Hôtels, restaurants, transports : en Corse, les professionnels du tourisme désabusés face à l'instauration du couvre-feu

La crainte du Covid et l'annonce récente du couvre-feu a un impact négatif notamment dans les transports où une baisse des passagers est enregistrée. Les locaux semblent néanmoins permettre au secteur de l'hôtellerie restauration d'éviter la catastrophe.

Pour lutter contre la propagation du coronavirus, le Premier ministre a annoncé, jeudi dernier, l'instauration d'un couvre-feu en Corse entre 21 heures et 6 heures pour une durée de six semaines.
Pour lutter contre la propagation du coronavirus, le Premier ministre a annoncé, jeudi dernier, l'instauration d'un couvre-feu en Corse entre 21 heures et 6 heures pour une durée de six semaines. © Pascal Pochard-Casabianca / AFP
Pour lutter contre la propagation du coronavirus, le Premier ministre a annoncé, jeudi dernier, l'instauration d'un couvre-feu en Corse entre 21 heures et 6 heures pour une durée de six semaines. 

Un nouveau coup dur pour les professionnels du tourisme dont la saison a déjà été fortement impactée par la première vague de l'épidémie. 

Ainsi, en pleines vacances de la Toussaint, si certains restaurants et hôtels affichent complet, c'est surtout grâce à la clientèle locale. 

"Les week-ends, on est complet, mais à 80 % ce sont des gens de toute la Corse qui viennent passer un week-end à Ajaccio. Ca sauve un peu la saison, ça rééquilibre un peu avec les gens qui ne sont pas venus du continent et d'ailleurs", explique Jean-André Ferrandini, Hôtelier-restaurateur à Ajaccio. 

"C'est perdu pour nous"

L'annonce du couvre-feu impacte particulièrement la vie des petites communes. À Cateri (Haute-Corse), le maire du village est également à la tête de la seule auberge des environs. 

Et la différence se fait déjà sentir. "Le week-end, on faisait entre 40 et 70 couverts, on proposait des soirées couscous, savoyardes. Tout ça, c'est perdu pour nous", indique-t-il. 

Je pense que ça va poser beaucoup de problèmes sociaux, et pour le moral des gens.

Dominique Andreani, directeur de "Chez Léon" et maire de Cateri.

Au-delà de l'impact économique, ici, c'est pour le tissu social du village que le patron s'inquiète. "Mon plaisir c'était de permettre aux gens de se retrouver, de continuer à vivre ensemble. Je pense que ça va poser beaucoup de problèmes sociaux, et pour le moral des gens. C'est dommage", complète Dominique Andreani. 

Taux de remplissage des avions en baisse

Côté transports, les vacances de la Toussaint sont marquées par une baisse de fréquentation. Les avions qui décollent du continent sont moins remplis qu'à pareille époque l'an dernier. Ainsi, Air Corsica observe 60 % de remplissage depuis Nice et Marseille et 70 % depuis Paris. 

Avec le couvre-feu, nous constatons des annulations chaque jour.

Jean-Baptiste Martini, directeur commercial et marketing de Air Corsica

Ces chiffres devraient encore évoluer avec l'instauration du couvre-feu. "On a vu des augmentations de réservations lorsque les régions voisines ont été mises sous couvre-feu. Maintenant avec le couvre-feu, c'est l'effet inverse, nous constatons des annulations chaque jour", souligne Jean-Baptiste Martini, directeur commercial et marketing de Air Corsica. 

La Corsica Linea affirme quant à elle avoir rempli ses bateaux pendant les week-ends des vacances. Une tendance se détache pour la compagnie maritime : des réservations de dernière minute.
 
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