La visite en toute discrétion du ministre de la Justice en Corse

Intervenants : Camille de Rocca Serra, député de la Corse-du-Sud, Gilles Simeoni, président du conseil exécutif de Corse, Jean-Guy Talamoni, président de l'Assemblée de Corse, Jean-Marie Poli, président de l'Associu Sulidarità. ©France 3 Corse ViaStella

Le garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas, s'est rendu lundi 5 septembre au palais de Justice de Bastia puis au centre pénitentiaire de Casabianda. La presse a été maintenue à l'écart des déplacements du ministre qui n'a fait aucune déclaration.

Lundi 5 septembre, le ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas, a débuté sa visite en Corse par une réunion au palais de justice de Bastia, où il est arrivé dans la plus grande discrétion.

Il y a rencontré les procureurs de la JIRS (juridictions interrégionales spécialisées) afin d’aborder notamment les problématiques liées au grand banditisme.

Il s'est également entretenu avec le président de l'Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, et le président du Conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni.

Pour ce dernier, "l'immobilisme du gouvernement et de l'Etat sur la question des prisonniers politiques est vraiment incompréhensible et de nature à réintroduire une logique de conflit à laquelle l'ensemble des Corses veut tourner le dos."


Le garde des Sceaux s'est ensuite rendu en hélicoptère à la prison de Casabianda dans l’après-midi. 
Le directeur de cabinet du ministre a rencontré, quant à lui, les militants de Sulidarità, de la Ligue des Droits de L’Homme de Corse, de l’Ora di u Ritornu mais aussi de Ghjustizia è Verità, à la préfecture de Haute-Corse.

"Nous nous attendions très légitimement à entendre des propositions. Il n'y en a pas eu", déplore Jean-Marie Poli, le président de l'Associu Sulidarià.

Maxime Beux, le supporter du SC Bastia blessé en marge d'un match à Reims a lui aussi été reçu. Il se plaint de l'absence de réponse et d'informations pertinentes de la part du gouvernement sur l'avancée du dossier.
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Jean-Jacques Urvoas n'a fait aucune déclaration à l’issue de ses visites. Les réunions auxquelles il assistait étaient d’ailleurs fermées à la presse.
Une précaution sans doute liée au contexte politique tendu sur la question des "prisonniers politiques" corses.

Samedi 3 septembre, lors d’une conférence de presse, Felix Benedetti, militant du Rinnovu et assigné à résidence à Paris dans l’attente de son procès, a dénoncé le traitement réservé aux prisonniers nationalistes corses et a plaidé pour le jugement de leurs délits en Corse.

Une grande manifestation réclamant le rapprochement et l'amnistie des détenus nationalistes corses est par ailleurs prévue le 24 septembre à Ajaccio.