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Affaire Reims-Bastia, un policier mis en examen 3 ans après les faits

Il y a 3 ans et deux mois presque jour pour jour, Maxime Beux perdait l’usage d'un œil dans une altercation avec les forces de l’ordre en marge du match de football Reims-SCB. À l'issue d'une confrontation ce mardi nous avons appris qu'un policier a été mis en examen pour violences avec arme.

Par François-Albert Bernardi

À l'issue d'une confrontation entre Maxime Beux et un policier de la brigade anti-criminalité ce mardi matin devant le juge d'instruction, la victime et son avocat affichent leur satisfaction.
Ils ont appris que le policier avait a été mis en examen pour "violences avec arme par personne dépositaire de l'autorité publique ayant entraîné une mutilation permanente". 

Selon le procureur de la République de Reims cette mise en examen a eu lieu en novembre dernier. Elle est restée étrangement confidentielle, ce qui étonne la partie civile. 

Le policier qui reste présumé innocent a été laissé libre sous contrôle judiciaire. Cet acte de procédure qui intervient 3 ans après les incidents en marge du match Reims-SCB conforte la défense dans ses certitudes : " la thèse de la chute sur un poteau avancée par le parquet n'était pas la bonne!"
 

Une reconstitution prévue 


Signe que la procédure est loin d’être enterrée, une reconstitution des faits est prévue par le magistrat instructeur.

Cet acte fort de procédure pourrait avoir lieu au mois de juin, son objectif est d’éclaircir toutes les zones d’ombre et de lever les doutes sur les contradictions entre les différentes versions des faits.
 

Une affaire à rebondissements 


Ce mardi 9 avril au matin, Maxime Beux était convoqué par un juge d’instruction du tribunal de grande instance de Reims qui est en charge de l’affaire, il a été confronté à un policier engagé sur l'opération de maintien de l'ordre.

Maxime Beux affirme avoir été bléssé par la police pendant les échauffourées, en marge d’un match du sporting club de Bastia contre Reims, le 13 février 2016.  

Ce soir là les policiers arrêtent plusieurs supporters. Maxime est blessé, il perdra l’usage de son œil gauche.

L’enjeu était de savoir si la position sur laquelle campe la police est inchangée. Au moment des faits le procureur avait déclaré que Maxime Beux était "tombé contre un poteau".

Mais pour le supporter bastiais il n’y a aucun doute quant à la responsabilité de la police : « j’ai été victime de violences, je suis certain que c’est un policier qui m’a fait ça de manière illégitime et disproportionnée » :

Les expertises médicolégales l’affirment - il y en a eu deux, une 6 mois après les faits l’autre en juin 2018 - les deux expliquent que la théorie selon laquelle j’aurais heurté un poteau ne tient pas. Même si je peux avoir douté entre les deux, il ne peut s’agir que d’un coup porté avec une matraque ou d’un tir de flash ball.
 

Des déclarations contredites par les policiers entendus et par leurs avocats. 
 

"L'hypothèse du poteau n'a jamais été valable"  


Pour Maxime Beux, partie civile dans cette affaire, les violences ne sont pas arrêtées qu’à cette blessure à vie, une autre l’a marqué :

Ca ne s’est pas arrêté-là. Pendant plus d’une heure trente je suis resté menotté devant mes amis, sans qu’on ne me porte aucun soin alors que j’avais ma tête ensanglantée et complètement éclatée. C’était de la torture, c’était volontaire. 

Aujourd'hui marque probablement un tournant important dans cette affaire où le juge pourra entendre les deux versions des faits. Mais c’est surtout un moment difficile pour Maxime Beux : 

Je vais avoir devant moi celui qui m’a peut-être blessé à vie, je vais l’entendre raconter des mensonges, ça sera un moment très pénible pour moi

L’avocat du supporter bastiais, Me Benjamin Genuini affirme que "l’hypothèse du poteau qu’aurait heurté Maxime Beux n’a jamais été valable". Ils espèrent maintenant que le dossier avancera enfin, plus de 3 ans après les faits.
 

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