Covid en Corse : “Quand on a demandé ce greenpass, on nous a traités d’alarmistes mais on était dans la prévention”

Au cours d’un entretien dans le Corsica Sera, la conseillère exécutive en charge de la santé Bianca Fazi a critiqué la gestion du Covid-19 par le gouvernement, alors que la Corse va vivre sous couvre-feu pendant six semaines. Et craint un nouveau confinement.

Bianca Fazzi craint un nouveau confinement après l'annonce de l'instauration du couvre-feu.
Bianca Fazzi craint un nouveau confinement après l'annonce de l'instauration du couvre-feu. © DR
L'exécutif corse est sur tous les fronts, et il ne goûte pas vraiment les nouvelles mesures annoncées par le gouvernement, et ce couvre-feu de 21 heures à 6 heures pour six semaines au moins en Corse, comme dans 52 autres départements.

Alors que le président du conseil exécutif de Corse Gilles Simeoni a regretté le manque de dialogue avec les autorités, “le conseil exécutif de Corse n’a jamais été consulté sur le couvre-feu ni la stratégie anti-Covid”, sa conseillère exécutive en charge des domaines social et santé a souligné les incohérences du gouvernement. “Pour moi, le couvre-feu arrive trop tard, et je suis intimement persuadée qu’on nous prépare à un nouveau confinement, a regretté Bianca Fazi sur le plateau du Corsica Sera. On nous annonce des petites mesures, on a commencé par les masques, puis les interdictions de ne pas se réunir à six… Le gouvernement n’a pas été à la hauteur.”

L'exécutif regrette le manque de dialogue avec le préfet de Corse

La conseillère exécutive de Corse est dans son rôle de représentante de la majorité. Alors, forcément, elle a rappelé la position du conseil exécutif après le confinement. Et ce passeport sanitaire proposé par Gilles Simeoni pour imposer un test de dépistage négatif aux voyageurs arrivant sur l’île.

“Nous avions anticipé en amont, et on nous a traités d’alarmistes. On nous a refusés le greenpass alors qu’1,7 million de personnes ont transité par la Corse. Quand on a demandé ce greenpass, on nous a traités d’alarmistes mais on était dans la prévention, ce qu’on ne sait pas faire en France. Il fallait être pédagogue et dire (aux gens) que ce n’était pas terminé.”

Bianca Fazi a évoqué de nouveau les tests : “On sait qu’il faut des tests, et il faut qu’ils soient faits avant, et non pas en arrivant dans un aéroport où c’est déjà trop tard. On n’a pas fait les choses qu’il fallait.” Et d’ajouter le manque de dialogue avec l’Etat : “J’aimerais bien qu’on ne soit pas dans un déni d’observation ni de dialogue comme on assiste actuellement avec le préfet de Corse qu’on n’a pas rencontré pendant trois mois.”

“En colère”, la conseillère exécutive de Corse attend des mesures du gouvernement sur le volet hospitalier – lits, ressources humaines – et s’inquiète des conséquences de la recrudescence de l’épidémie dans les prochaines semaines.

Il ne faut pas attendre qu’il y ait plus de malades en réanimation et des morts pour dire tiens, on va réagir. ll fallait réagir avant.

Bianca Fazi

“La situation va se tendre dans les dix jours. Ça fait quatre semaines qu’il y a des contaminations, automatiquement il va y avoir plus de malades, également en réanimation.” Et de dresser un constat lapidaire : “Il ne faut pas attendre qu’il y ait plus de malades en réanimation et des morts pour dire tiens, on va réagir. ll fallait réagir avant.”

En Corse, la situation sanitaire s’est largement détériorée en deux semaines. Le taux d’incidence – c'est-à-dire le nombre de personnes positives pour 100.000 habitants – a bondi et a dépassé la barre des 200, alors que le seuil d’alerte se situe à 50.
Il atteint 208,5 en Haute-Corse et 205 en Corse-du-Sud, alors que 52 personnes sont hospitalisées pour la Covid sur l’île.
 
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