Corse : comment concilier tourisme et environnement ? Épisode 2 : la Vallée de la Restonica

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Écrit par Axelle Bouschon .

Chaque année, 2,5 millions de touristes choisissent la Corse comme destination de vacances. La plupart d'entre eux sont attirés par les paysages sauvages de l'île et sa nature préservée. Problème : la fréquentation touristique est concentrée sur quelques semaines et sur quelques sites. À la clef, des conséquences néfastes pour l'environnement et des difficultés à gérer l'accueil des vacanciers dans de bonnes conditions. Comment faire face à la fréquentation estivale ? Peut-on concilier tourisme et respect de l'environnement ? Pour savoir comment s'organisent les personnes qui travaillent au quotidien dans ses sites naturels prisés, France 3 Corse Via Stella vous propose une série de reportages. Seconde escale : la Vallée de la Restonica.

Des étendues de pins, de hêtres, de sapins, et d’aulnes, des piscines naturelles à l’eau cristalline et azurée, et les massifs rocheux du monte Rotondo pour clôturer l’image. “C’est à couper le souffle !”. Casquette sur le crâne, lunettes de soleil vissées sur son nez, et tube de crème solaire déjà bien entamé à la main, Germaine ne masque pas son enthousiasme.

Débarquée quelques jours plus tôt à Bonifacio, et depuis en “road-trip” d’une pointe à l’autre de la Corse, elle savoure le paysage “carte postale” des gorges de la Restonica, si différent de celui de la Marne, sa région d’origine. 

Ce voyage, Germaine le planifie avec son conjoint et un couple d'amis depuis près d’un an. Un rêve d’évasion post-crise sanitaire, loin de la grisaille et de la routine quotidienne, et l’occasion d’enfin étrenner ses nouvelles chaussures de randonnée.

Pourtant, un mois avant la date de départ, tout a bien failli être annulé. La raison : “Toutes ces histoires de limites de visiteurs, qu’on a commencé à entendre partout à la télévision, dans les journaux… On se disait, partir pour ne potentiellement pas pouvoir voir tout ce qu’on veut voir, à quoi bon ? Vivre nos vacances rythmées par un chronomètre déterminé par notre heure et ordre de passage dans des jolis sites, non merci.

Heureusement pour Germaine et ses amis, “après vérification, on a constaté que ce n’était pas encore pour tout de suite, et qu’on était tranquilles pour cette année. On est très contents de passer entre les gouttes.”

Prévention, sécurisation, limitation

Quotas, restrictions… L’adoption à l’unanimité par l’Assemblée de Corse d’un rapport ouvrant la possibilité à la réduction drastique des flux de touristes dans plusieurs sites protégés, dont la Vallée de la Restonica, est depuis plusieurs mois la source de bien des discussions. 

Longue de 16 pages, votée le 2 juin en séance ordinaire, la délibération en question indique viser à “engager une réflexion de fond sur la gestion durable de lieux particulièrement prisés des visiteurs, et à prendre des mesures de protection et de restriction renforcées”. Des mesures ayant vocation à s’appliquer dès la saison 2022, soit à effet presque immédiat.

Plusieurs pistes y sont mentionnées pour la Vallée de la Restonica : mettre en place des points d’informations sur des zones stratégiques ; l’installation d’une casette d’information au parking du Lamaghjosu “avec une barrière amovible afin de gérer l’accès au parking de la haute vallée” ; l’ouverture d’une maison d’information à Chjarasgiolu avec deux agents éco-gardes de l’OEC “pour informer sur la saturation du parking et limiter la montée des véhicules en proposant des alternatives de visite et/ou de baignade” ; l’édition de QR codes pour mettre à disposition le maximum d’informations sur la Vallée (gestion des flux et protection environnementale)...

Autre point soulevé, l’importance d’une meilleure gestion des stationnements, avec l’interdiction d’accès aux véhicules au niveau des Grotelle, et la mise en place d’une navette, cela afin de “diminuer la pression d’environ 80 véhicules sur l’entrée de la Réserve Naturelle du Massif du Monte Ritondu”. 

Le rapport dresse enfin la liste des “premiers chantiers” pour la Restonica, parmi lesquels notamment la mesure “en temps réel et de manière efficiente la fréquentation afin d’éviter la saturation”, l’évaluation en amont de “la capacité d’accueil des sites naturels et des aménagements dédiés pour mieux fluidifier ou en limiter les accès”, la prévision d’un “dispositif d’alerte lorsque la limite des jauges est atteinte”, ou encore une “meilleure planification des itinéraires de visite”.

En clair, si les quotas ne sont pas encore d’actualité pour la Vallée, leur instauration prochaine semble faire peu de doute.

À la grande inquiétude des professionnels du tourisme. Car avec plusieurs centaines de milliers de visiteurs par an, la Restonica représente un enjeu financier majeur, tant pour les grands établissements d'hébergement que pour les petits commerces.

L'inquiétant spectre des quotas

Pour Claire Chiesi, le constat est ainsi sans équivoque : chaque année, le tourisme, notamment estival, représente une part importante de son chiffre d'affaires. Depuis des années, la trentenaire co-gère, aux côtés de son père, la bergerie de Grotelle, installée au point de départ habituel des randonnées vers les lacs du Melu et de Capitellu.

Occupée à ranger ses produits dans le garde-manger, elle regarde d’un œil défiler les promeneurs devant son établissement. Là, elle dispose d’une position privilégiée pour estimer l’afflux de touristes. 

Et cette année, analyse-t-elle, ils seraient moins nombreux. Sans avancer de causes précises, l’éleveuse émet néanmoins une hypothèse : “Je me suis demandée si ce n’était pas par rapport à cette histoire de quotas. Peut-être que les gens ont eu peur et viennent de fait moins fréquenter la vallée ?” 

Nous sommes les premiers acteurs de la montagne. Si on ne la préserve pas, elle deviendra vite un endroit ruiné.

Claire Chiesi, gérante de la bergerie de Grotelle

Sur le coin de la table, son téléphone se met à vibrer. “C’est peut-être des touristes”, sourit-elle. Depuis le début de la saison, elle assure ainsi avoir reçu plusieurs coups de téléphone de visiteurs qui “cherchent des informations sur les randonnées, tombent sur mon numéro de par la bergerie, et m’appellent directement pour savoir si la vallée est ouverte ou non. Ils me demandent s’il y a des réglementations, s’ils peuvent quand même monter… J’en ai eu une dizaine comme ça.”

Profondément attachée à la Vallée et à sa biodiversité, l’éleveuse se dit globalement favorable à la mise en place de mesures plus restrictives pour la protéger : “Nous sommes les premiers acteurs de la montagne. Si on ne la préserve pas, elle deviendra vite un endroit ruiné. Et ça, ce ne sera une bonne chose pour personne, commerçants comme randonneurs.

Elle craint pour autant que leur application puisse fortement impacter la fréquentation. “On est éleveurs, donc le fromage qu’on vend ici, c’est notre principal gagne-pain. Les touristes sont de bons clients. C’est un marché très important pour nous.

Un peu plus haut sur le chemin de randonnée, Félix Battesti a, lui, un avis très clair sur les quotas : il n’en veut pas. 

À la tête depuis 38 ans de la bergerie du Melu, l’éleveur en a vu passer, des touristes. Dans sa buvette, pas de folie des grandeurs : les tables sont peu nombreuses et le menu réduit, boissons fraîches, assiettes de charcuterie ou omelette au fromage. 

Un petit commerce sur lequel Félix Battesti ne fait pas de gros profits : ses revenus sont utilisés pour nourrir ses vaches, explique-t-il. “Ici, les endroits sont très maigres, donc j’achète beaucoup d’aliments, beaucoup de foin. On gagne un peu d’argent à la saison estivale. Ce sont les touristes qui nous font vivre.

S’ils mettent en place des quotas, s’ils décident de faire monter disons 100 personnes maximum par jour [...] lla ville de Corte va se vider, tous les commerçants, les hôtels, les campings, tous ceux-là, ils peuvent fermer.

Félix Battesti, gérant de la bergerie du Melu

Sans surprise, le berger n’est de fait pas vraiment enthousiaste à la perspective de voir un jour instaurées des mesures plus contraignantes pour accéder à la Restonica. Bien au contraire, Félix Battesti présage même des retombées désastreuses tant pour sa buvette que pour tous les commerces de la région cortenaise. 

S’ils mettent en place des quotas, s’ils décident de faire monter disons 100 personnes maximum par jour. Les touristes du Centre Corse, ils viennent tous pour la vallée. Alors la ville de Corte va se vider, tous les commerçants, les hôtels, les campings, tous ceux-là, ils peuvent fermer.

Poumon économique de la micro-région

Un triste présage partagé dans sa plus grande partie par Xavier Poli, le maire de Corte. “La Restonica, c’est le lieu le plus attractif du Centre Corse, c’est un fait. C’est là que se rendent le plus grand nombre de touristes, loin devant le musée de la Corse.”

Véritable “poumon économique” de la micro-région, principal pôle d’attractivité touristique, le site naturel et les activités qui en découlent sont "essentielles pour faire vivre les commerçants et socio-professionnels de la commune et au-delà", souligne-t-il. 

Et de prendre pour exemple le terrible incendie d’août 2000. Pendant deux semaines, les flammes avaient ravagé la zone, brûlant plus de 2700 hectares sur les 7000 qui la composent.

Le site était interdit d’accès avec le feu. Résultat, en deux jours, il n’y avait plus personne en ville, se souvient-il. Les hôtels et campings se sont vidés, et il a fallu attendre longtemps avant de retrouver un fonctionnement normal, que le maquis repousse, que la nature commence à panser ses plaies. Les gens ne viennent pas à Corte pour le musée. lls viennent pour la Restonica et peuvent après s’arrêter au musée et faire un tour en ville, mais il faut être réaliste, ce n’est pas l’inverse.” 

Fake news

Site classé depuis 1966, la protection de la Vallée est partagée entre la commune, l’Office de l’environnement de la Corse, et le parc naturel et forestier régional. “Mais la commune en est la principale gestionnaire, insiste Xavier Poli, et donc la principale décisionnaire.”

Un point que les élus de la Collectivité de Corse ont semblent-ils « un temps oublié », souffle-t-il, passablement énervé. Le maire raconte ainsi avoir appris par le biais d’un média national la piste de quotas instaurés pour le site.

On est début juin, et un journaliste m’appelle et me demande quand je suis disponible pour réagir. Je lui demande à propos de quoi, et il me dit que la Collectivité de Corse vient d’instaurer des quotas de réservations sur les sites touristiques, dont la Restonica.” Une information qu’il découvre, à sa plus grande consternation, rapidement relayée dans d’autres titres presse.

Des quotas, d’accord, mais combien de personnes, et comment on le détermine ?

Xavier Poli, maire de Corte

Immédiatement, Xavier Poli dément fermement l’information : face aux journalistes et sur les réseaux sociaux, le maire va même jusqu’à parler de “fake news”. “Il ne peut pas y avoir et il n’y aura pas de restrictions de passage mises en place sans l’accord de la commune de Corte, c’est aussi simple que cela.

Plus que la mesure de quotas en elle-même, et le fait d’avoir été à ses yeux insuffisamment consulté, Xavier Poli critique la méthode. “Des quotas, d’accord, mais combien de personnes, et comment on le détermine ?

À Marseille, des restrictions de passage ont été instaurées cet été pour l’accès aux calanques, rappelle-t-il. “J’ai regardé une émission qui traitait du sujet. Le directeur du site était interviewé, et disait que la jauge était, il me semble, de 400 personnes. Mais quand on lui demande pourquoi 400, il admet que c’est une jauge qu’ils ont fait “un peu comme ça”. Ils vont interviewer une autre personne, un membre du parc naturel, qui lui dit que 400, c’est bien, mais qu’il aurait préféré 200 personnes.

Combien de visiteurs ?

Pourquoi 400 personnes, pourquoi 200, pourquoi pas 1000 ou 100 ? Xavier Poli dénonce un flou directement lié au manque d’études réalisées pour avoir “une vision globale de la fréquentation du site”. Et justement, “nous avons lancé, il y a deux ans, un travail sur ce point aux côtés de l’Office de l’environnement.

Un processus qui permettrait d’affiner la fréquentation réelle du site. “Vous avez, j’arrondis, autour de 300.000 personnes qui entrent dans la Vallée tous les ans. Ce n’est pas rien. Sauf que seul un tiers environ arrive réellement en haut. Entre gérer un flux de mobilité de 300.000 personnes entrantes et 100.000, ce n’est pas la même chose.”

Précision intéressante : les premières remontées qui lui ont été faites des études en cours, glisse-t-il, ne semblent pas pointer de dommages conséquents liés au trafic actuel de visiteurs dans la Restonica.

À cette problématique s’en ajoute une autre, pas moins essentielle, poursuit-il : celle de l’accès au site. Pour rejoindre la Vallée, les promeneurs doivent emprunter l’axe routier étroit et sinueux de la RD 623, long de 16km. Route à la fin de laquelle ils sont invités à se garer au parking de Lamaghjosu, moyennant un paiement de 6 euros par voiture et 3 euros par moto. “Là, il est donc nécessaire de déterminer quels types de véhicules empruntent la route et comment faciliter leur mobilité.”

Gestionnaire du parking, la mairie de Corte tient dans ce cadre des comptes des entrées journalières des véhicules. Ainsi, pour le mois de juin 2022, 4912 voitures se sont garées au parking, et 1087 motos. Un compte-rendu assorti d’observations, “pour plus de précisions”, telles qu’une journée de mauvais temps ou un trail tenu dans la région à cette date. “On a le nombre de véhicules, mais nous n’avons pas le chiffre précis de personnes qui se trouvent à l’intérieur”.

La mise en place d’un service de bus et navettes uniquement autorisées à circuler sur la portion de route pourrait être envisagée. Mais là encore, le point de départ et d’arrivée de la ligne, sa fréquence et sa capacité restent à déterminer.

Xavier Poli se dit à ce jour, et en l’état des études menées sur le terrain, plus favorable à un renfort de la pédagogie, “en continuant à informer les gens sur place des comportements à adopter pour respecter l’environnement, et en réfléchissant à des mesures qui peuvent nous permettent de réguler les fluxs plutôt que les limiter. Et si ça ne marche pas, on pourra réfléchir à des quotas. Mais ce ne doit pas être la priorité.

Trouver l’équilibre

Le maire de Corte l’assure : “Nous n’avons pas attendu qu’on parle des quotas cette année pour nous préoccuper de la sauvegarde de la Vallée.

Depuis 2009, Corte a élaboré l’Opération Grand Site Restonica, visant à concilier sa protection, son aménagement et son exploitation touristique. Plus encore, depuis 2014, la commune a entrepris “des démarches auprès de la commission supérieure des sites, à Paris, pour que la Vallée obtienne le label “Grand site de France”, rappelle le maire.

Nous n’avons pas attendu qu’on parle des quotas cette année pour nous préoccuper de la sauvegarde de la Vallée.

Xavier Poli, maire de Corte

Il pointe ainsi la page de couverture d’un document d’une centaine de page, qui trône sur son bureau. “Regardez, c’est écrit dans le titre : protéger et valoriser pour un développement économique et touristique durable. Tout est dit là-dedans. Notre objectif, c’est de trouver le meilleur équilibre possible entre la gestion des sites, l’impact sur l’économie et sur la biodiversité.

28 fiches d’actions ont été établies dans ce cadre, détaille-t-il. “Et nous avons déjà fait un certain nombre de choses demandées.” La plus emblématique : la fermeture, il y a trois ans, d’un des deux parkings situés au terminus de la route menant aux sentiers pour les regrouper en un seul, installé au Lamaghjosu. “Moyennant quoi nous avons diminué le nombre de véhicules stationnant là-haut, en passant d’environ 500 places à 300 places”, souffle Xavier Poli.

La labellisation n’est pas encore actée. Mais les efforts continuent néanmoins, “et on entend bien y arriver, en prenant le temps qu’il faudra, et en analysant toutes les données nécessaires avant de prendre des décisions.”

Car à agir dans la précipitation, poursuit-il, le regard appuyé sur le fameux rapport voté par l’Assemblée de Corse, “on n’obtient jamais rien de bon. Et on finira juste par faire fuir les touristes qui font fonctionner l’économie de toute la région.”

 “La Corse ne doit pas devenir un Disneyland pour les vacanciers”

Depuis sa mairie de San-Martino-di-Lota, Guy Armanet, président de l’Office de l’environnement de Corse, tente de tempérer le débat. 

"Évidemment, tout doit se faire en coopération avec les différents acteurs et gestionnaires des sites en Corse.” Pour l’heure, l’OEC met principalement en avant le travail dans la Vallée des éco-gardes, présents à différents postes et en patrouille sur le site afin d’informer randonneurs et baigneurs et les orienter.

Pour autant, Guy Armanet se veut ferme : si l’aspect touristique et économique est “évidemment important”, il appelle à ce que le “cadre environnemental” passe en priorité dans toutes futures considérations. 

Nous ne pouvons plus faire ce qui se fait depuis 20 ans. La Corse ne doit pas devenir un Disneyland pour les vacanciers”. Dans ce cadre, le président de l’OEC assume de “donner un coup de pied dans la fourmilière”, et appelle à un tourisme “raisonné” : “c’est-à-dire un tourisme plus vert, qu’on arrive à planifier, à organiser, et qui se calque lui-même sur le cadre environnemental.

La Restonica, Bavella, les îles Lavezzi… “Quels que soient les sites, on s’oriente dans tous les cas vers des quotas. Cela prendra peut-être un an, peut-être plus. Mais on y arrivera”.

Quant à l’évaluation de ces quotas, Guy Armanet se veut moins sceptique que le maire de Corte, et dit attendre beaucoup des études d’impacts actuellement organisées.

J’ose espérer que dès l’année prochaine, nous aurons des retours qui pourront nous dire ce que les divers endroits peuvent accepter comme nombre de personnes au même moment sur le site. Dès lors, nous pourrons envisager une gestion double, avec une partie réservation qui se fera sur internet, et des éco-gardes sur places qui seront là pour gérer les arrivées. À ce moment-là, nous n’aurons plus besoin de refuser des gens par exemple à l’entrée des parkings, puisque les réservations auront été faites en amont, et si le maximum est atteint, les gens le verront en avance, et n’auront plus qu’à s’inscrire le lendemain ou les jours suivants.

Des quotas qui seront divisés entre socio-professionnel, tout-public, et résidents corses, assure-t-il. “C’est une variable d’ajustement que nous allons également essayer de maîtriser. Les Corses ne peuvent pas être privés de l'accessibilité à leur terre. Donc on essaiera de trouver un ratio juste pour que tout le monde puisse y trouver son compte.

Prise de conscience "salutaire"

 Aux craintes des socio-professionnels de voir avec l’arrivée des quotas fuir les touristes, Guy Armanet se dit compréhensif, mais appelle à voir les choses d’une autre manière. “Il ne s’agit pas de ne plus accueillir personne, mais de répartir ce tourisme et ses visites sur l’année. Je suis convaincu que l’étalement de la saison touristique ne sera pas un frein à notre économie.

D’autant plus, reprend-t-il, que la préservation des sites naturels est aussi l’assurance d’une continuité touristique. Après tout, “qui ira visiter la Restonica si tout son écosystème est parti en fumée parce qu’il n’a pas été correctement protégé ?

Qui ira visiter la Restonica si tout son écosystème est parti en fumée parce qu’il n’a pas été correctement protégé ?

Guy Armanet, président de l'OEC

Si de nombreux détails restent encore à clarifier, le président de l’Office de l’environnement de la Corse se dit “très confiant” pour la suite, et “fier” de ce qui a déjà été accompli.

Tout n’est pas parfait, pas encore. Mais je pense que la prise de conscience est là, et que les gens commencent à entendre le discours de préserver le cadre environnemental et la biodiversité. Il suffit de sortir dehors, de nos jours, pour comprendre qu’il se passe quelque chose d’anormal sur notre planète.

Une prise de conscience salutaire qu’il espère voir encore s’amplifier. “Il faut véritablement que tout le monde, élus, politiques, au même titre que les habitants “lambdas” se rende bien compte que nous sommes dans un changement climatique qui risque de nous amener à évoquer d’autres sujets demain. Plus vite nous anticiperons, et mieux nous nous en sortirons. Il s’agit de la terre que nous allons léguer à nos enfants, à nos petits-enfants. À nous de réfléchir dans quel état nous souhaitons leur laisser."

"La Restonica vaut bien un clic"

 Quotas ou pas quotas, “on s’organisera en fonction”. Assis sur un rocher avec leurs deux enfants, profitant d’une des rares zones d’ombre que propose la randonnée vers le lac du Melu, ce couple de touristes Belges, habitué de la Corse, se dit en tous les cas prêt à s’adapter. Après tout, “la Restonica vaut bien quelques clics supplémentaires d’inscription sur un ordinateur.

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