Pour l'urgentiste Laurent Carlini, le port du masque à l'extérieur "doit être généralisé à l'ensemble du territoire"

Invité du Corsica Sera ce mercredi 5 juillet, le médecin généraliste et urgentiste à Ajaccio Laurent Carlini a évoqué le port du masque obligatoire dans certaines zones de Bonifacio, les campagnes de dépistage du Covid-19 et la possibilité d’une seconde vague.
Le virus circule toujours dans l’île. 51 patients positifs en Corse depuis le 1er juillet, dont 18 pour les seuls premiers jours du mois d’août. Une légère résurgence du Covid-19 qui appelle à la prudence. A Bonifacio, un arrêté impose désormais le port du masque dans certaines rues de la ville, alors que les campagnes de dépistage menées par l’Agence régionale de santé de Corse s’accentuent.

Pour Laurent Carlini, médecin généraliste et urgentiste au centre hospitalier d'Ajaccio, la mesure du port du masque obligatoire dans certaines zones de Bonifacio "intervient peut-être un peu tardivement au moment où on constate une augmentation sur le territoire du nombre de cas, et y compris du nombre d'entrées en réanimation, et fait écho à l’inquiétude du personnel soignant".
 

Le médecin pense même que la mesure "doit être généralisée" en Corse et dans tout le pays. "Je pense qu’on va malheureusement y arriver d'ici la rentrée, car on veut éviter un reconfinement généralisé et qu'on n'a pas beaucoup d'outils à disposition pour l'éviter. Le masque est, pour l'instant, le seul moyen presque infaillible de ne pas contracter la maladie. Et pour que la mesure soit la plus claire et la plus entendue de tous, il faut qu'elle soit uniformisée et généralisée à l'ensemble du territoire", a-t-il confié sur le plateau du Corsica Sera, ce mercredi 5 août.

Interrogé sur la question d’une seconde vague, alors même que la Corse semble encore épargnée, le docteur Carlini a avoué qu’il était "difficile de prévoir l’imprévisible". "On a vu qu’il était impossible de faire des prévisions. Il faut considérer le risque comme étant maximal, adopter les gestes barrières et le port du masque. La rentrée approche, on voit que plus les jours passent, plus les cas augmentent, donc il faut rester plus que jamais prudent."
 

Le conseil scientifique s’inquiète de la perspective "hautement probable" d’une deuxième vague


En attendant une éventuelle deuxième vague, que le conseil scientifique juge "hautement probable", les campagnes de dépistage se multiplient en Corse. Après Porto-Vecchio et Ajaccio, et avant Propriano, Ghisonaccia, Corte et la Balagne, une nouvelle campagne de dépistage est organisée par l’ARS à Bastia. Près de 300 personnes vont être testées, mais très peu de touristes.

Des campagnes que le médecin juge "utiles, car pour nous médecins, si on veut au préalable traiter une pathologie, il faut l'avoir diagnostiquée, et à ce jour le seul moyen de diagnostiquer le coronavirus c'est d'établir cette fameuse PCR".

Favorable au Greenpass – un passeport sanitaire proposé par Gilles Simeoni et finalement refusé qui obligeait les voyageurs venant sur l'île à présenter un test de dépistage négatif à leur arrivée – Laurent Carlini pense que cette mesure était "une bonne solution, parce qu'on en arrive à rendre le port du masque obligatoire, et c'est une conséquence indirecte à la non-décision du Greenpass."
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