Un homme jugé devant les assises de Haute-Corse pour avoir tué son frère au fusil harpon

Le procès du meurtre de Mathieu Hiblot s'est ouvert devant les assises de Haute-Corse ce mercredi. Son frère, Thomas, est accusé de l'avoir tué d'un tir de fusil harpon en septembre 2022 à Lucciana. Plusieurs témoins ont été entendus, dont la mère des deux frères.

"J'ai deux Mathieu. Un gentil et aimant, et un qui est possédé et dont j'ai encore peur aujourd'hui." Face à la barre, saisie par la fatigue et l'émotion, cette femme revient, pendant plusieurs heures, sur l'événement qui a déchiré sa famille, le 16 septembre 2022.

Un drame qui a opposé deux de ses fils, Mathieu et Thomas, et au terme duquel le premier a été mortellement touché par un tir de harpon, dont le second est l'auteur.

Ce soir-là, cette mère a perdu un fils. Mais elle voudrait désormais qu'on lui rende l'autre, explique-t-elle au président de la cour d'assises de la Haute-Corse. Pour ce procès, elle s'est constituée, comme d'autres membres de sa famille, partie civile. Et elle est en persuadée : Thomas ne voulait pas tuer son frère ce soir-là, mais protéger ses proches.

Un positionnement qui peut surprendre, reconnaît Me Linda Piperi, avocate des parties civiles. "Ce n'est pas que la partie civile soutienne l'accusé, c'est plutôt qu'elle soutient la vérité. La vérité de ce qu'ils ont eux-mêmes vécu."

Épisodes de violence

À la barre, justement, les témoins se succèdent, pour raconter cette soirée au cours de laquelle plusieurs épisodes de violence se sont succédés au camping L’Esperanza de Lucciana. Ce soir-là, Mathieu, la victime, "méconnaissable" d’après ses proches, s’en est d’abord pris à sa mère… A été ceinturé… Est parti… Puis revenu… S’en est pris à sa belle-sœur…Puis est enfin tombé, transpercé par la flèche du fusil harpon de son frère.

Le nombre de protagonistes, l’enchaînement des faits… Pour la défense, il s'agit là d'une scène de crime "complexe". De quoi la motiver à demander un transport de la cour sur les lieux, pour mieux comprendre qui était où et à quel moment.

"Dans ce dossier, il n'y a pas eu de reconstitution organisée par le magistrat instructeur, contrairement à ce qui se fait classiquement en matière criminelle, indique Me Emmanuel Maestrini, conseil de la défense. Finalement, on se retrouve avec quelques clichés photographiques des lieux qui ne permettent pas, à notre sens, de tester la crédibilité de la version donnée par l'accusé dans cette affaire où les enjeux sont énormes."

Un acte décidé par la cour, qui se rendra donc à Lucciana demain matin. Une mesure exceptionnelle : un huissier confiait à cet égard qu'en 18 ans de procès d'assises, il s'agit de la première fois qu'il y assisterait.

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