Une serre du futur construite à Neuenburg

Les salades poussent dans des bacs, les racines puisant les éléments nécessaires au développement de la plante dans l'eau enrichie par les poissons. / © F3 Alsace
Les salades poussent dans des bacs, les racines puisant les éléments nécessaires au développement de la plante dans l'eau enrichie par les poissons. / © F3 Alsace

La serre est capable de produire des légumes et du poisson avec le minimum d'énergie possible, et sans recours au pétrole. Le concept s'appuie sur le principe de l'aquaponie, un circuit fermé qui reproduit un mini-écosystème dans un bâtiment de 200 m2.

Par Guillaume Kuster

Le principe de l’aquaponie, c’est de raccorder des bassins de poissons avec des serres de culture maraîchère. L’eau contenant les déjections des poissons est filtrée puis sert à irriguer les plantes, qui profitent de cet engrais naturel. En retour, les salades, concombres et autres plants de tomates purifient l’eau qui peut être ré-injéctée dans le bassin des poissons. Dans les grandes lignes, ce système fermé reproduit et condense un cycle naturel. L’exploitant de la serre peut ainsi prélever régulièrement et vendre les légumes et les poissons.

Les bacs dans lesquels sont élevés les poissons communiquent avec les bacs de culture des salades. / © F3 Alsace
Les bacs dans lesquels sont élevés les poissons communiquent avec les bacs de culture des salades. / © F3 Alsace

Un goût inchangé

La serre est capable de produire des fruits et légumes toute l’année, et pour tuer dans l’œuf un a priori, ils n’ont rien du goût de poisson. Pour avoir goûté un plant de salade produit sur place, je n’ai pas noté de différence d’avec une salade de culture biologique en plein champs. Les promoteurs du projet détaillent d’autres avantages de la culture sous serre. En étant isolées du sol, les cultures ne subissent pas les attaques de parasites comme les escargots. Les traitements sont donc inutiles et la production doit pouvoir être certifiée biologique.

La serre doit être capable de consommer le moins d'eau et d'énergie possible / © F3 Alsace
La serre doit être capable de consommer le moins d'eau et d'énergie possible / © F3 Alsace

Sécurité alimentaire

Pour augmenter l’efficacité de cette nouvelle forme d’agriculture, les concepteurs de la serre ont bardé la serre de panneaux solaires qui doivent produire l’essentiel de l’énergie nécessaire au fonctionnement des systèmes de pompage et de chauffage du bâtiment. L’objectif de la société créatrice de ce projet, EBF, est de se passer complètement du pétrole. « Aujourd’hui, tout notre modèle alimentaire dépend du pétrole, explique Franz Schreier, le fondateur d’EBF. Que ce soit pour faire fonctionner les tracteurs, les systèmes d’irrigation, le séchage des céréales, la fabrication des emballages, le transport vers les lieux de vente… tout est basé sur le pétrole ». La logique des créateurs de la serre est que si l’on veut éviter une montée en flèche des prix de la nourriture, qui suivre celle à long terme des prix du pétrole, il faudra trouver d’autres techniques de culture et d’élevage. L’aquaponie est donc pour eux une façon de sécuriser la production de nourriture et de maintenir des prix raisonnables.

La surface exposée à la lumière du jour de la serre est couverte de panneaux solaires / © F3 Alsace
La surface exposée à la lumière du jour de la serre est couverte de panneaux solaires / © F3 Alsace

Réduire le coût de construction de la serre

Le prototype grandeur nature de la serre a coûté 500.000 €. EBF est bien consciente que ce prix est trop élevé pour que des agriculteurs soient intéressés par la technique. « Notre but est de réduire le coût à 100.000 € grâce à l’optimisation de nos techniques, ce qui rendra l’exploitation de la serre économiquement viable » explique Franz Schreier. Deux à trois autres prototypes de serre doivent être construits à Neuenburg.

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