3 raisons de VOIR ou REVOIR le documentaire “Gainsbourg Bashung, Fantaisie Nelson”

Deux artistes, deux parcours, un seul album partagé et tant de points communs / © France 4
Deux artistes, deux parcours, un seul album partagé et tant de points communs / © France 4

Leurs chemins se sont croisés une seule fois: Gainsbourg et Bashung se sont rencontrés pour réaliser l'album "Play blessures". Voici trois bonnes raisons de regarder "Gainsbourg Bashung, Fantaisie Nelson", un documentaire de Stéphane Basset, lundi 17 juin après le Soir 3.
 

Par Sophie Gueffier

Qui a-t-il de commun entre Gainsbourg et Bashung, au-delà de leur parcours d'artistes chanteurs? Un album, réalisé en 1982 par les deux hommes, alors que tous deux vivaient des moments de fragilité : Play Blessures, un album atypique. Pourtant, à la lumière du documentaire de Stéphane Basset, se dégage une sorte de ligne commune. Voici trois bonnes raisons de le voir ou revoir. 
 

Un peu à la manière d'un lycéen provocateur rendant une copie d'examen en mode "quitte ou double", j'ai bien envie de vous dire:
  1. Gainsbourg 
  2. Bashung 
  3. Ça suffit comme ça non ? "No comment"

Mais ce ne serait pas rendre grâce au documentaire de Stéphane Basset. Alors je prends ma souris à plumes et je développe.


1 - Failles et fêlures

L'un n'avait pas de père. L'autre n'aurait pas dû naître. 

Ma maman ne m'a pas voulu, ce qui fait que j'ai 45 ans de sursis; elle voulait se faire avorter, elle voulait "me sauter".
- Serge Gainsbourg, 1973

Leur attaché de presse, à tous deux, le confirme. 

Ils n'étaient pas heureux, mais ils ne voulaient pas être heureux.
- Jacky Berroyer, attaché de presse

Lors de la sortie de l'album "Play Blessures",  fruit de leur unique collaboration, Bashung déclare "Je suis là pour jouer (play) avec les blessures et les souffrances."

Ainsi se construisent les créations artistiques de ces deux auteurs, sur les failles et les manques, les blessures et les fêlures.


2 - Les maux et les mots

Dans la famille de l'un, on parlait l'alsacien, dans celle de l'autre le russe. Ils se sont emparés du français avec une plus grande appétence. Ils s'autorisaient avec la langue une très grande liberté. Bashung explique : "J'essaye de me foutre en état d'instinct (...). Il faut aller au-delà de l'intelligence. Tout ce qui est instinctif est très beau". Un de ses amis confirme "il adorait garder les erreurs de tout le monde: comme "je courrirai moins"". Bashung est vu comme un avant-gardiste, un déconstructeur de langage. 

À sa manière, Gainsbourg aussi était un déconstructeur de langage, ou plus exactement un constructeur mêlant et mixant les mots dans un ordre inattendu. Tout en se pliant aux règles académiques. Un talentueux "tritureur" de termes. Un amateur de perles.


3 - Les héritiers

La nouvelle scène française, comme avant elle la précédente et après elle la suivante, revendique l'héritage de ces deux maîtres des mots et des mélodies.

Vianney s'est prêté au jeu de l'interprétation:"je suis venu te dire que je m'en vais" / © France 4
Vianney s'est prêté au jeu de l'interprétation:"je suis venu te dire que je m'en vais" / © France 4


Bertrand Belin, Elodie Frégé, Fishbach, Laura Cahen, Perez, Grand Blanc, Gaëtan Roussel ou encore Vianney, tous interprètent à leur manière une chanson de l'un ou l'autre. En accoustique ou amplifié, seuls ou accompagnés, ils perpétuent le repertoire "Gainsboro-Bashungien". 

Laissons le mot de la fin au grand Serge: 

La chanson française n'est pas morte. Un langage est à inventer, musical et de mots. Tout est à faire.

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