Football : l’affaire ACA/Le Havre ne fait-elle que commencer ?

© Pascal Pochard-Casabianca/AFP
© Pascal Pochard-Casabianca/AFP

Depuis le week-end dernier, la polémique autour du match ACA/Le Havre enfle. Après les anonymes, les élus insulaires et des membres du gouvernement ont pris part aux débats. Du côté des clubs, différentes plaintes ont été déposées et des enquêtes ont été ouvertes.

Par France 3 Corse ViaStella

« C’est une honte ! Ca répond à une volonté délibérée de nous foutre en l’air. Ca répond à une volonté délibérée d’avantager d’autres personnes. C’est tout simplement ça. Et à la manœuvre, ça se passe en haut lieu », s’emporte Léon Luciani, président de l’AC Ajaccio.

Ces mots, il les a prononcés en réaction à la décision de la Ligue de Football Professionnel. Les premières sanctions contre le club acéistes sont tombées. Le match contre Toulouse se jouera à huis clos à Montpellier. Trois des joueurs sont suspendus ainsi que l’entraîneur.

Le dirigeant de l’ACA ne nie pas les incidents graves, mais s’étonne de leur traitement et des interventions politiques et gouvernementales. Un emballement dont le club n’est pas le seul à dénoncer dans l’île.



L’ensemble de la classe politique insulaire évoque une « hystérie anti-corse », des nationalistes aux élus de la droite, jusqu’au maire d’Ajaccio, ou encore le maire de Bonifacio, représentant de La République en marche.

Mais c’est surtout la prise de position de Laura Flessel, la ministre des Sports, qui a provoqué le courroux lorsqu’elle a demandé l’intervention de la ministre de la Justice ou encore la « diligence de la Ligue de Football Professionnel ». Sa présidente a démenti ce mardi après-midi toute intervention. « Je n’ai pas eu Édouard Philippe au téléphone en ce qui me concerne », a-t-elle indiqué dans la journée à des journalistes.

La commission de discipline n’avait pourtant pas prévu de se réunir ce mardi. Ses membres ont, pour finir, qualifiés les faits de très graves nécessitant une instruction supplémentaire.

Gagner le match sur tapis vert


Des membres apparemment sous pression. « La commission est composée de membres indépendants. On essaye et on tente toutes les semaines de rester extérieur à toute sorte de pressions. Il va de soi que compte tenu de l’agitation, on n’a pas été sourd à un certain nombre de choses qui se sont dites depuis dimanche soir. Mais on a aussi constaté de nous-mêmes des infractions », explique un membre de la commission de discipline.

Présent à Paris, le staff dirigeant du club du Havre. Il n’a pas été entendu sur sa demande de gagner le match sur tapis vert. Mais il espère de fortes sanctions contre le club d’Ajaccio au nom de l’honneur du football français. « C’est l’avenir du football français et le fair-play. On traite du racisme et des questions de sécurité une fois pour toute ici. Parce que si l’on veut faire partie des grandes lignes du football, il faut que l’on assume », estime Vincent Volpé, président du Havre AC.

Ce qui est certain, c’est que l’affaire ACA/Le Havre n’est pas terminée. Les événements de vendredi, comme de dimanche ont donné lieu à plusieurs plaintes. Le procureur de la République d’Ajaccio a ouvert une enquête sur le caillassage du bus et sur le coup de pied qu’aurait reçu le président du Havre.

Les dirigeants d’Ajaccio se sont porté partie civile et ont déposé plainte pour dénonciation calomnieuse et incitation à la haine.



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