Covid en Corse : "Les petits commerces sont les sacrifiés économiques du confinement"

La colère gronde du côté des gérants des petits commerces corses obligés de fermer boutique pendant le confinement. Gilles Simeoni demande au gouvernement un traitement plus équilibré des différents types de commerces.
Gilles Simeoni soumet 4 propositions au gouvernement.
Gilles Simeoni soumet 4 propositions au gouvernement. © Pascal POCHARD-CASABIANCA / AFP
Des dizaines de commerçants ont manifesté ce samedi en Corse, à Ajaccio et à Bastia, contre la fermeture de leurs enseignes pendant le confinement

Jugés comme "non-essentiels", ces commerces, dont les librairies, ne font pas partie de ceux autorisés à rester ouverts au mois de novembre.
Manifestation devant la préfecture d'Ajaccio samedi 31 octobre 2020.
Manifestation devant la préfecture d'Ajaccio samedi 31 octobre 2020. © Yann BENARD / FTV ViaStella
A Bastia, ils étaient une trentaine à faire entendre leurs voix, en ce deuxième jour de confinement.

C'est une question de survie.

"Derrière chaque commerce il y a des familles, et on peut aussi à la fin de ce confinement ou au cours de ce confinement, perdre nos affaires, notre vie d'avant tout simplement. C'est une question de survie", déclare Ariane Alberghi Gandolfi, gérante d'une boutique de robes de mariée.

Leur colère provient de l'ouverture de plusieurs grandes surfaces, sans lien avec l'alimentation : depuis, le Premier ministre Jean Castex a annoncé la fermeture des rayons "non essentiels" des grandes surfaces à partir de mardi, et expliqué qu'il était "beaucoup trop tôt" pour rouvrir les commerces.

"Les petits commerces sont les sacrifiés économiques du confinement"

Samedi après-midi, le président du Conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, a réagi sur les réseaux sociaux.  "La stratégie actuelle de confinement montre ses incohérences (certaines activités autorisées, d’autres pas) et ses limites", pointe Gilles Simeoni avant d'évoquer le cas des petits commerces "actuellement les sacrifiés économiques du confinement, ce qui est inacceptable".

Le président du Conseil exécutif soumet quatre propositions au gouvernement : une redéfinition des règles de confinement, un traitement plus équilibré des différents types de commerces, un soutien massif et immédiat "aux solutions de distribution à domicile, Click&Collect, Market Place", ainsi qu'une taxation d’Amazon et "des géants de la vente en ligne" pour alimenter un Fonds de solidarité. 

Le Maire de Sartène interpelle le préfet

Le maire de Sartène, Paul Quilichini, demande au préfet de Corse "de prendre les mesures qui s’imposent" : "À mon initiative et après avoir entendu les doléances des petits commerçants, je demande à ce que des mesures d’équité soient prises quant à la vente de produits : vêtements, jouets, livres... afin d’éviter une distorsion aboutissant à une concurrence déloyale"

Jean-Guy Talamoni et Corsica Libera demandent "un retour à l'équité"

Dans un communiqué de presse publié ce samedi 31 octobre, le président de l'Assemblée de Corse et le président du groupe Corsica Libera, Petru Antone Tomasi, demande "un retour à l'équité" "Les petits commerces de proximité, considérés comme "non-essentiels", subissent aujourd’hui un traitement inique alors que la grande distribution, et plus encore les multinationales spécialisées dans la vente en ligne prospèrent", déclarent-ils.

Jean-Guy Talamoni et Petru Antone Tomasi demandent "le rétablissement d’une équité cohérente" tout en respectant "un protocole sanitaire drastique" : "nous nous prononçons pour que les commerces puissent reprendre une activité sur site".

Réexamen de la notion de "première nécessité"

L’Association des maires de France a demandé un réexamen de la notion de commerce de première nécessité. Cette demande intervient après la signature ce samedi d'une vingtaine d'arrêtés municipaux pour maintenir ouverts des commerces non-essentiels sur le continent. 

Le maire de Bastia, Pierre Savelli, a demandé la création d'un "fonds municipal d'urgence pour aider les commerçants à créer une plateforme de vente en ligne" Pierre Savelli devrait rencontrer prochainement le préfet de Corse afin d'affiner la législation en vigueur.

Les commerçants prêts à braver l'interdit

Certains commerçants corses s'organisent déjà sur les réseaux sociaux. Un appel a été lancé par "Kraft", un concept store de déco, cadeaux et bien-être sur Facebook."Qui est prêt à me suivre ? Soyons solidaires et ouvrons tous nos commerces dès lundi à Ajaccio ! Il est l'heure de réagir", lance le commerçant.
 
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