Ghisonaccia : quatre ans de prison, dont un avec sursis, pour avoir blessé par balle un jeune homme

Un jeune homme de 22 ans a été condamné, ce lundi 15 mars par le tribunal correctionnel de Bastia, à 4 ans de prison dont une année avec sursis pour avoir blessé par balle un individu, le 10 mars dernier à Ghisonaccia. Le drame s'est déroulé sur fond de conflit familial.

Un jeune homme de 22 ans a été condamné, ce lundi 15 mars par le tribunal correctionnel de Bastia, à 4 ans de prison dont une année avec sursis pour avoir blessé par balle un individu, le 10 mars dernier à Ghisonaccia.
Un jeune homme de 22 ans a été condamné, ce lundi 15 mars par le tribunal correctionnel de Bastia, à 4 ans de prison dont une année avec sursis pour avoir blessé par balle un individu, le 10 mars dernier à Ghisonaccia. © FTV

Le tribunal correctionnel de Bastia s'est penché, ce lundi 15 mars, sur un drame familial aux multiples versions et auquel l'audience a dû démêler le vrai du faux.

Le prévenu, Emmanuel Salguero, 22 ans, a été reconnu coupable de "violences volontaires aggravés" avec une arme à feu après avoir blessé un jeune homme de 25 ans à Ghisonaccia, le 10 mars dernier. Jugé en comparution immédiate, il a été condamné à quatre ans d'emprisonnement dont une année avec sursis et une interdiction de port d'arme de 10 ans.

Un litige à l'origine de l'affaire

En fin d'après-midi, mercredi dernier, Emmanuel Salguero et sa maîtresse, Sana L., déposent une voiture au centre technique de Ghisonaccia pour un contrôle technique. Alors qu'ils patientent, ils sont accostés par la tante de cette dernière, Océane G., d'après les faits rapportés par le président du tribunal correctionnel.

Un litige entre les deux femmes durent depuis près d'un an. Et, il atteint son apogée lorsque Emmanuel Salguero en vient aux mains pour séparer les deux femmes.

Quelques secondes plus tard, des amis d'Océane G. - "une dizaine" selon les dires du prévenu- réagissent au quart de tour et viennent à sa rescousse. Le groupe avait loué une villa pour un mois afin de "passer du temps ensemble" et se trouvait donc à proximité.

La balle sur un os

"J'ai eu l'impression d'être pris dans un guet-apens", avoue Emmanuel Salguero dans le box des prévenus. Sa réaction : il sort une arme de catégorie B de sa sacoche et tire à plusieurs reprises en l'air.

Les tirs de sommation sont suivis d'un coup de feu sur la porte avant du véhicule d'Océane G., qui tentait de prendre la fuite. Un impact de balle à hauteur d'homme a été retrouvé sur la carrosserie.

Les événements prennent une tournure plus dramatique avec l'arrivée d'un quatrième protagoniste, Rafie G., un ex-copain d'Océane G, resté en bon terme avec la jeune femme et présent dans la villa.

Les échanges se tendent. "Ils criaient fort, ils m'insultaient". D'autres tirs de sommation sont tirés. Mais, une des balles finit par arriver dans le pied de Rafie G. Le plomb rebondit sur un os et ne traverse pas le membre. Il s’est vu délivrer une incapacité totale de travail (ITT) de 15 jours.

"On peut être victime d'une balle perdue"

"A aucun moment, je n'ai visé", se défend Emmanuel Salguero. Une version contestée par plusieurs témoins. Le jeune homme, père de 4 enfants avec une autre compagne que Sana L. et sans emploi, explique détenir une arme depuis peu. Par le passé, il a déjà été la cible d'une attaque et a été blessé au ventre.

Le couple, toujours pris à partie par la bande, décide de se replier dans le garage. Un homme et une cliente quittent les lieux apeurés. La gendarmerie, contactée entre autres par Emmanuel Salguero, arrive quelques minutes plus tard et met fin à l'épisode de violence.

"C'est un dossier suffisamment grave qu'il nous rappelle qu'à 17h20, à Ghisonaccia, on peut être victime d'une balle perdue", a rappelé durant l'audience le procureur de la République Arnaud Viornery. Celui-ci a requis une peine de 4 ans d'emprisonnement dont une année avec sursis, une interdiction de port d'armes de 10 ans et une interdiction d'approcher les victimes Océane G., et Rafie G.

Le tribunal a décidé de suivre ces réquisitions. L'avocate de la défense, Maître Vincenti, regrette que le comportement des amis d'Océane G. n'ait pas pu "contrebalancer" le jugement et ne souhaite pas communiquer sur un possible appel de son client.

 

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