Fusillade à Bastia : ils ont vécu l'attaque, ils racontent

Voisins et proches de victimes, ont eu très peur, mercredi, lorsque Joseph Orsoni a agressé au cutter et au fusil plusieurs personnes faisant un mort et cinq blessés dans le quartier de Montesoro, à Bastia.
 
Ce jeudi à Bastia, les impacts de balle sont encore visible dans les murs de la Cité Aurore. Joseph Orsoni a traqué certains de ses voisins, allant jusqu'à tirer à travers les portes?
Ce jeudi à Bastia, les impacts de balle sont encore visible dans les murs de la Cité Aurore. Joseph Orsoni a traqué certains de ses voisins, allant jusqu'à tirer à travers les portes? © Christian Giugliano / France 3
« On a été sur le pont entre 16 heures et une heure du matin. On a vu d’abord arriver trois blessés en urgence absolue, un qui était en état de choc hémorragique et qui est décédé à son arrivée aux urgences. Malheureusement rien n’a pu être réalisé. Une personne est partie immédiatement au bloc opératoire. La troisième personne, un policier, avait pris une balle dans le cou », explique Pascal Forcioli, directeur de l'Hôpital de Bastia. Les jours du policier ne seraient pas en danger.
Fusillade de Bastia : qui sont les victimes ?

Quatre des victimes se sont vues prescrire 50 jours d’incapacité temporaire de travail.


Ludovic, fils d’une des victimes, assure avoir signalé Joseph Orsoni

Sa mère a été touchée par une « décharge » de chevrotine à la figure et au bras. A l’hôpital de Bastia, Ludovic s’emporte : « Ca fait un an qu’on se plaint de lui parce qu’il avait frappé sa femme en 2012. Il avait pris sa femme à coup de nerf de bœuf. Il a été incarcéré à Borgo puis relâché et il est revenu dans l’immeuble. Pour Noël il avait sorti le fusil et avait tiré en l’air à côté du camion de pizzas.
On avait signalé qu’il était dangereux. Il s’en prenait toujours au gardien de l’immeuble [décédé des suites de ses blessures à la jambe, ndlr]. Le gardien de l’immeuble il s’occupait des gens, il n’y avait jamais de problème avec lui.
On est allé à la mairie, à la maison des services publics, aux HLM, se plaindre. Ils n’ont jamais rien fait. »

De leur côté, la mairie de Bastia et l’OPHLM démentent avoir été informés par ce riverain d’un problème avec l’auteur de l’attaque.
Fusillade à Bastia : Ludovic, fils d’une des victimes, assure avoir signalé J. Orsoni

L’enquête, confiée à la police judiciaire, déterminera peut-être si les services concernés ont fait le nécessaire.

 

Des voisins visés

De 16 heures à minuit, où l’intervention de police s’est terminée, des voisins de Joseph Orsoni ont vécu dans la crainte. D’abord, celui-ci s’est attaqué au cutter à un jeune homme de 22 ans avec qui il avait un différend autour de son chien "Il semblerait que le chien de M. Orsoni ait mordu la compagne" de ce voisin, a déclaré la procureur de la République de Bastia Caroline Tharot. Puis il s’en est pris à l’amie de la victime avant d’aller chercher des fusils dans sa voiture. Traquant certains de ses voisins, Joseph Orsoni a tiré à travers, traqué certaines personnes et en  a épargné d’autres.
Fusillade à Bastia : les voisins racontent
Ce jeudi encore, des impacts de balle sont visibles à travers les portes.
Ce jeudi encore, des impacts de balle sont visibles à travers les portes. © Anne-Marie Leccia / France 3
Fusillade à Bastia : les témoins racontent (version longue)


Pierre Masternack était avec le gardien, décédé au moment de l’attaque

Pierre Masternack, employé de l'Office Public de HLM a été appelé par le gardien de l’immeuble de la Cité Aurore, en raison d’un problème dans le bâtiment. « Arrivé sur le parking j’ai entendu des détonations. J’ai trouvé qu’il y avait des cartouches à l’entrée du bâtiment. Je suis rentré dans le bâtiment, j’ai vu des traces de sang dans le hall d’entrée. J’ai appelé mon collègue qui était à l’étage. Il est descendu. On a regardé les traces pour savoir jusqu’où elles menaient. C’est là qu’un monsieur est arrivé derrière nous avec un fusil. Il nous a mis en joue. Il m’a raté, il a eu mon collègue à la jambe. J’ai réussi à le traîner jusqu’à la sortie. Le monsieur nous a poursuivis, a continué à nous tirer dessus. Mon collègue s’est réfugié derrière une voiture. Moi je suis parti de mon côté. »
Tirs sur des passants à Bastia : Pierre Masternack, témoin de l'attaque

Le gardien de l’immeuble, âgé de 55 ans, a été touché au niveau de l’artère fémorale et n’a pas survécu.

 
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