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Viggianello : l'Ecopol, une solution à la crise des déchets ?

Les prémices de l'Ecopol, à quelques centaines de mètres de l'actuel site d'enfouissement / © viastella
Les prémices de l'Ecopol, à quelques centaines de mètres de l'actuel site d'enfouissement / © viastella

Il voit son projet comme l'une des seules alternatives à court terme pour résorber cette crise. Alexandre Lanfranchi, gestionnaire de l'actuel centre d'Enfouissement de Viggianello, veut créer l'Ecopol à proximité du site qui arrivera bientôt à saturation. Reste à obtenir le soutien des autorités.

Par Sébastien Bonifay

Des solutions pour sortir d'une crise des déchets qui perdure, et qui, chaque année, est plus préoccupante. 
Tout le monde dit y réfléchir, y être sensible, travailler sur le sujet, mais rien de concret n'a encore vu le jour.
 
Camion déchargeant des poubelles dans la décharge de Prunelli (Archives) / © France 3 Corse
Camion déchargeant des poubelles dans la décharge de Prunelli (Archives) / © France 3 Corse

Et en cette fin d'été, refrain connu, l'un des deux centres d'enfouissement, à Prunelli di Fium'Orbu, a fermé ses portes aux déchets ramassés hors des limites de la communauté de communes. 
Reste Viggianello, qui pourrait, lui aussi, être submergé par les déchets. 
La crise, une nouvelle fois, s'annonce en même temps que l'automne. 

 


Alexandre Lanfranchi, lui, a une solution. 
Ou, à tout le moins, un projet. 
Celui qui, aujourd'hui, gère Viggianello, croit à l'Ecopol. 
 
Alexandre Lanfranchi devant le bâtiment qui pourrait accueillir son Ecopol / © viastella
Alexandre Lanfranchi devant le bâtiment qui pourrait accueillir son Ecopol / © viastella
 

Mon ecopol a un mode de fonctionnement différent

Un deuxième site, toujours sur la commune, qui permettrait selon lui de faire face à la demande. 
Pour l'heure, rien n'est en place, hormis des hangars de tôle, mais Alexandre Lanfranchi nous décrit à quoi cela pourrait ressembler bientôt : "Vous avez toute une chaîne de tri, et les déchets seront triés dans cet entrepôt, les parties valorisables seront mises dans des containers, et tout ce qui est organique, et non valorisable ira dans la partie enfouissement, en espérant qu'il y en ait le moins possible."
 
Pour l'heure, l'Ecopol semble être le projet le plus abouti. Suffisamment en tout pas pour avoir atterri sur le bureau des services de l'Etat, qui sont en train de le passer au crible. 
 
Alexandre Lanfranchi attend le feu vert des autorités / © viastella
Alexandre Lanfranchi attend le feu vert des autorités / © viastella

Alexandre Lanfranchi, en attendant leur réponse, veut déjà se projeter. 
"Il nous faut entre six et huit mois à peu près pour la commande de la chaîne de tri, qui est une commande spécifique. Il n'y a pas aujourd'hui d'offre standard dans le domaine. Il faudra à peu près le même délai pour réaliser les terrassements... Donc si l'on a un feu vert au premier septembre, il nous faudra huit mois dans le pire des cas pour être opérationnels. Mon Exopol est un autre mode de fonctionnement, ce n'est pas la même chose que celui des centres un peu archaïques... Ils sont aux normes, c'est vrai, mais un peu archaïques tout de même. Dans les nouveaux centres il n'y aura pas de nuisance."

Manière de rassurer les habitants de Viggianello, qui s'inquiètent de continuer à recevoir tous les déchets de l'île, et se sont réunis en collectif il y a quelques mois...
 
 

Entre six et huit mois pour être opérationnels


Du côté des élus locaux comme de la Collectivité de Corse, on est également dubitatifs. 
Lors de l'enquête publique, elle a émis un avis défavorable sur le projet. 
Nous n'avons pas réussi à obtenir de leur part un commentaire sur la question. 
 
L'actuel centre d'enfouissement de Viggianello / © viastella
L'actuel centre d'enfouissement de Viggianello / © viastella

Bref, pas sûr que, dans huit mois, l'Ecopol puisse voir le jour à Viggianello. 

Le dossier des déchets en corse est complexe, ses méandres sont de plus en plus nombreux.
Et, une chose est sûre, il semble de plus en plus sensible...

Alexandre Lanfranchi se dit décidé à mener son projet à terme. Mais au fil de la conversation, il nous confie que les tensions et les enjeux sont tels qu'il se voit obligé d'évoluer sous protection. 



 

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