Tourisme en Corse : une saison 2021 satisfaisante, mais un secteur à réinventer

Si les chiffres de la fréquentation touristique sont satisfaisants, de nombreux dysfonctionnements, notamment dans la gestion des flux, ont été observés par l'agence du tourisme de la Corse. Ce 15 septembre, l'institution a livré une ébauche des actions qu'elle compte mettre en place.

La crise du Covid19 n'aura pas arrêté les touristes cet été. Selon les chiffres de l'Agence du tourisme de la Corse (ATC), la fréquentation globale de l'île est en forte hausse comparée à la saison précédente avec +43 % de passagers transportés en juillet et +9 % en août.

Néanmoins, l'avant et l'arrière-saison restent encore insatisfaisantes pour l'ensemble des hébergeurs. "Il est nécessaire que la Corse ne soit pas seulement une destination saisonnière. Il faut que nous sortions de la léthargie hivernale qui peut entraîner des problèmes lourds pour les entreprises. Car parfois, certaines d'entre elles n'arrivent pas à combler le manque à gagner des mois creux pendant les saisons ", commente la nouvelle présidente de l'ATC, Angèle Bastiani.

En se basant sur les statistiques* de l'été 2021, plusieurs constats ont été dressés : dans l'île, le secteur, souffre de concentrations temporelle, géographique et de provenance. Ainsi, 52 % des vacanciers ont fréquenté l'île entre juillet et août ; seuls quelques sites naturels ou urbains sont particulièrement prisés ; 85 % des touristes sont Français et sont originaires des régions Île-de-France, Provence-Alpes-Côte d'Azur et Rhône-Alpes. "Nous faisons face à une situation de mono tourisme et d'un schéma unique de fréquentation de l'île duquel il faut se dégager", reprend Angèle Bastiani.

Reconquérir la clientèle italienne

Plusieurs actions vont donc être mises en place par l'ATC, à commencer par la reconquête de la clientèle étrangère qui représente actuellement 28 % des vacanciers. "Pour commencer, nous allons cibler l'Italie. Ils sont moins de 10 % des touristes, c'est un chiffre bas au vu de notre proximité géographique et culturelle. Nous allons donc lancer une opération de promotion de la destination Corse en Italie et travailler avec l'office des transports et les compagnies aériennes pour développer les voyages vers et depuis l'Italie", explique la présidente de l'ATC. Si elle est concluante, cette méthode sera également appliquée à d'autres pays cibles.

Autre piste placée comme prioritaire : la déconcentration des flux touristiques et leur éclatement géographique. "Pour une meilleure circulation, nous comptons mieux guider les vacanciers dans leur expérience, et ce, de manière plus encadrée." Pour atteindre ces objectifs, l'ATC espère pouvoir développer les tourismes alternatifs (sportif, affaire, bien être, patrimonial ou encore sports hivernaux). "L'idée est de proposer des parcours les plus complets possibles, voire du sur-mesure."

Afin de territorialiser sa politique touristique, l'agence du tourisme de la Corse va entamer une tournée dans les neuf territoires insulaires.

* Les chiffres communiqués par l'ATC doivent être affinés courant octobre.

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