Enquête sur la faillite du SC Bastia : Pierre-Marie Geronimi, ancien président du club, est mis en examen

Pierre-Marie Geronimi a été mis en examen pour banqueroute, escroquerie et abus de biens sociaux. C'est le troisième mis en examen dans ce dossier, mais le premier ancien dirigeant. D'autres mises en examen pourraient suivre.

C'est une nouvelle avancée dans l'enquête autour du naufrage financier du Sporting Club de Bastia, en 2017. Contacté par France 3 Corse ViaStella, le procureur de la République de Bastia, Arnaud Viornery, indique la mise en examen d'une personne dans le cadre de cette affaire.

Selon nos informations, il s'agit de Pierre-Marie Geronimi, ex-président de la SASP Sporting Club de Bastia, ancien gestionnaire du club. Sa mise en examen pour délit de banqueroute, escroquerie et abus de biens sociaux lui a été signifiée à la fin du mois de décembre, confirme son conseil, Me Julien Pinelli. 

Il n'a pas été jugé utile de lui imposer le moindre contrôle judiciaire suite à sa mise en examen

Me Julien Pinelli

L'avocat précise qu'il "est important de rappeler qu'on ne reproche à Pierre-Marie Geronimi aucun enrichissement personnel dans le cadre de dossier. Mon client espère que cette procédure lui permettra de s'expliquer en détail sur des faits qu'il conteste formellement."

Me Julien Pinelli ajoute qu'à ce stade, "il n'a pas été jugé utile de lui imposer le moindre contrôle judiciaire suite à sa mise en examen.

Enquête ouverte en 2018

Pour rappel en 2017, le SCB, qui évoluait en Ligue 1, est relégué administrativement en National 3, soit la cinquième division. En cause, une dette colossale accumulée à l'issue de la saison 2016-2017. Le 5 septembre 2017, la SASP Sporting Club Bastia est placée en liquidation judiciaire.

En février 2018, une enquête préliminaire pour "abus de biens sociaux, banqueroute, escroquerie, présentation de comptes annuels inexacte, travail dissimulé, non-révélation de faits délictueux par le commissaire aux comptes" est ouverte par le parquet de Bastia, et confiée à la direction régionale de la police judiciaire d'Ajaccio. Objectif, comprendre les mécanismes de gestion qui ont mené à cette faillite.

Des saisies de documents bancaires et comptables sont organisées dans ce cadre dans les locaux du SC Bastia au printemps de la même année.

Deux premières mises en examen en 2019

Des perquisitions qui permettent d'établir "que les règles et principe de comptabilités n'avaient pas été respectées" indique en février 2019 le parquet de Bastia, qui confirme alors deux premières mises en examen : celle de Joseph Lorenzoni, ancien expert-comptable du club, pour "faux, complicité de présentation de comptes annuels inexacts, complicité de banqueroute et participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un délit", et celle d'Antoine Vincenti, commissaire aux comptes, pour les chefs de "non-révélation de faits délictueux et participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un délit". 

Des faits fermement contestés par les deux hommes, placés sous contrôle judiciaire.

Perquisitions des locaux de la FFF et de la LFP

En juin 2019, l'enquête continue, avec la perquisition par les hommes de la division des affaires économiques et financières d'Ajaccio des locaux de la Fédération française de football et de la Ligue de football professionnel, à Paris.

Les enquêteurs se saisissent alors d'un ensemble de documents relatifs au contrôle financier et aux décisions prises par la Direction nationale de contrôle de gestion (DNCG) concernant le SCB sur la période 2011-2017.

Interrogations principales : la sincérité des comptes et bilans présentés au gendarme financier du foot français, et le rôle précis joué dans cette affaire par les anciens actionnaires au sein du club. La police judiciaire aurait ainsi découvert que la plupart d'entre eux recevaient régulièrement des sommes importantes du club, de par leur position de "consultants". 

En février 2020, des fonctionnaires des impôts sont placés en garde à vue pour tenter de comprendre pourquoi le club a pu bénéficier, pendant des années, d'aménagement d'impôts, et si la situation s'apparentait à un soutien abusif des services fiscaux. Au printemps de la même année, l'affaire est dépaysée au tribunal de commerce de Lyon.

L'audition des ex-administrateurs et anciens dirigeants du club en 2021

En mars 2021, l'enquête est une nouvelle fois relancée, avec le placement en garde à vue de plusieurs ex-administrateurs ou anciens dirigeants du SC Bastia. Au total, 13 personnes sont auditionnées par la police judiciaire d'Ajaccio.

Parmi elles, Pierre-Marie Geronimi. Des gardes à vue allant jusqu'à près de 48h, durant lesquelles toutes ont longuement été questionnées, avant d'être libérées sans passage devant le magistrat instructeur, et sans charges retenues à ce stade.

Dans ce dossier complexe, aux nombreuses ramifications, la mise en examen de Pierre-Marie Geronimi, premier ancien dirigeant à l'être, sonne comme une entrée dans le coeur du sujet.

Après lui, d'autres personnes parmi les 8 déjà auditionnées et ayant occupé des fonctions au sein du club pourraient être à leur tour convoquées et mises en examen. 

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