La Corse, région la plus chère de France pour faire assurer sa voiture

Dans son analyse des assurances automobiles en France pour l’année 2020, le comparateur en ligne Assurland place à nouveau la Corse en tête des régions les plus chères pour assurer son véhicule. Un coût supplémentaire qui s'explique notamment par un taux d'accidents élevé dans l'île.

Le coût pour assurer son véhicule en Corse est bien supérieur à la moyenne nationale.
Le coût pour assurer son véhicule en Corse est bien supérieur à la moyenne nationale. © M VIALA/MAXPPP

Ce n'est malheureusement pas une surprise pour les automobilistes insulaires : pour la deuxième année consécutive, la Corse se classe en tête des régions les plus chères de France pour faire assurer son véhicule.

Selon une étude réalisée par le comparateur d'assurances Assurland, la prime an­nuelle moyenne d’as­su­rance en France s’élèverait ainsi à 611 euros pour une voiture de type citadine.

Mais d'importantes disparités subsistent entre les régions : si un automobiliste breton débourse en moyenne 508 euros par an pour assurer son véhicule, le coût d'une assurance identique atteint 732 euros pour les conducteurs insulaires.

Le calcul d'une assurance automobile s'effectue sur la base de quatre critères immuables : le type de véhicule, l'âge du conducteur (les jeunes conducteurs étant généralement soumis à un malus), sa profession (certains métiers étant plus sujets à accident que d’autres du fait de l’utilisation fréquente ou non d’un véhicule) et enfin, le lieu de résidence.

Et pour les conducteurs corses, c'est là que le bât blesse.

"C'est principalement le zonage, le lieu de résidence qui détermine les variations de prix, confirme Christophe Martelli, assureur dans une agence Allianz à Ajaccio. Pour un véhicule standard, le prix d'une assurance automobile est 44% moins cher dans le quart Nord-Ouest de la France qu'en Corse."

Selon lui, les assureurs auraient de plus désormais recours au "micro-zonage" : "le calcul ne s'effectue plus seulement par région, mais aussi en fonction des communes, explique-t-il. Vous paierez plus cher votre assurance si vous résidez à Ajaccio plutôt qu'à Bocognano, car le risque d'accident y est plus élevé."

Cette disparité très importante entre le continent et la Corse s'expliquerait selon lui par le coût des réparations automobiles plus élevés dans l'île, mais également par le taux d'accidentabilité dans l'île.

Un taux élevé d'accidents en Corse

Et en la matière, le constat est sans appel : selon les statistiques les plus récentes dont dispose l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (Onisr), en 2018, le nombre d'accidents corporels de la circulation (ayant fait au moins un blessé) pour mille habitants s'élèvait ainsi à 1,73% en Corse.

C'est donc la région de France métropolitaine où se produisent le plus d'accidents de la route. En plus d'y être plus fréquents, les accidents y sont également plus mortels.

Ainsi, alors que le nombre de personnes tuées par an et par million d’habitants entre 2015 et 2019 est de 52 pour la France métropolitaine, ce chiffre s'établit à 93 dans l'île.

Une statistique inquiétante, d'autant plus que la mortalité dans l'île en 2019 a connu une hausse de 3,4 % par rapport à 2018. Cette augmentation touche particulièrement les plus jeunes : la mortalité par million d’habitants des 18-24 ans, qui atteint 109 sur l'ensemble du territoire national, grimpe ainsi jusqu'à 219 en Corse.

A contre-courant de la tendance nationale, qui a vu le nombre de décès diminuer progressivement entre 2010 et 2019, le taux de mortalité en Corse-du-Sud a également augmenté de plus de 45% sur la même période.

Il est cependant possible que la donne soit amenée à changer, grâce à l'un des rares effets positifs de la pandémie : la diminution du nombre d'accidents de la route.

D'après les résultats quasi-définitifs de 2020, au 29 janvier 2021, 2 782 personnes seraient ainsi décédées en 2020 sur les routes de France métropolitaine et en outre-mer. Un chiffre historiquement bas, inférieur de 20% à celui de 2019.

Selon l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière, cette évolution spectaculaire s’expliquerait en grande partie par les effets de la pandémie mondiale de Covid-19. 

Reste désormais à voir si cette amélioration salutaire se répercutera sur le prix des assurances.

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