Immobilier : Ajaccio et Lucciana parmi les 50 villes "gangrenées par Airbnb"

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Écrit par Julia Sereni

Selon le magazine Marianne, Ajaccio et Lucciana font partie des 50 villes de France "gangrenées par Airbnb". Lors trois premiers mois de 2023, elles font, relativement à leur population, l’objet "d’au moins autant d’annonces que Paris". De quoi faire grimper les prix de l'immobilier.

La une du magazine Marianne est sans équivoque.

"Le cancer Airbnb", titre l’hebdomadaire, qui dresse le classement des 50 communes françaises les plus touchées.

Parmi elles, deux villes corses : Ajaccio et Lucciana.

"Au moins autant d’annonces que Paris"

On y compte respectivement 21 et 23 annonces pour 1 000 habitants. Les deux villes présentent, tout comme les 48 autres du classement, un point commun : lors trois premiers mois de 2023, elles font, relativement à leur population, l’objet "d’au moins autant d’annonces que Paris", selon Marianne.

"La capitale a ainsi proposé 18 locations différentes pour 1 000 habitants, tandis que Narbonne (Aude), ville la moins touchée de notre échantillon, se situait juste au-dessus de ce nombre. À l’opposé du spectre, Gordes (Vaucluse) a offert pas moins de 198 meublés pour 1 000 habitants sur cette période", détaille le magazine.

"Effet pervers"

L'étude livre, par ailleurs, l'évolution de l’activité des meublés touristiques. Dans la cité impériale, celle-ci a augmenté de 119% depuis le début de l’année 2018. Cette information n’est, en revanche, pas disponible concernant Lucciana.

Le classement établit, enfin, l’évolution des prix de l’immobilier, entre 2010 et 2021. Ils grimpent de 38% à Ajaccio, et 33% à Lucciana. Le magazine en conclut ainsi que "l’essor de la plate-forme de location a des répercussions sur la cherté du logement, un effet pervers corroboré par de nombreuses études".

Prix de l'immoblier à la hausse

Marianne rappelle notamment les observations du rapport "Lutte contre l'attrition des résidences principales dans les zones touristiques en Corse et sur le territoire continental", publié en juin 2022.

Ce document, rédigé par l'Inspection générale des finances, le Conseil général de l'environnement et du développement durable et l'Inspection générale de l'administration, note qu’un "impact univoque à la hausse des prix de l'immobilier au fur et à mesure de la croissance de l'activité de location de courte durée est systématiquement mis en évidence".

"Nous voyons qu'une hausse de 10 % du nombre d'annonces de type Airbnb cause une augmentation des prix au mètre carré d'environ 1,5 %"

Sauveur Giannoni, économiste et maître de conférences à l'Université de Corse

Marianne

L’exemple de la Corse est, à ce titre, particulièrement parlant.

"Nous voyons qu'une hausse de 10 % du nombre d'annonces de type Airbnb cause une augmentation des prix au mètre carré d'environ 1,5 %, indique Sauveur Giannoni, économiste et maître de conférences à l'Université de Corse, à Marianne. Un tel effet a été prouvé dans beaucoup d'autres villes dans le monde, ainsi qu'à l'échelle de l'ensemble des États-Unis."

Interrogé sur une possible relégation des ménages en dehors des zones touristiques, l'économiste poursuit : "Airbnb n'a pas forcément un effet colossal partout, mais, dans des zones où le logement subit déjà une tension, cela va encore la renforcer, et des gens qui étaient à la limite de ce qu'ils pouvaient payer verront les prix augmenter au-delà de leurs possibilités. Dans ces cas-là, la régulation est nécessaire."

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