Cour d'assises d'Aix en Provence. Le procès du double assassinat de Bastia-Poretta suspendu jusqu'à mardi

Depuis le 6 mai, quatorze personnes sont jugées par la cour d’assises des Bouches-du-Rhône pour les assassinats d’Antoine Quilichini et de Jean-Luc Codaccioni, tous deux tués par balles en décembre 2017 à l’aéroport de Bastia-Poretta. Le procès est ajourné jusqu'au mardi 21 mai, en raison du mouvement de grève des agents pénitentiaires, après l'attaque du fourgon mardi 14 mai en Normandie.

"En raison des circonstances, nous avons décidé de suspendre le procès jusqu’à mardi. C'est une décision collégiale", a annoncé le président de la cour d’Assises Jean-Yves Martorano.

Ce mercredi matin, le box des accusés est vide. Les neuf détenus n’ont pas pu être acheminés de leurs prisons jusqu’à la salle d’audience. Les agents pénitentiaires chargés du transport des prisonniers ont exercé leur droit de retrait.

Ils entendent ainsi manifester leur soutien aux membres de l’équipe de l’administration pénitentiaire après l’attaque d’un fourgon hier au péage d'Incarville, dans l'Eure, qui transportait entre Evreux et Rouen un détenu, Mohamed Amra. Lors de cette attaque, deux agents ont été tués, trois sont gravement blessés.

Demande de renvoi total

Les avocats de la défense ont immédiatement confié au président de la cour d’assises leur crainte d’absence de continuité des débats dans ce procès.

"Il y a eu deux jours d’audience la première semaine, deux jours d’audience la deuxième semaine. Les jurés vont-ils se souvenir de la personnalité des accusés dans deux mois, au moment du délibéré s’il intervient dans un temps si lointain ?", s'interroge Me Franck Berton, l’avocat de Christophe Guazzelli, considéré comme le directeur de l’entente criminelle qui a mis en place le double assassinat de Bastia Poretta, le 5 décembre 2017.

"La question est que mardi il faudra trouver des disponibilités. Il va s'écouler une semaine avant la reprise. Peut-on parler de continuité des débats et d'équité ?", s'inquiète Me Bruno Rebstock, l'avocat d'Abdel-Hafid Bekouche, accusé d'assassinat en bande organisée. 

Une demande de renvoi total du procès devrait être déposée par certains avocats de la défense mardi 21 mai, date de la reprise de l'audience. Le débat devra se faire en présence des accusés.