La secrétaire d'Etat Nathalie Elimas donne le coup d'envoi du label cité éducative en Corse

Bastia et Ajaccio ont obtenu le label, accompagné d'une enveloppe financière de 750.000 euros. Le but, permettre aux élèves issus des quartiers difficiles de se donner la chance de réussir. En favorisant la collaboration entre les équipes enseignantes, les élus locaux, l'Etat et les associations.
Nathalie Elimas (à droite) en compagnie de la principale du collège, des élus de la région bastiaise et du préfet de Haute-Corse
Nathalie Elimas (à droite) en compagnie de la principale du collège, des élus de la région bastiaise et du préfet de Haute-Corse © Sébastien Bonifay

"Les quartiers prioritaires comptent moins de diplômés que les autres. Ici, 26,6 % des demandeurs d'emploi ont un niveau inférieur au CAP ou au BEP... On sait que cette réalité-là a un impact sur les perspectives d'orientation des élèves, puisque très souvent ces jeunes ne s'autorisent pas à envisager un avenir professionnel différent de celui de leurs parents. Il y a un travail à faire en ce sens". 

Laureline Roux, la déléguée du préfet de Haute-Corse aux quartiers prioritaires, résume en quelques mots l'objectif du label "cité éducative", dont le collège de Montesoro, et au-delà, tout le tissu éducatif des quartiers Sud et du centre ancien. Autour de la table de la grande salle du deuxième étage du collège de Montesoro, élus de la ville et de la région, députés, représentants de l'Etat, et du corps enseignant. Au centre, Nathalie Elimas.

Le but, ouvrir des horizons

De la secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education nationale, chargée de l'éducation prioritaire, pas d'annonce, ni de promesses à attendre. Sa visite, en cette rentrée scolaire, a pour but de promouvoir ce nouveau label gouvernemental, présenté comme "un label d'excellence" par le gouvernement. Un dispositif à destination des quartiers populaires et des défavorisés. 

Nathalie Elimas au côté de François Ravier, le préfet de Haute-Corse
Nathalie Elimas au côté de François Ravier, le préfet de Haute-Corse © Sébastien Bonifay

La cité éducative, qu'est-ce que c'est ?  

Selon le ministère de l'Education nationale, la Cité éducative vise à intensifier les prises en charge éducatives des enfants à partir de 3 ans et des jeunes jusqu’à 25 ans, avant, pendant, autour et après le cadre scolaire. Pour ce faire, elle favorise le maillage, et la collaboration, entre les équipes enseignantes, les élus locaux, les services de l'État et les associations. Pour que la formation des nouvelles générations ne s'arrête pas à la porte des écoles, des collèges et des lycées. 

Trois grands axes ont été déterminés : 

- Favoriser l'implication des parents dans la réussite des élèves, en développant la fameuse alliance éducative, "pour que les parents trouvent leur place dans le parcours scolaire de leurs enfants". 

- La continuité éducative, à travers un accès plus large aux sciences, à la culture, à l'environnement, au patrimoine. "Le but, ouvrir les perspectives, les horizons, pour favoriser l'ouverture sur l'autre, et, en corollaire, aider à une meilleure estime de soi. Pas en multipliant les activités, mais en articulant les actions avec cohérence". 

- Enfin, soutenir l'insertion professionnelle, être un levier pour favoriser l'ambition scolaire. "Les obstacles ne doivent pas être synonymes de rupture". 

Les cités éducatives, où l'éducation en réseau.
Les cités éducatives, où l'éducation en réseau. © Ministère de l'Education nationale

Susciter de nouvelles ambitions dans les quartiers défavorisés

La principale du collège de Montesoro, Anne Malka, est emballée par cette perspective. "Notre ADN est composé de cette notion de partenariat éducatif, qui apporte une plus-value à la scolarité des élèves. Le choix de notre collège comme chef de file s'est imposé. la Cité éducative nous permet de renforcer aujourd'hui notre travail en partenariat, et d'étendre notre champ d'action. C'est ambitieux"

Au-delà des 700 élèves du collège, c'est 2.700 personnes qui bénéficieront du dispositif. Pour permettre de mettre en pratique ces objectifs, l'Etat a débloqué une enveloppe de 750.000 euros. 

La ville compte 40 % des logements sociaux de l'île.

Pour Pierre Savelli, le maire de Bastia, c'est une avancée essentielle, qui vient renforcer la politique que mène la ville dans ces quartiers populaires. "Sept personnes sur dix, en Corse, qui habitent dans un quartier prioritaire habitent à Bastia. La ville compte 40 % des logements sociaux de l'île. Alors qu'elle ne compte que 15 % de sa population... L'enjeu est de taille, et la Cité éducative va susciter un espoir chez les gens qui travaillent déjà dans ce sens, et qui peuvent parfois penser que les efforts ne sont pas assez récompensés". 

La secrétaire d'Etat découvre l'expo photo réalisée par les élèves de Montesoro.
La secrétaire d'Etat découvre l'expo photo réalisée par les élèves de Montesoro. © Sébastien Bonifay

Julie Benetti, la rectrice, conclut la réunion : "nous devons garantir l'égalité des chances de tous nos élèves. Il s'agit de pouvoir susciter l'ambition scolaire chez chacun de nos élèves, et construire avec chacun d'eux un parcours de réussite qui corresponde à ses aspirations". 

Dans l'après-midi, sur sa route vers Ajaccio, où était prévue une deuxième journée de visite, Nathalie Elimas s'est arrêtée à Corte, pour visiter l'internat d'excellence de la cité scolaire Pascal Paoli. Un internat qui permet aux élèves en difficulté scolaire ou financière de bénéficier des mêmes conditions que celles et ceux qui sont plus favorisés. 

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