Toussaint : des messes sous protection en Corse

Ce dimanche 1er novembre en Corse, la fête de la Toussaint est placée sous le signe de la sécurité. Quelques jours après l'attentat de Nice, la vigilance est de mise alors que le plan Vigipirate est passé en "urgence attentat" dans tout le pays.

Sécurité renforcée ce matin aux abords de la chapelle des Grecs à Ajaccio.
Sécurité renforcée ce matin aux abords de la chapelle des Grecs à Ajaccio. © Yann BENARD / FTV
L'attentat de la basilique de Nice est encore dans tous les esprits. Ce dimanche 1er novembre en Corse, les messes de la Toussaint font l'objet d'une surveillance policière toute particulière.
Ajaccio, 1er novembre 2020.
Ajaccio, 1er novembre 2020. © Yann BENARD / FTV
À Bastia, l'église Notre-Dame de Lourdes ne fait pas exception. Des dizaines de policiers et de CRS patrouillent aux abords de l'édifice religieux mais également dans les cimetières. Pour la directrice adjointe de la DDSP de Haute-Corse, Laëtitia Prignot, "il s'agit de sécuriser tous les lieux de culte notamment catholiques"

Des dispositifs fixes sont mis en place pour les messes, des dispositifs dynamiques sont placés au niveau des cimetières et de tous les autres lieux de culte, "pour montrer notre présence et sécuriser la population".

Une présence policière qui rassure

Cette présence policière vise à rassurer les fidèles mais aussi le curé, Georges Nicoli : "On a déjà porté l'angoisse du Covid depuis plusieurs moins, maintenant il y a cette angoisse-là des menaces qui se fait sentir".

"Je pense que c'est bien que les gens se sentent accompagnés par les services d'État et les services de sécurité", estime-t-il. 

Police, gendarmerie, CRS, renseignements mobilisés

Vendredi, le préfet de Corse Pascal Lelarge avait confirmé au micro de France Bleu RCFM "l'allocation des moyens de police, de gendarmerie, de CRS et de renseignements que nous avons dans l'île".

"Cela se fera aussi par des contacts resserrés avec les responsables religieux, à commencer par l'Église catholique, mais pas que...", a-t-il alors déclaré.

Invité sur le plateau de France 3 ViaStella vendredi, François Ravier, préfet de Haute-Corse, a fait le point sur la menace terroriste sur l'île.
Le préfet de Haute-Corse François Ravier a fait le point sur la menace terroriste en Corse.
Le préfet de Haute-Corse François Ravier a fait le point sur la menace terroriste en Corse. © DR
"Le risque en Corse est considéré comme de bas niveau, mais c’est une raison de plus pour être extrêmement attentif à chacune des situations que nous pouvons rencontrer", a-t-il jugé.

À ce jour en Corse, 15 personnes sont fichées pour radicalisation à caractère terroriste (2 à 3 seraient incarcérées), alors que plus de 8.000 personnes sont inscrites au fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT) en France. 

"Ne pas tomber dans le piège de la division"

Après l'attentat de Nice qui a coûté la vie à deux femmes et un homme, l'évêque de Corse Mgr Olivier de Germay a appelé à "se serrer les coudes pour ne pas tomber dans le piège de la division" "Il ne s’agit pas de tomber dans une lutte d’une communauté contre une autre. Mais de lutter ensemble contre le terrorisme", a déclaré Mgr Olivier de Germay.

Annulation des célébrations publiques au mois de novembre

Si la protection policière est de mise, la protection sanitaire n'en est pas moindre, à l'heure où la progression du Covid-19 est inquiétante sur l'île.

Confinement oblige, l'évêché d'Ajaccio a annoncé jeudi dernier que toutes les célébrations publiques étaient annulées jusqu'au 1er décembre, à l'exception des obsèques et des célébrations de la Toussaint, sous une protection renforcée.

Les cimetières et les fleuristes sont encore ouverts jusqu'à ce soir. 
 
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