Grève des contrôleurs aériens : le trafic fortement perturbé dans les aéroports de Corse ce jeudi

Journée noire redoutée dans les aéroports ce jeudi 25 avril. Une grève massive des contrôleurs aériens devrait entraîner le report ou l'annulation de nombreux vols. De fortes perturbations sont également attendues dans les aéroports corses. Celui de Figari sera fermé. Ce mercredi en fin de matinée, le syndicat majoritaire SNCTA a levé son préavis. L'Unsa-Icna et l'Usac-CGT maintiennent leur appel à la grève.

Gare à ne pas voir son billet annulé : la grève des contrôleurs aériens, prévue ce jeudi 25 avril, devrait être très suivie. Interrogé par Franceinfo en début de semaine, Thomas Juin, le président de l'Union des aéroports français a estimé qu'entre 50 et 70% des vols seraient annulés.

Le taux de vols perturbés pourrait varier en fonction des aéroports "75% de vols annulés à Orly, jusqu'à 50% dans les aéroports régionaux", a-t-il également détaillé. Pour rappel, les syndicats ont déposé ce préavis de grève après l'échec des négociations sur la refonte de l'organisation du contrôle aérien français.

"On considère qu'il y a échec des négociations, de la conciliation" avec la Direction générale de l'aviation civile, a déclaré à l'AFP un secrétaire national du Syndicat national des contrôleurs du trafic aérien (SNCTA, majoritaire) sous couvert d'anonymat. "On a une mobilisation record, et donc il faut s'attendre à de très fortes perturbations, à de très gros retards" jeudi, a ajouté ce responsable.

Ce mecredi 24 avril, en fin de matinée, le SNCTA a annoncé la levée de son préavis de grève. "Un accord a été trouvé", a expliqué l'organisation syndicale sur son site internet, à l'issue d'une conciliation de "dernière minute" avec la Direction générale de l'aviation civile (DGAC).

Les deux autres syndicats, Unsa ICNA et Usac-CGT, maintiennent quant à eux leur appel à la grève.

Fortes perturbations en Corse, Figari fermé

Dans l'île, les rotations aériennes avec le continent devraient cependant être très perturbées.

"Les lignes de service public seront aussi concernées par les importantes réductions de programme de vols, indique Air Corsica dans un communiqué. Les dispositions du service minimum sont prévues d’être mises en œuvre pour cette journée dans les centres de contrôles le permettant ; ce qui n’est pas le cas de celui de l’aéroport de Figari. Il sera donc fermé et aucun vol ne pourra être maintenu sur cette plate-forme."

Selon nos informations, les contrôleurs de Figari n'étant pas affiliés au syndicat majoritaire, il y aurait de fortes probalités que l'aéroport reste fermé.

Le reportage de Stéphane Poli, Fabien Bernardini et Vincent Madec : 

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Intervenant : Pierre Muracciole (président du directoire d'Air Corsica). ©S. Poli - V. Madec - F. Bernardini

Concernant les trois autres aéroports de l'île, les liaisons de continuité territoriale avec Nice, Marseille et Paris-Orly "seront assurées afin de permettre l’aller et retour dans la journée", précise Air Corsica, ajoutant que "d’importants retards sont par ailleurs à craindre".

Reste à savoir, pour l'heure, si la levée partielle de ce préavis pourrait permettre de réduire les retards annoncés.

La compagnie, qui exprime "ses regrets à tous les passagers dont le déplacement est impacté par cette situation totalement indépendante de sa volonté", indique qu'ils "peuvent modifier leurs réservations en anticipant leur départ ou en le reportant à une date ultérieure".

Refonte de l'organisation du contrôle aérien

Ce mouvement social est la suite d'une négociation entamée il y a 15 mois visant à refondre l'organisation du contrôle aérien en France, afin d'en "augmenter la productivité". Un objectif qui passera notamment par une réduction de 30 à 16 des "centres de contrôle d'approche", d'où sont guidés les avions sur le point d'atterrir, mais aussi "de se désengager d'un nombre inconnu d'aérodromes", ajoute ce même responsable SNCTA.

Les questions d'organisation du travail mais également de formation figurent au menu des négociations, alors qu'une augmentation du trafic aérien de l'ordre de 20 à 30% est prévue d'ici 2030, et ce alors qu'un tiers des 4.000 contrôleurs actuels doivent partir à la retraite au début des années 2030, toujours selon le syndicaliste.

Toujours selon le secrétaire national du SNCTA, "nos homologues européens sont payés deux à trois fois nos salaires". Le syndicat réclame dans ce cadre 25% de hausse des rémunérations, étalées sur les années 2023-2027, ce qui laisserait selon lui de la marge à la DGAC pour continuer à investir.

Pour l'Unsa-Icna, deuxième syndicat représentatif des contrôleurs, la réforme est synonyme de "flexibilité à outrance (...), désorganisation dans la gestion des salles de contrôle, dirigisme, restrictions à congés, contraintes d'anticipation démesurées, entretien assumé des sous-effectifs, réduction des services". Selon eux, l'administration fait "ouvertement le choix du conflit social", en s'attaquant "à tous les piliers" de la profession.

Malgré la levée du préavis du syndicat majoritaire, les rotations aériennes dans le pays devraient être fortement perturbées.

En effet, "ça reste pour demain une journée noire", a indiqué sur Franceinfo le président de l'Union des aéroports français, Thomas Juin. Et d'expliquer : "L'impact reste significatif malheureusement, puisqu'on est maintenant à quelques heures de la journée de grève et la Direction générale de l'aviation civile n'est pas en mesure de véritablement modifier sensiblement les abattements qui étaient prévus."