Mort de Corentin à Metz : l'intervention a duré neuf heures

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Écrit par Jcdr avec AFP
Corentin, 11 ans, mort le 2 novembre 2014 des suites d'une opération ratée de l'appendicite, à l'hôpital-clinique Claude-Bernard à Metz (57)
Corentin, 11 ans, mort le 2 novembre 2014 des suites d'une opération ratée de l'appendicite, à l'hôpital-clinique Claude-Bernard à Metz (57) © France 3 Lorraine

Les médecins ont tenté 9 heures durant, en vain, de sauver le petit Corentin, 11 ans,  le 1er novembre 2014 lors d'une opération de l'appendicite à Metz, et ont notamment attendu deux heures avant d'ouvrir son abdomen à la recherche d'une hémorragie.

Les médecins ont tenté 9 heures durant, en vain, de sauver le petit Corentin, 11 ans, début novembre lors d'une opération de l'appendicite à Metz, et ont notamment attendu deux heures avant d'ouvrir son abdomen à la recherche d'une hémorragie, selon un compte rendu d'opération consulté par l'AFP.

Selon une chronologie de l'opération, révélée vendredi par Le Républicain lorrain, l'intervention a été arrêtée le 1er novembre à 11H30 lorsqu'un choc a été constaté à la pose d'un tube utilisé pour des coelioscopies.
Selon une source proche du dossier, c'est à cette occasion que l'aorte de l'enfant aurait été touchée.

Mais les médecins ont attendu deux heures avant d'ouvrir l'abdomen à la recherche d'une possible hémorragie, réalisant au préalable des examens cardiologiques et un bilan sanguin afin de tenter de comprendre pourquoi le coeur du patient s'était emballé, selon le document consulté par l'AFP.

Au total, sept praticiens dont trois chirurgiens se sont affairés au chevet de l'enfant qui mourra le lendemain au CHU de Nancy, où il n'a été transféré en urgence qu'au bout de neuf heures d'opération à Metz.

"La chronologie de l'intervention soulève des questions, notamment s'il n'aurait pas été plus judicieux de transférer Corentin beaucoup plus tôt à Nancy". Me Marc Baerthelé, l'avocat de la famille de Corentin.

Des doutes sur le mode opératoire


L'avocat s'interroge en outre sur le mode opératoire choisi.

"Les recommandations de la Haute autorité sanitaire, dans le cadre de coelioscopies infantiles, sont de pratiquer une incision préalable pour être sûr de ne pas toucher d'organe vital. Or dans ce cas, je ne dispose d'aucun élément qui montre qu'on a bien pratiqué une incision préalable."


Contactée par l'AFP, une porte-parole de l'hôpital-clinique Claude-Bernard s'estrefusée à tout commentaire, soulignant qu'elle coopérait pleinement avec les autorités de santé régionales ainsi qu'avec la justice dans le cadre de leurs enquêtes respectives sur ce dossier.
Ces enquêtes devront déterminer si des erreurs d'appréciation ou des fautes pénales ont pu être commises par les médecins.

Le parquet de Metz a ouvert une information judiciaire contre X, tandis que des investigations sont menées par l'Agence régionale de santé (ARS), dont les résultats seront transmis à la justice.
Les parents de Corentin ont porté plainte contre X dès le lendemain du décès.

Les expertises pourraient être longues


Dans une affaire similaire survenue dans les Yvelines en septembre 2013, l'instruction n'est toujours pas terminée.

Dans cette affaire, les juges d'instruction enquêtent depuis décembre 2013 sur la mort d'une adolescente de 17 ans, Elody, décédée le 25 septembre des suites d'une banale opération de l'appendicite dans une clinique de Saint-Germain-en-Laye.
Les expertises sont toujours en cours pour éclaircir les circonstances de l'opération conduite par le chirurgien.

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