Le statut de détenu particulièrement signalé maintenu pour Pierre Alessandri et Alain Ferrandi

Ce mardi, Premier ministre a décidé de maintenir le statut de détenu particulièrement signalé (DPS) pour Alain Ferrandi et Pierre Alessandri. Les deux hommes sont détenus sur le continent depuis 1999, ils ont été condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité pour l'assassinat du préfet Erignac. 

Un nouveau refus. Ce mardi, le Premier ministre, Jean Castex, a décidé de maintenir le statut de détenu particulièrement signalé (DPS) pour Alain Ferrandi et Pierre Alessandri.

Les deux hommes sont détenus sur le Continent depuis 1999, condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité pour l'assassinat du préfet Claude Erignac. Incarcérés à la maison centrale de Poissy en région parisienne, ils sont accessibles à une libération conditionnelle depuis 2017.

Pour rappel, en mars dernier, la commission locale DPS, a donné un avis favorable à la radiation du répertoire de Pierre Alessandri et Alain Ferrandi. Cet avis reste consultatif, mais est suivi dans l'immense majorité des cas.

"Des injustices qui concernent l'ensemble de notre peuple"

Dans un communiqué, l'Associu Sulidarità dénonce des "injustices faites aux prisonniers politiques Corses qui concernent l'ensemble de notre peuple, elles sont le reflet de la politique de l'état vis à vis de notre Pays."

Elle continue : "elles démontrent une volonté affirmée de mise au pas de la société Corse par le biais des brimades, de l'intimidation et ce même si les moyens employés sont contraires au droit français et au droit communautaire Européen, voir, trop souvent aux droits de l'Homme."

L'Associu Sulidarità prévient : "désormais nous en revenons à une logique de présence accrue sur tous les fronts afin de débloquer cette situation. Nous ne nous contenterons plus de la parole des ministres puisqu'elle ne vaut rien, nous n'arrêterons notre cycle d'actions que lorsque des actes suivront."

"Une vengeance d'État"

Les présidents du conseil exécutif de Corse et de l'Assemblée de Corse, réunis dans l'hémicycle de l'Assemblée, ont immédiatement réagi. Gilles Simeoni se dit "sous le choc" et rappelle que les demandes répétées de la levée du statut de DPS pour Pierre Alessandri et Alain Ferrandi "n'est rien d'autre que la demande de l'application du droit." 

"Comme nous le craignions, cette décision se fait au mépris du droit et qui exprime une logique de vengeance", continue le président du conseil exécutif de Corse. Il conclut sa prise de parole en citant François Mauriac : "La vengeance déguisée en Justice est notre plus affreuse grimace", "l'État vient de nous offrir, à nous Corses, sa plus affreuse grimace", lance Gilles Simeoni. 

Jean-Guy Talamoni parle quant à lui d'une décision "d'une gravité extrême." Il estime qu'elle va à l'encontre "des valeurs républicaine qu'elle que soit la République dont il s'agit. [...] Pour des raisons de vengeance d'État, on assume des positions illégales, inconstitutionnelles et contraires aux valeurs démocratiques. Cela ne peut pas nous laisser sans réaction. "

Dans un tweet, le député La République en Marche a soutenu Gilles Simeoni. "Sa colère est légitime ; le droit, rien que le droit doit s'appliquer y compris en Corse et en matière carcérale. Le statut DPS n'est plus rationnellement  justifié pour Pierre Alessandrie et Alain Ferrandi", écrit-il. 

Le ministre de la Justice écarté

Le 18 décembre dernier, le Premier ministre a interdit au garde des Sceaux "des actes de toute nature relevant des attributions du garde des Sceaux, ministre de la Justice, relatifs aux conditions d’exécution des peines et au régime pénitentiaire de personnes condamnées qui ont été, directement ou indirectement, impliquées dans les affaires dont il a eu à connaître en sa qualité d’avocat (…)"

En clair, Eric Dupond-Moretti, par ce décret, ne peut plus statuer sur le retrait du statut de détenu particulièrement surveillé (DPS) à Alain Ferrandi et Pierre Alessandri, sur lequel il devait se prononcer.

L'ex-pénaliste connaît bien l'affaire : en 2011, il a assuré la défense d'Yvan Colonna, jugé aux côtés d'Alain Ferrandi et Pierre Alessandri pour l'assassinat du préfet Claude Erignac. Les trois hommes ont été condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité.

En 2006, Eric Dupont-Moretti avait également obtenu l'acquittement de Jean Castela, suspecté de faire partie de la "cellule du Nord" du commando Erignac.

Au 1er août 2018, on recensait 273 DPS en France. Selon l’administration pénitentiaire, la prison de Borgo n’est pas apte à recevoir des transferts de prisonniers inscrits au répertoire DPS.

 

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