Yvan Colonna : Franck Elong Abé était-il un "indic" ?

Les travaux de la commission d’enquête parlementaire sur l’agression mortelle d’Yvan Colonna se poursuivent ce mercredi 18 janvier avec l’audition - à huis clos - des services de renseignement de la prison d’Arles. Au cœur des débats, une question : Franck Elong Abé était-il un indicateur des services de renseignement ? Pour certains députés, le doute est permis.

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Les 29 députés chargés de faire la lumière sur l’agression mortelle d’Yvan Colonna le 2 mars dernier à la prison d’Arles se réunissent pour la deuxième semaine consécutive. Les travaux ont repris à huis clos mardi 17 janvier, avec l’audition des services de renseignement de l'établissement pénitentiaire.

L’objectif : avoir des précisions sur le parcours carcéral de Franck Elong Abé, mis en examen pour l'assassinat d'Yvan Colonna. Avec une interrogation majeure : ce dernier était-il un indicateur des services de renseignement ? La question, posée en commission, serait restée sans réponse, l'administration pénitentiaire se réfugiant derrière le secret défense.

"Un doute important"

De quoi soulever "un doute important", selon Jean-Félix Acquaviva, président de la commission. "A la question de savoir si Elong Abé pouvait être potentiellement une source d'information, un indicateur pour les services de renseignement, on nous a opposé le secret défense de manière assez hâtive, indique le député de Haute-Corse. Ce qui laisse place à un doute important sur le fait qu'il peut être une source de renseignement, et ce qui expliquerait beaucoup de choses dans la cascade des éléments qui ont décidé d'un régime favorable le concernant. C'était un moment fort de la commission."

Vers une demande de levée du secret défense

Une question également posée par Ugo Bernalicis, député La France Insoumise de la deuxième circonscription du Nord, lui aussi membre de la commission d'enquête. 

"Quand il s'agit de savoir les relations de Monsieur Elong Abé avec les services de renseignement pénitentiaire, si lui-même pouvait être une forme d'élément de renseignement, là ils se sont réfugiés derrière des arguments juridiques du secret défense. Donc chacun en tirera les conclusions qu'il a envie d'en tirer, mais il y a quand même beaucoup d'éléments qui intriguent", indique-t-il. 

Une hypothèse néanmoins rejetée par Laurent Marcangeli, rapporteur de la commission, au regard des auditions qui ont pris place ce mercredi 18 janvier. "Ce qui nous a été dit aujourd'hui nous laisse quand même à penser que le profil psychologique très particulier de Franck Elong Abé, son parcours carcéral en règle général et son parcours de vie sont peu compatibles avec le statut d'indicateurs. Sans répondre par oui ou par non, le doute qui a pu naître de la réponse d'hier a été, pour moi, levé."

Pour autant, et afin de faire toute la lumière sur cette affaire, certains députés envisagent appellent désormais à la levée du secret défense : président et rapporteur de la commission ont ainsi conjointement fait part de sa volonté de demander la déclassification du rapport administratif de la DGSI concernant Franck Elong Abé, "pour faire toute la lumière sur son parcours en Afghanistan".

Retrouvez l'interview de Jean-Félix Acquaviva par nos équipes :

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Jean-Félix Acquaviva, député de Haute-Corse ©P. NANNINI-C. GIUGLIANO/FTV

Une procédure rare, et strictement encadrée, pour laquelle les députés devront obtenir l'accord du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, et d'Elisabeth Borne.

Cela sera-t-il de nature à trancher si oui non le détenu aurait pu être un indicateur de police ? Impossible à dire pour le moment.

Reste tout de même une nouvelle question qui semble avoir émergé des auditions tenues ce mercredi : comment expliquer que malgré l'état psychologique décrit comme instable de Franck Elong Abé, celui-ci ait pu exercer les fonctions d'auxiliaire au sein de l'établissement pénitentiaire ? Un point sur lequel les députés seront amenés à travailler au cours des prochaines auditions.