Cet article date de plus de 8 ans

Un programme européen pour comprendre la diminution du nombre d'anguilles dans le Rhin

Depuis 20 ans, la population d'anguilles dans nos fleuves a été divisée par 10. Un programme européen de recherche a été lancé pour comprendre les raisons de cette raréfaction.
Les anguilles équipées d’un émetteur sont lâchées près du barrage de Kembs
Les anguilles équipées d’un émetteur sont lâchées près du barrage de Kembs
En l'espace de deux décennies, la population d'anguilles dans nos fleuves a été divisée par 10. Pour comprendre les raisons de cette raréfaction, un programme européen de recherche a été lancé, auquel participe EDF, l'Agence de l'eau et d'autres partenaires locaux. Depuis deux ans, 200 à 300 anguilles équipées d'émetteurs sont lâchées dans le Rhin en amont de Kembs.




        Dans le cadre du programme de recherche sur l’anguille du Rhin, des anguilles équipées d’un transpondeur (émetteur) sont pour la troisième année consécutive lâchées cet automne près du barrage de Kembs. Lors de leur dévalaison, elles sont détectées lorsqu’elles passent au-dessus des antennes placées dans le lit du fleuve ou du Grand Canal d’Alsace.

Six stations de détection pour le suivi de la dévalaison des anguilles argentées ont été installées dans le lit du Rhin entre Kembs et Strasbourg. Elles permettent d’étudier les voies de passage des anguilles, notamment au niveau des aménagements hydroélectriques entre le barrage, les écluses et la centrale, de fournir des éléments quant à la dynamique de dévalaison des anguilles sur un grand cours d’eau et ainsi de mieux comprendre les comportements complexes des anguilles.

D’une durée d’au moins 5 ans, le programme de recherche, dont l’Unité de Production hydroélectrique Est d’EDF est le maitre d’œuvre, est réalisé en coopération avec l’Agence de l’Eau Rhin Meuse, l’Office National de l’Eau et des Milieux Aquatiques (ONEMA), l’Association Saumon-Rhin, la Petite Camargue Alsacienne, un pêcheur professionnel français et la Fédération de Pêche du Bas-Rhin. Le financement du budget de 2,5 millions d’euros pour la période 2009 - 2014 est assuré à parts égales par EDF et l’Agence de l’Eau Rhin Meuse.


Contexte biologique
L’anguille fait partie des poissons qui se déplacent entre zone de reproduction et zones de développement. Elle vit alternativement en eau douce et en eau de mer (poisson amphihalin). Pour se reproduire en mer des Sargasses, à l’est des iles Bermudes, elle doit traverser l’océan Atlantique. Les larves font ensuite le chemin inverse pour arriver sur les côtes européennes où elles vont se transformer en civelles. C’est en eau douce que l’anguille effectue son cycle adulte. Au fur et à mesure de leur croissance, les individus vont coloniser les eaux continentales pour vivre une dizaine d’années dans nos rivières. A ce stade, les anguilles ne sont pas encore adultes et ont une couleur jaunâtre (anguille jaune). La dernière métamorphose, le passage de l’anguille jaune à l’anguille argentée, conditionne l’animal à la migration de dévalaison et à la reproduction.

Contexte historique
Jusque dans les années 1980, les anguilles ont été considérées comme des nuisibles. C’est seulement en 1984 que le classement en "espèce nuisible" a été levé. L’intérêt pour l’écosystème du Rhin supérieur s’est nettement accru à la suite de "l’accident Sandoz", en 1986 à Bâle. En ce qui concerne l’anguille, la situation est complexe. L’évolution de ses effectifs, qui ont tendance à régresser, ne touche pas le seul bassin versant du Rhin, mais englobe a minima toute l’Europe et ses fleuves. Les interactions sont donc beaucoup plus complexes, d’autant plus que toute sa migration marine vers la mer des Sargasses ainsi que sa phase de reproduction recèlent de nombreuses inconnues. Les causes potentielles du déclin général du cheptel d’anguille sont assez bien identifiées mais leur importance respective reste encore mal connue.

Principales causes de mortalité :
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