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Début du procès Bamberski à Mulhouse

André Bamberski devant la salle d'audience au tribunal de Mulhouse / © F3 Alsace
André Bamberski devant la salle d'audience au tribunal de Mulhouse / © F3 Alsace

Ouverture ce matin du procès d'André Bamberski. L'homme de 74 ans doit répondre de l'enlèvement de celui qu'il tient pour le meurtrier de sa fille Kalinka en 1982, Dieter Krombach. Devant le refus de l'Allemagne d'extrader cet homme, André Bamberski avait « accepté l'offre » de l'amener en France.

Par Guillaume Kuster

L'image de ce début de procès, c'est la grande accolade qu'André Bamberski a donnée à l'un des ravisseurs présumés de celui qu'il a toujours tenu pour le meurtrier de sa fille. Dès qu'il est entré dans la salle d'audience, Mr Bamberski a serré dans ces bras l'un de ceux qui a permis le transport en France de Dieter Krombach pour qu'il soit traduit en justice. Cette embrassade en dit long sur la reconnaissance du père meurtri pour ce kosovar qui comparait avec lui pour ce procès.

André Bamberski a longuement pris dans ses bras l'un de ceux qui aurait enlevé Dieter Krombach pour qu'il soit traduit devant la justice française. / © F3 Alsace
André Bamberski a longuement pris dans ses bras l'un de ceux qui aurait enlevé Dieter Krombach pour qu'il soit traduit devant la justice française. / © F3 Alsace

Plus tôt ce matin, accompagné de son avocat, André Bamberski est venu affronter la justice persuadé d'avoir pris la bonne décision en « acceptant l'offre [qui lui] a été faite de transporter le Dr Krombach en France », comme il l'a expliqué avant le procès. Le 17 octobre 2009, le médecin allemand que son pays a toujours refusé d'extrader en France a été enlevé devant son domicile bavarois et a été retrouvé enchaîné à proximité du tribunal de Mulhouse quelques heures plus tard.

Ce « transport » a permis à la justice française de juger Dieter Krombach à deux reprises pour sa responsabilité dans la mort de la fille d'André Bamberski, Kalinka, en 1982. Le médecin allemand a ainsi été condamné à deux reprises à 15 ans de réclusion criminelle, fin 2011 puis fin 2012, pour violences volontaires aggravées ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Sa condamnation est devenue définitive début avril, après le rejet de son pourvoi en cassation.

« Il a accompli son devoir de père »


André Bamberski ne s'est exprimé qu'au travers de son avocat à son arrivée au tribunal. Me Laurent De Caunes a déclaré : « Si il y a quelqu'un qui respecte la justice, c'est bien Mr Bamberski. Il a agi pour satisfaire à son devoir de père, mais il a agi aussi pour permettre à la justice d'accomplir son devoir. Donc il arrive devant la justice dans le respect et par conséquent il redoute la justice comme tout justiciable qui s'avance devant elle. ».

Me Laurent de Caunes
Maître Laurent de Caunes, avocat d'André Bamberski

Dieter Krombach, qui à 79 ans purge sa peine à la prison de la Santé à Paris, n'assistera pas à l'audience en raison de son état de santé, ont indiqué ses avocats. Me Philippe Ohayon explique que son client « attend juste qu'on le reconnaisse en qualité de victime ». L'homme, qui avait été blanchi par la justice allemande pour la même affaire en 1987, s'est porté partie civile dans le procès d'aujourd'hui. La stratégie de ses avocats est de montrer ce qu'ils appellent la face cachée d'André Bamberski, comme l'affirme Me Ohayon : « Il y a une face policée de cette affaire, c'est à dire celle d'un père héroïque et meurtri. Par contre il y a une face cachée : tabasser quelqu'un pendant huit heures, le torturer, l'assener de coups… il aurait pu mourir Ms Krombach. Est-ce cela la justice ? »

Maître Philippe Ohayon
Avocat de Dieter Krombach


Deux jours d'audience


André Bamberski doit répondre devant le tribunal correctionnel de Mulhouse d'enlèvement et séquestration en bande organisée, ainsi que de complicité de violences volontaires. Il comparait aux côtés des deux hommes qui ont procédé au rapt, un Kosovar de 43 ans et un Géorgien de 28 ans, auteurs présumés de l'enlèvement, ainsi qu'une journaliste autrichienne de 54 ans soupçonnée d'avoir joué l'intermédiaire entre eux et M. Bamberski.

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