Les apiculteurs corses au chevet de leurs abeilles

Depuis plusieurs années, les apiculteurs corses constatent une baisse de la production de miel et une surmortalité des abeilles. / © C. GIUGLIANO/ FTVIASTELLA
Depuis plusieurs années, les apiculteurs corses constatent une baisse de la production de miel et une surmortalité des abeilles. / © C. GIUGLIANO/ FTVIASTELLA

En France, la mortalité des abeilles inquiète : les apiculteurs ont perdu une grande partie de leurs cheptels à la sortie de l'hiver et en appellent au gouvernement pour sauver la filière. En Corse, la situation n'est pas aussi désespérée, mais la production est elle aussi en chute.

Par GB / France 3 Corse ViaStella

Pesticides parasites réchauffement climatique : les ennemis des apidés sont nombreux. En Corse, pas de pic de mortalité comme sur le continent, mais des abeilles qui produisent moins et des reines peu fertiles

"Le principal problème ces dernières années c'est vraiment le climat", explique Caroline Marinthe, technicienne au syndicat AOP Miel de Corse. "On a eu deux années très chaudes et sèches, les ruches ont souffert, les abeilles n'ont pas trouvé à manger, il a fallu les nourrir pour qu'elles survivent."

Pour Félicien Luciani, apiculteur à Oletta, c'est le même constat. En dix ans, il a vu sa production s'effondrer. "Quatre ans de mauvaise récolte d'affilée ça commence à faire beaucoup. On n'est plus dans la logique de l'apiculteur qui produit du miel, mais dans celle de l'apiculteur qui essaye de maintenir ses abeilles."
 
Les apiculteurs corses au chevet de leurs abeilles
Intervenants - Caroline Marinthe, technicienne au syndicat AOP Miel de Corse; Félicien Luciani, apiculteur à Oletta; Jean-Marc Negroni, gérant de commerce à Ponte-Leccia; Equipe - Kael Serreri, Christian Giugliano.

Le 19 juin, des représentants des apiculteurs ont demandé au gouvernement des aides d'urgence après un hiver qui a encore vu une mortalité anormale des abeilles.

Selon l'Union nationale de l'apiculture française (l'Unaf), les apiculteurs subissent depuis plusieurs années des pertes moyennes de 30% de leurs cheptels en hiver et ces chiffres ont augmenté cette année.

Dans leur ligne de mire, les néonicotinoïdes. Ces insecticides sont utilisés pour enrober des semences. Ils s'attaquent au système nerveux des insectes, désorientent et affaiblissent les abeilles et autres pollinisateurs.

Petite avancée, la profession a obtenu le 17 mai du tribunal de l'Union européenne l'extension des restrictions d'utilisation imposées en 2013 à trois néonicotinoïdes sur sept à toutes les cultures en plein champ et non plus seulement aux cultures sous serre.
 

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