Bastia : Cosmolitude 2021, un "space opéra" qui combine musique et sérigraphie

À l'occasion de la 28e édition du festival BD à Bastia, qui se tient du 16 au 19 septembre, le théâtre de Bastia accueille la première du spectacle Cosmolitude 2021. Un "space opéra" protéiforme qui mêle musique et sérigraphie.

Reportée au mois de mars en raison du contexte sanitaire, la 28e édition de BD à Bastia se déroule depuis le 16 et jusqu'au 19 septembre au centre culturel Una Volta. Un festival qui met comme chaque année à l'honneur les rencontres entre talents et public plutôt que la course aux diverses dédicaces, avec à l'affiche ving-huit autrices et auteurs, venus de France, de Belgique ou encore d'Italie.

Au programme, des expositions, des ateliers et des spectacles, parmi lesquels le "space opéra" Cosmolitude 2021. La représentation - qui a également donné naissance à un album et un roman graphique - mêle habilement la musique, composée par le groupe Jakez Orkeztra, à la sérigraphie, réalisée en direct par le duo plasticien-sérigraphe Yann Le Borgne et Christian Humbert Droz. 

Entretien avec ces deux artistes à quelques heures de la sortie officielle du spectacle, ce samedi 18 septembre.

Comment est née l'idée d'un spectacle musical sérigraphié ? 

Yann Le Borgne : À l'origine, c'est un projet entre copains. On se connaît tous depuis longtemps : Christian et moi animons depuis des années des ateliers à BD à Bastia, et je connais les Jakez Orkeztra depuis la faculté. On s'est retrouvés ici, au festival, il y a deux ans, et on s'est dit qu'on voulait faire quelque chose tous ensemble.

Christian Humbert-Droz : On s'est dit : tiens, il y a souvent des concerts dessinés. Pourquoi on ne ferait pas un concert sérigraphié ? Et puis tout s'est fait petit à petit, tout le monde a beaucoup travaillé, notamment Yann qui était le "pôle" des idées, mais je n'aurais jamais pensé que ça prendrait une telle ampleur. 

Comment ça marche, la sérigraphie en direct ?

Y. LB : Les difficultés qu’on a, c’est le temps de séchage ! L’encre sèche assez vite sur le plateau, donc il faut travailler un peu vite. Mais après, c’est comme un gros pochoir : l'encre ne passe qu’à travers le tissu qui n’est pas masqué. On imprime ensuite sur nos grands draps pour au final l’accrocher en fin de spectacle.

Qu'est-ce-que la sérigraphie ?

Pourquoi avoir choisi de tourner ce spectacle autour d'un cosmonaute ?

C. HB : C'est l'histoire d'un homme dans sa fusée qui flippe avant le départ. Et en même temps qu'il a la trouille, il se remémore sa vie et réfléchit à ce qui l'attend pour la suite.

Y. LB : Je pense qu'on est tous quelque part comme ce cosmonaute. On est tous des voyageurs qui partent vivre notre vie, sans savoir ce qui va se passer demain. Quelque part, je trouve qu’il synthétise bien l’humanité, ce cosmonaute, et d'autant plus dans le monde que l'on vit actuellement, et dans lequel on se pose pas mal de questions sur l'avenir.

Le spectacle, l'album et le roman graphique ont été conçus pendant durant la crise sanitaire. Le Covid a-t-il influencé leur création ?

Y. LB : En ce qui concerne l'histoire du spectacle et du roman, non, pas vraiment. Mais ça a sans aucun doute encore plus motivé notre envie de produire ce spectacle, après des mois où nous n'avons rien pu faire. C'est une vraie délivrance que de pouvoir le montrer, de retrouver le public.

C. HB : Pour moi, ça a été par moments un peu compliqué, parce que je n'ai pas pu faire autant que je l'aurais voulu, faute d'avoir l'autorisation d'effectuer des aller-retour en pleine crise entre la Suisse et la Corse [ndlr, le sérigraphe est et réside en Suisse]. Mais on a quand même bien participé tous ensemble, et aujourd'hui, on se retrouve sur quelque chose de très abouti.

Deux représentations scolaires ont été organisées ces jeudis 16 et vendredi 17 septembre. C’était important d’ouvrir le bal avec un public jeune ?

Y. LB : C'est dans l'ADN de BD à Bastia. Le festival a toujours donné une forte place à la médiation. Tous les ans, on y fait découvrir plein de choses aux enfants sur la vie, et ça tombait sous le sens qu’on fasse des séances scolaires. C’est super de pouvoir montrer ça à des jeunes qui n’écoutent pas forcément cette musique, qui découvrent au passage quelque chose de différent. Et qui sait, ça peut peut-être aussi les inspirer pour plus tard...

C. HB : C’est très bien de présenter ça d’abord aux enfants, ils sont honnêtes, s'ils aiment, s'ils aiment pas, ils vous le disent ! Et puis on adore ça. Les ateliers chaque année, c’est pour les gosses – et les moins gosses aussi -, alors c'est dans la continuité. Notre objectif c’est le partage, et on est ravis de partager tout ça avec eux.

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