Balagne : un rassemblement à Olmi-Capella samedi 24 juillet pour tenter de résoudre le problème de la divagation animale

Ce samedi 24 juillet, à 10h30, à Olmi Capella, en Balagne, aura lieu un rassemblement organisé par l'association des maires de Haute-Corse pour prendre le problème de la divagation animale par les cornes et soutenir le maire Frédéric Mariani qui a porté plainte pour "menaces".
Au printemps, la municipalité d'Olmi Capella, en Balagne, a mis en place un enclos de rétention pour lutter contre la divagation des animaux.
Au printemps, la municipalité d'Olmi Capella, en Balagne, a mis en place un enclos de rétention pour lutter contre la divagation des animaux. © Frédéric Mariani

L'association des maires de Haute-Corse organise ce samedi 24 juillet, à 10h30, à Olmi-Capella (Balagne), un rassemblement en soutien à Frédéric Mariani, maire de la commune, "suite aux menaces, aux intimidations dont il a été victime dans le cadre de ses prérogatives de maire".

Un champ de rétention des animaux en divagation 

En effet, Frédéric Mariani dit avoir été victime d'une intimidation, jeudi 15 juillet, après avoir enfermé des bovins en divagation sur un terrain aménagé par la commune. Un mois plus tôt, il avait pris un arrêté municipal visant à lutter contre ce phénomène récurrent en Corse de la divagation animale. Tout animal en divagation sur la commune peut, avec cet arrêté, être enfermé dans un "champ de rétention d'un hectare aménagé par la commune". Et si celle-ci ne parvient pas à l'identifier, elle peut prendre la décision de l'envoyer à l'abattoir.

Le maire d'Olmi Capella a porté plainte pour menaces 

Jeudi 15 juillet, une personne aurait libéré quatre vaches. Le maire, qui avait tout droit d'enfermer des bovins, dans la mesure où il s'agit d'un pouvoir de police dont il dispose, a aperçu cette personne de loin et l'a interpellée : "Cet homme, qui n'était pas éleveur, m’a demandé ce que je comptais faire de ces vaches. Lorsque je lui ai dit qu’elles iraient à l’abattoir se faire euthanasier, il m’a répondu que j’étais fou. Pour moi, c’est de l’intimidation et des menaces voilées. Le ton et le regard étaient sans équivoque”. Frédéric Mariani a porté plainte contre l'homme identifié pour avoir relâché les bêtes et pour menaces.

Ce n'est que tous ensemble que l'on peut trouver des solutions.

L'association des maires de Haute-Corse, le président de la CCIRB et les maires de la vallée du Ghjunsani ont pris l'initiative d'organiser un rassemblement, ce samedi 24 juillet, pour renouer un dialogue entre éleveurs, élus, services de l'Etat et habitants. "Ce n’est que tous ensemble que l’on peut trouver des solutions", affirme le président de l'association des maires de Haute-Corse Ange-Pierre Vivoni. Une démarche encouragée par l'association des maires de Corse-du-Sud. 

La divagation animale : un "fléau corse" 

Ange-Pierre Vivoni souhaite venir à bout de ce "fléau corse" : "Il y a eu des accidents de la route, des morts. C’est un problème complexe qui perdure depuis des décennies, la population ne fait que s'en plaindre". Pour lui, le dialogue est une priorité : "Ce ne sont pas les animaux des éleveurs qui posent problème, ce sont plutôt les bêtes sauvages, qui se reproduisent seules".

Si lui préfère mettre l'accent sur le phénomène de la divagation des animaux, des associations telles Maffia Nò - A vita Iè saluent de leur côté "la démarche courageuse de Frédéric Mariani qui a porté plainte car trop souvent des élus préfèrent se taire face aux menaces. La Corse n’a que trop souffert des silences et des dénis. La prise de parole et la solidarité est une réponse importante car il ne faut plus se résigner", peut-on lire dans leur communiqué

Le président de la chambre d'agriculture de Corse Joseph Colombani a lui aussi réagi, affirmant que son instance s'était emparée du sujet, notamment depuis le 9 juillet dernier, dans le cadre d'un protocole de lutte intitulé "Divagations et solutions"

Un problème qui concerne de nombreux acteurs 

Jacques Chibaudel, directeur adjoint des Chemins de fer de la Corse, en a profité pour s'insérer dans le débat, en réagissant aux tweets de Joseph Colombani : "Il faudrait peut-être aussi associer à cette démarche les chemins de fer de Corse. En effet, les divagations de bovins causent chaque année sur notre réseau des perturbations qui affectent les circulations ferroviaires et se traduisent en moyenne par une 15 de heurts de bovins par nos trains. Ces heurts de bovins peuvent entrainer, comme sur la route, des accidents humains et matériels graves." 

Toutes les parties prenantes sont attendues ce samedi 24 juillet, à 10h30, à Olmi-Capella. 

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