Haute-Corse : une enquête ouverte pour des fraudes présumées aux aides agricoles

Le procureur de la République de Bastia a ouvert une enquête préliminaire pour des fraudes présumées aux aides agricoles. Un couple d'éleveurs d'Albertacce est soupçonné d'avoir déclaré deux exploitations alors qu'il n'en possèderait qu'une.

Le procureur de la République de Bastia a ouvert une enquête préliminaire pour des fraudes présumées aux aides agricoles dans une exploitation de Haute-Corse.
Le procureur de la République de Bastia a ouvert une enquête préliminaire pour des fraudes présumées aux aides agricoles dans une exploitation de Haute-Corse. © collection Watier / Maxppp

Fin mars, le comité opérationnel départemental anti-fraude (Codaf) a contrôlé deux exploitations agricoles situées à Albertacce après qu'un couple d'éleveurs est soupçonné d'avoir déclaré deux exploitations au lieu d'une.

"Une enquête préliminaire a été ouverte à la suite de ce contrôle sur d'éventuelles fraudes aux aides agricoles. Les investigations sont en cours et sont conduites par la section de recherche de la gendarmerie de Corse", a indiqué Arnaud Viornery, procureur de la République de Bastia. Il précise : "toutes les bêtes déclarées n'ont pas été présentées."

Près de 310.000 euros d'aides agricoles perçues

Selon le système de déclaration en ligne, Telepac qui répertorie les aides agricoles touchées par les exploitants, ce couple a touché pour la période 2018-2019 58.300 euros et 71.270 euros d'aides agricoles soit un total de près de 130.000 euros. Pour la période 2017-2018, ils ont touché 63.914 et 113.686 euros, soit un total de 177.600 euros.

Dans un communiqué, la FDSEA de Haute-Corse a "condamné l'opération de gendarmerie". "Si les contrôles sont nécessaires à la justification de toute aide publique, il est tout autant nécessaire que ces contrôles soient adaptés aux types d'exploitations" souligne le syndicat jugeant "insupportable que les gendarmes se substituent aux contrôleurs civils pour vérifier la présence d'animaux"."Comment présenter des animaux tout de suite quand il faut règlementairement 48 heures pour les rassembler", s'interroge-t-il, assurant son soutien à "cette famille d'agriculteurs du Niolu, travailleurs irréprochables (qui) tiennent à bout de bras une région de l'intérieur pour faire croire qu'elle est encore vivante".

La FDSEA, dont l'ex-directeur et l'actuel président sont visés par des enquêtes pour soupçons d'escroquerie aux aides européennes, s'est également dite "prête à toute action syndicale pour que les agressions répétées à notre communauté cessent définitivement".

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