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Prison ferme pour le “couple infernal” bastiais

A quelques minutes du début de l'audience, la salle est trop petite pour accueillir le public / © Kael Serreri
A quelques minutes du début de l'audience, la salle est trop petite pour accueillir le public / © Kael Serreri

Frank Baldin a été condamné à 18 mois de prison dont 10 mois avec sursis. Sa compagne, Noëlle Romero, a écopé d'1 an de prison avec 8 mois de sursis. Tous deux sont soumis au mandat de dépôt. Le procès s'est déroulé dans un climat très agité. 

Par Sébastien Bonifay

Il est un peu plus de 20 heures quand la décision tombe. Et les condamnations ont été un peu inférieures aux réquisitions du ministère public. Il semble, en écoutant les murmures qui parcourent le public, très nombreux, venu assister au procès, on a l'impression qu'aucune peine n'aurait pu être suffisamment forte.

Le climat est tendu, depuis le début d'après-midi. La salle d'audience n'est pas suffisamment grande pour accueillir tous les gens qui ont fait le déplacement. En grande partie pour exprimer leur animosité à l'encontre de Frank Baldin et Noëlle Romero. 
 
Devant le palais de justice de Bastia, hier / © kael Serreri
Devant le palais de justice de Bastia, hier / © kael Serreri

Et les débats n'ont rien fait pour calmer les esprits, malgré les précautions de Caroline Tharot, le procureur de la République de Bastia:

Je ne veux pas une peine exemplaire, comme le demande une pétition. Je demande une peine juste.

Une peine juste, pour les vols en réunion et les actes de cruauté commis par le couple, âgé de 47 et 48 ans. 
Des dizaines d'animaux recueillis ou dérobés, enfermés et gardés dans un sale état.

Les policiers pénétraient, dimanche soir, dans un appartement de la rue Droite, vétuste et insalubre, maculé d'excréments.
Pour découvrir des chats borgnes et couverts de puces, atteints de coryza, des chiens efflanqués, museaux liés, des oiseaux en très mauvaise santé, certains les ailes coupées...
 

C'est au premier étage de cet immeuble, rue Droite à Bastia, que les animaux étaient enfermés / © jean-André Marchiani
C'est au premier étage de cet immeuble, rue Droite à Bastia, que les animaux étaient enfermés / © jean-André Marchiani


Noëlle Moreno explique, à la barre:

Je les aime. Je n'ai pas voulu leur faire de mal. Au contraire. Il m'est arrivé d'en trouver des malades, et je les ai pris pour m'en occuper. Mon seul tort, c'est d'avoir voulu aider les animaux. Je ne savais pas qu'il y avait des lois contre ça. 

L'avocate de madame Romero rappellera que cette dernière a perdu un enfant, et qu'il a fait un transfert sur les animaux, qu'elle considère comme ses bébés.
Frank Baldin, appelé lui aussi à s'expliquer, abonde dans le sens de sa compagne :

On ne vole pas les animaux, on sort la nuit pour leur donner de la nourriture. On les prend parce qu'ils sont malades. 

© Kael Serreri
© Kael Serreri

Les dénégations du couple font monter le ton dans le public. La présidente menace de faire évacuer la salle, avant de reprendre le cours des débats.
On en vient au comportement violent de Frank Baldin.

Un homme d'une potentielle dangerosité Selon l'expertise psychiatrique. Qui est doté d'une personnalité mal structurée, et souffre de troubles psychologiques et d'addictologie.
Le témoignage de Noëlle Romero vient confirmer ces conclusions:

Quand il est alcoolisé il prend un marteau, une chaise, et il me frappe. Quand il boit il a plus le contrôle de son cerveau. Mais il ne frappe pas les animaux, c’est moi qu’il frappe. Quand il boit il est violent, mais je lui pardonne parce que je l'aime. 

Frank Baldin tente de relativiser...

 Bon, c'est vrai, mais c’est la violence dans les couples. J’essaie de me soigner, j’étais allé chez le docteur et il m’a donné des cachets. Mais le docteur est mort, et j’ai pas consulté d’autre addictologue.

La tension, dans la salle, est a son comble au moment où débutent les réquisitions. Entre effroi, indignation, et malaise...
 

En tout, une cinquantaine d'animaux étaient enfermés dans cet appartement de 37 mètres carré / © Jean-André Marchiani
En tout, une cinquantaine d'animaux étaient enfermés dans cet appartement de 37 mètres carré / © Jean-André Marchiani



Caroline Tharot, procureur de la République, martèle que l'on peut parler de sévices parce que le couple a gardé ces animaux dans cet état. En les séquestrant dans leur appartement, "ils les ont condamnés". 

Ils ont perdu tout repère dans la façon dont on peut élever, apporter de l'amour et des soins aux animaux. Je vous demande de considérer que les sévices et actes de cruauté sont caractérisés. Je vous demande aussi de déclarer monsieur Baldin coupable des violences envers sa compagne.

Frak Baldin a été condamné à 18 mois dont 10 mois de sursis, avec une obligation de soins, et un mandat de dépôt. Noëlle Romero a été condamnée à 1 an dont 8 mois avec sursis et un mandat de dépôt. Tous deux ont interdiction de détenir des animaux. Et ils ont dix jours pour faire appel. Hier soir, ils ont été emmenés en prison. 

 

Retour sur les débuts de l'affaire:

 
 

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