, en entreprise notamment.

L'initiative de cette PME ajaccienne est à saluer en Corse, où les besoins sont grands et où l'habitude de donner son sang n'est pas encore inscrite partout dans la société.

Duttore Brigitte Peres Cuurdinatrice di i dui lochi corsi di l'EFS-AM
Ajaccio - 12 mars 2014

Pour la plupart, il s’agit simplement de faire le premier pas. Peur de l’aiguille souvent, symbolique morbide du sang… Combien on m’enlève, est-ce que ça va faire mal, est-ce que je vais être fatigué ?

Dans la menuiserie FM Baies, au cœur de la zone de Baleone près d’Ajaccio, les salariés se succèdent dans le camion de l’Etablissement Français du Sang. La plupart d’entre eux vont donner leur sang pour la première fois. "C'est sur le même principe qu'une prise de sang, mais en un peu plus long" rassure Patricia Soichey. Elle est infirmière à l’EFS à Ajaccio. Elle est aussi en charge de la promotion du don de sang. Pour inciter les donneurs, c’est ce qu’il faut faire avant tout, dédramatiser.

La quasi-totalité des employés a accepté de donner. En général, les collectes en entreprise créent une émulation. Les salariés sont motivés, ne pas participer leur ferait même un peu honte. FM Baies compte 18 salariés. Presque autant de poches collectées.

Le don en entreprise ne représente encore que 9% de la collecte de poches de sang en Corse. Ca peut paraître peu. Mais c’est une des solutions pour augmenter le nombre, trop faible, de donneurs insulaires. « On vient chez eux, il n’y a pas de perte de temps » poursuit Patricia Soichey. On sait que ce sont des gens qu’on n’aurait pas, si on ne venait pas à eux. Alors il faut qu’on y aille ».

 / © Les infirmières l’expliquent à tous les donneurs. Une poche de leur sang va contribuer à sauver la vie de trois malades. Dis comme ça, on mesure toute l’importance du don.






Une fois récoltées, les poches de Corse vont faire leur chemin. Elles sont expédiées au Laboratoire de l’EFS à Marseille. Là-bas elles sont préparées, les globules blancs filtrés. Les trois composants (globules rouges, plasma et plaquettes) sont séparés en trois nouvelles poches. Celles-ci sont ensuite rapatriées sur l’île.

Un geste simple :


« Le don de sang, ce n’est pas comme le don d’organes » rappelle André Crastucci. Il est le patron de la menuiserie, celui qui est à l’origine du projet. Il y a quelques années, la perte d’un proche l’a décidé à concrétiser cette belle initiative. Il a donc appelé l’EFS pour prendre rendez-vous. Aujourd’hui il lance un appel aux chefs d’entreprise, aux artisans, aux PME, dans l’espoir que d’autres suivent son exemple. Ce matin-là tout le monde était invité à donner son sang, pas seulement les salariés de FM Baies.

Quelques minutes après avoir donné, les employés ont repris le travail. Certains ont rejoint des chantiers, d’autres ont regagné l’usine. Des tâches plutôt physiques. On leur a simplement conseillé de ne pas faire trop d’effort, et de ne pas fumer pendant deux heures.

Reportage Céline Aubert, Stella Rossi, Francis Rombaldi :
Le don du sang en entreprise
Intervenanrs: Fabrice Glisoni, menuisier fabricant chez FM Baies; Patricia Soichey, infirmière à l'EFS chargée de la promotion du don du sang; André Crastucci, érant de la menuiserie FM Baies

De nombreuses entreprises donnent en Corse, même si c’est encore insuffisant : l’URSSAF, la CPAM, le Crédit Agricole, La Poste, EDF, la CTC… La plupart ont été démarchées par l’EFS. La démarche volontaire est très rare.

En 2013, plus de 10.000 poches de sang ont été récoltées en Corse, plus que l'année précédente. ll a pourtant fallu en faire venir 1500 supplémentaires du continent pour soigner les malades. L'auto-suffisance régionale est rarement acquise.


Le Sud-Est de la France est particulièrement touché par le manque de sang. « Dans d’autres régions, le camion de l’EFS se pose sur une place, et on arrête les prélèvements quand on a atteint les objectifs » explique le Dr Brigitte Peres. La coordinatrice des deux sites corses de l’EFS ne s’en étonne pas. « Dans certaines familles le don du sang c’est culturel, familial, c’est une évidence. Pas chez nous. Peut-être qu’on s’écoute un peu trop. Les gens doivent comprendre que le don, c’est la vie, c’est bien ».

Prochaine collecte le vendredi 14 mars de 10 heures à 16 heures, place du Diamant à Ajaccio. 

Pour savoir où donner partout en France, consulter le site de l'EFS


Les réponses aux questions que vous vous posez peut-être :

- Vous devez remplir un formulaire de santé
- En cas de 1er don, vous devez venir avec votre pièce d’identité
- Le don est anonyme, on vous attribue un code barre et une carte de donneur
- Le rendez-vous avec le médecin de l’EFS est soumis au secret médical
- On vous prélève 450 à 480 ml de sang, en fonction de votre poids
- Il est conseillé d’avoir mangé avant le don
- Le prélèvement dure environ 10 mn, comptez 45 mn en tout dans le camion 
- On peut donner de 18 à 71 ans
- Il faut peser plus de 50 kg pour donner
- Un homme peut donner 6 fois dans l’année, une femme peut donner 4 fois

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