L’Île-Rousse : un collage en hommage à Julie Douib, victime d’un féminicide en 2019

Dans la nuit de dimanche à lundi à L'Île-Rousse, des membres du collectif "IWas Corsica" ont réalisé un collage en mémoire de Julie Douib, jeune femme assassinée le 3 mars 2019 par son ex-conjoint.

Le collectif "IWas" a réalisé une opération de collage en mémoire de Julie Douib, assassinée par son ex-conjoint le 3 mars 2019.
Le collectif "IWas" a réalisé une opération de collage en mémoire de Julie Douib, assassinée par son ex-conjoint le 3 mars 2019. © France 3 Corse ViaStella
"Julie tu manques à tes proches, tes enfants, tes parents, tes ami.e.s. Ton nom est devenu un symbole pour toutes les femmes."

C'est le message collé dans la nuit de dimanche à lundi à L'Île-Rousse en mémoire de Julie Douib, 35 ans, assassinée dans la même ville le 3 mars 2019 par son ancien compagnon.

Le collectif "IWas Corsica", qui lutte contre les violences sexuelles et misogynes, a réalisé cette opération de collage.

"Julie avait déposé 5 plaintes, avait fait les démarches nécessaires, déplore Enora, une des colleuses. On a tendance à avoir une vision assez caricaturale de la femme battue, prostrée. Mais une femme comme Julie avait fait toutes les démarches, et cela n'a pas suffi." 
 
Julie Douib, mère de famille de 35 ans, avait été abattue par arme à feu à son domicile de L'Île-Rousse par son ex-conjoint Bruno Garcia-Cruciani le 3 mars 2019.

La jeune femme, mère de deux garçons de 8 et 10 ans s'était récemment séparée de son compagnon après avoir vécu un "enfer", selon ses proches.

"Julie m'avait confiée subir des violences conjugales depuis environ deux ans ainsi que des menaces de mort", expliquait Maryse Santini, voisine de Julie Douib à Corse Matin, dix jours après les faits.
 
La résidence de la Mer à L'Île-Rousse, où Julie Douib a été assassinée le 3 mars 2019 par son ex-conjoint.
La résidence de la Mer à L'Île-Rousse, où Julie Douib a été assassinée le 3 mars 2019 par son ex-conjoint. © Daniel Bansard / FTVIASTELLA


Plusieurs plaintes déposées


Pour les proches de la victime, le drame illustre les manquements des autorités en matière de répression des violences faites aux femmes. Une semaine après la mort de sa fille, Lucien Douib déclarait à France 3 Corse son incompréhension :

 

Tout le système était au courant. Moi-même, j’ai porté plainte. Ma fille a porté cinq ou six fois plainte avec justificatifs de coups, certificat médical, lettres de témoignages. Je ne comprends pas comment on a pu en arriver là.



Bruno Garcia-Cruciani s'était constitué prisonnier à la gendarmerie peu après les faits, avouant être l'auteur des coups de feu mortels.

Mis en examen pour assassinat par un juge d'instruction, il est toujours en détention provisoire à la maison d'arrêt de Borgo dans l'attente de son procès.

Julie Douib était la 30e femme victime de féminicide en 2019. Selon le collectif  «Féminicides par compagnon ou ex», 149 femmes ont été assassinées par leur conjoint ou ex-compagnon l'année dernière.
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