Assassinat de Tony Carboni : vifs échanges par communiqués interposés

Le collectif Massimu Susini n'a pas tardé à répondre au communiqué publié hier soir par les proches de Jean-Antoine Carboni, tué par balles à Ota il y a deux jours. Et entre les deux camps, l'échange est vif... Le collectif y voit "des menaces de mort", et se dit prêt à se défendre.

Création du collectif Massimu Susini à Cargèse en octobre 2019
Création du collectif Massimu Susini à Cargèse en octobre 2019 © Viastella

Après les échanges par communiqués interposés entre le collectif Massimu Susini et l'entourage de Jean-Antoine Carboni, c'est désormais au tour du collectif Mafia No Vita Iè de s'exprimer. Ce-dernier a déclaré ce vendredi se refuser à trier les victimes d'assassinat, et dit condamner ce dernier meurtre.

Le collectif assure cependant ne pas être dupe de "toutes les  manœuvres qui visent à discréditer ceux qui osent dénoncer l'emprise mafieuse dans l’île."

 

Illustration
Illustration © FTViastella
Le ton était monté entre le collectif Massimu Susini et l'entourage de Tony Carboni suite à la publication par ce-dernier d'un communiqué peu après le meurtre. On pouvait y lire que la victime avait "une vie tout à fait normale" et aurait été "assassinée au seul motif qu'il était un membre de notre famille". 

Dans ce communiqué, une phrase a été très commentée :
Celle qui affirme que la mort de Tony serait le résultat "d'une campagne médiatique organisée à dessein dans le but de désigner à tort des coupables qui, de par leur passé judiciaire, servent l'opinion publique et les institutions politiques de tout bord. Les auteurs de ces calomnies ont œuvré inlassablement pour porter des accusations irresponsables et mensongères à l'endroit d'innocents". 
 

Un an après...

La famille Carboni faisait allusion à l'assassinat de Maxime Susini, le 12 septembre dernier à Cargèse. 
Plusieurs noms avaient alors circulé, désignant de possibles auteurs de l'assassinat. Parmi eux, les noms de membres de la famille de Jean-Antoine Carboni.
Cargèse, le village d'où est originaire la famille Carboni
Cargèse, le village d'où est originaire la famille Carboni © Pierre Bona
Des rumeurs, insistantes, qui n'avaient pas été suivies d'effet.
Personne n'avait été inquiété par la justice, ni poursuivi. 
   

Un échange pour le moins tendu

Sans surprise, le collectif antimafia Massimu Susini, visé à demi-mots par la famille Carboni, n' a pas tardé à réagir.
Il dénonce un communiqué "de menaces de mort". C'est la conclusion du texte signé de la famille Carboni qui est pointée du doigt par le collectif. Il y est écrit que Tony Carboni a été la "cible innocente d'assassins revanchards aveuglés par la haine"
Et qu'avec la mort du jeune homme, "une étape malheureusement irréversible a été franchie"...

Pour le collectif Massimu Susini, ce sont clairement des "menaces de mort visant le Collectif et certainement toutes les personnes attachées à Massimu Susini". 

Le communiqué est l'occasion, pour ce collectif, créé par la famille et les proches du jeune homme assassiné en septembre dernier, de rappeler certaines choses :
"L’affirmation qu’une bande de crapules sévissait à Cargèse, que cette bande de crapules avait des liens avec des mafieux de la région ajaccienne est un fait avéré y compris par les enquêteurs dans leurs propos privés. Aucun innocent n’a été désigné et aucun nom n’a été donné."
Les pochoirs tels que celui-ci ont fleuri sur les murs de l'île après la mort de Massimu Susini
Les pochoirs tels que celui-ci ont fleuri sur les murs de l'île après la mort de Massimu Susini © Maia Graziani / FTVIASTELLA
En clair, pas question pour les auteurs du texte de revenir sur les propos tenus précédemment, "rien de mensonger n'a été affirmé".
Mais en aucun cas le collectif n'aurait cité nommément qui que ce soit.

Le collectif Massimu Susini conclut sa communication sur le même ton que la famille Carboni la veille.
Il promet "avoir bien reçu, officiellement, vos menaces de mort, et s'estime en droit de se défendre si la vie de ses membres se voyait menacée". 

Un échange qui ne semble pas vraiment devoir apaiser un climat très tendu dans la région.
 

Intégralité des communiqués :

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