Des mesures "indignes de notre pays" : le président de l’Université de Corse signe une tribune contre la loi immigration

Dominique Federici a signé, aux côtés d’une vingtaine d’autres présidents d’universités, un texte qui dénonce les mesures de la loi immigration, votée mardi 19 décembre à l’Assemblée nationale.

Des mesures "indignes de notre pays", contraires à "l'esprit des Lumières" et qui "nuisent à l'ambition" de l'enseignement supérieur : dans une tribune publiée le 20 décembre, les présidents d'une vingtaine d'universités publiques se sont insurgés contre la loi immigration.

Parmi eux, le président de l'Université de Corse, Dominique Federici.

Figurent également sur la liste des signataires les présidents de plusieurs grandes universités parisiennes dont la Sorbonne, des universités d'Aix-Marseille, Bordeaux, Lyon I et Lyon II, Toulouse Jean-Jaurès ou encore Strasbourg.

Valeurs

"Ces mesures indignes de notre pays mettent (...) gravement en danger la stratégie d'attractivité de l'enseignement supérieur et de la recherche française, et nuisent à l'ambition de faire de notre pays un acteur majeur de la diplomatie scientifique et culturelle internationale", écrivent-ils dans un communiqué.

"Nous déplorons que la version proposée à cette heure (après un accord entre la majorité et la droite sur ce projet de loi, ndlr) vienne s'attaquer aux valeurs sur lesquelles se fonde l'Université française: celles de l'universalisme, de l'ouverture et de l'accueil, de la libre et féconde circulation des savoirs, celles de l'esprit des Lumières", ajoutent-ils.

Comment accepter des mesures qui tendront à replier l'université française sur elle-même ?

Tribune des présidents d'Universités

Pour eux, l'accès aux connaissances "ne peut être entravé par des considérations financières si restrictives et sans fondement, à l'image de l'instauration d'une caution de retour ou d'une limitation des aides sociales".

"Appliquer de façon généralisée (...) la majoration des droits d'inscription pour les étudiants extra-communautaires aurait un effet particulièrement délétère" sur leur nombre, origine géographique et situation sociale, alors même que ces étudiants internationaux "sont une richesse pour notre pays", plaident-ils.

"Nous partageons l'indignation du monde universitaire"

Un syndicat étudiant insulaire a également réagi.

Dans un communiqué publié sur le réseau social X, anciennement Twitter, la Cunsulta di a Ghjuventù Corsa a indiqué partager "l’indignation du monde universitaire quant au vote par le Parlement" de cette loi.

Le syndicat a réaffirmé son "opposition" au texte et a annoncé "soutenir la tribune des présidents d'université dénonçant cette loi".