Retraites : les manifestants moins nombreux, mais déterminés

La mobilisation du 5 décembre dernier, en Corse comme ailleurs, avait été spectaculaire. Plus de 5.000 personnes étaient dans la rue, sur l'île, pour manifester leur opposition farouche à la réforme des retraites. Hier, les cortèges étaient moins fournis, mais les manifestants toujours remontés.
Ajaccio, le 10 décembre
Ajaccio, le 10 décembre © Stéphane Lapera
Un millier de personnes à Bastia, un peu plus de 500 à Ajaccio. 

Sur l'île comme ailleurs dans le pays, la deuxième journée de mobilisation nationale, à l'appel des syndicats, n'a pas vraiment été à la hauteur de la journée initiale, le 5 décembre dernier. 
La CGT (885.000 manifestants), comme le ministère de l'Intérieur (339.000 manifestants) n'avancent pas, c'est une tradition, les mêmes chiffres.
Mais tous deux reconnaissent une baisse de moitié du nombre de gens dans la rue. 

 
Bastia le 10 décembre
Bastia le 10 décembre © Christian Giugliano


A Bastia le matin le cortège est une fois de plus parti du Palais de Justice pour se rendre devant la préfecture. Et les représentants locaux des syndicaux, eux, voulaient quand même se féliciter du monde qui avait répondu présent à leur appel. 

Parmi les grévistes présents les enseignants étaient toujours aussi remontés. 
La réforme des retraites n'est pas franchement tendre à leur égard, c'est vrai. Mais ce mécontentement vient de surcroît s'ajouter à la colère suscitée par une autre réforme, celle du lycée, entrée en vigueur en septembre dernier.

Mais s'ils se sont fait entendre, le taux de grévistes dans le secteur a malgré tout fortement diminué, comme pour les autres corporations.
35 % d'enseignants du secondaire étaient en grève hier, contre 75 % le 5 décembre dernier. 
 
Manifestation à Ajaccio

Même ambiance à Ajaccio, hier après-midi, au départ de la gare. Et même baisse de la mobilisation. 

Dans le cortège, on avance une explication :
Le fait que la grève ne se fasse pas en continu. 


Une journée de grève, la reprise, puis une autre journée de grève un peu plus tard, c'est un rythme qui peine à garder les mécontents sur la brèche...

Alors, accalmie ou affaiblissement du mouvement ?
Difficile de tirer des conclusions après cette deuxième journée. 

Aujourd'hui, Edouard Philippe va prendre la parole pour présenter plus en détail le projet du gouvernement. 
Et dès demain, une nouvelle journée de grève est prévue. 

Les chiffres de la mobilisation, au soir de cette troisième journée, seront particulièrement scrutés, et analysés. 
Ils devraient donner les premiers éléments de réponse sur la réelle opposition à laquelle devra faire face le Premier ministre. 
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