« On craint pour notre santé », à Ajaccio une pollution aux hydrocarbures détectée dans l’eau courante d’une trentaine d’appartements

C'est un cas inédit en France. Une trentaine d'appartements près de la rocade à Ajaccio restent habités alors qu'une présence d'hydrocarbures est détectée depuis 2019 dans l'eau courante. Propriétaires et locataires s'inquiètent pour leur santé.

Les belles histoires du dimanche
Découvrez des récits inspirants de solidarité et d'altruisme, et partez à la rencontre de la générosité. Émotions garanties chaque dimanche !
France Télévisions utilise votre adresse e-mail afin de vous envoyer la newsletter "Les belles histoires du dimanche". Vous pouvez vous désinscrire à tout moment via le lien en bas de cette newsletter. Notre politique de confidentialité

Que s'est-il passé en 2018 lors de la construction par le groupe Rocca d'un immeuble du carré de Boddiccione ? Aux entrées K1 et K2, une trentaine d'appartements sont confrontées à une pollution aux hydrocarbures.

L'odeur de mazout est forte, l'eau du robinet visqueuse, mais il n'y a pas de restriction d'usage. Les résultats d'analyses varient en fonction des heures de prélèvement. Jean-Luc Remondon, un des habitants concernés, lit un de ces comptes-rendus : « Des indices d’hydrocarbures de 0.1 mg par litre sont relevés dans l’eau froide, la présence de benzopyrène est détectée à des niveaux inhabituels dans l’eau chaude. Cette substance est indétectable dans l’eau du réseau distribuée par la ville. »

durée de la vidéo : 00h02mn37s
Jean-Luc Remondon, Habitant du Carré de bodiccione ; Rui Rodriguez, Habitant du carré de bodiccione ; Marc Vepori, directeur Agence Secic - syndic. ©France Télévisions

Le benzopyrène est une substance toxique, potentiellement cancérogène. Alors les voisins impactés espéraient tous que la décontamination serait rapide. « On a ce problème depuis que l’appartement nous a été livré, en 2019. On en fait part au promoteur de suite, à ce moment-là, on était les seuls à se plaindre et on n’a pas voulu nous croire. On achète beaucoup d’eau potable, on est obligé de revenir avec des packs d’eau pour la consommation. Bien évidemment, on craint pour notre santé. On a une enfant qui est également dans l’appartement », raconte Rui Rodriguez, habitant du carré de Bodiccione.

« Un problème compliqué à diagnostiquer et à solutionner »

Le problème ne vient pas des tuyauteries, elles ont été changées dans un appartement, en vain le benzopyrène persiste. Les services de l'hygiène de la ville n'ont pas déclaré les logements insalubres. Depuis 2021, expertises et contre expertises se suivent, à la demande des diverses assurances du promoteur et des sous-traitants.

Le syndic n'a pas de solution. « Au début, on a suspecté des histoires de chaudière, les travaux ont été faits sur la chaudière… On avance doucement parce que c’est un problème très compliqué à diagnostiquer et à solutionner. Les prochaines étapes qui devraient être faites, c’est l’analyse de la chape pour vérifier si les hydrocarbures sont situés à certains endroits », indique Marc Vepori, directeur de l’agence Secic  syndic.

Néanmoins, à chaque étage et dans chaque appartement, des robinets sont préservés. Ce ne sont jamais les mêmes. Une énigme. Certains croient que les machines à projeter le ciment auraient été rincées au mazout de façon éparse. Il faudra d'importants travaux, c'est le plus probable et cela a un petit goût amer.