Ecologie : de plus en plus de communes alsaciennes optent pour les bio-seaux pour recycler les biodéchets

Rund um. La loi ordonne à toutes les communes françaises de proposer une solution pratique de tri des biodéchets à leurs habitants d'ici 2025. Beaucoup de villes, villages et communauté de communes alsaciens n'ont pas attendu cette décision pour mettre en place un système simple : équiper chaque foyer d'un bio-seau pour récolter les épluchures et restes de table.

En France, on jette en moyenne 70 kg de biodéchets chaque année. Pour lutter contre le gaspillage alimentaire et une pollution inutile - puisque les déchets sont incinérés - la loi ordonne à toutes les communes françaises de proposer une solution pratique de tri des biodéchets d'ici 2025. Beaucoup de lieux n'ont pas attendu la législation et ont opté pour le recyclage des biodéchets en installant des bornes appelées abribacs. 

A Erstein, les agent de la communauté de communes sont en train de distribuer les derniers bio-seaux. D'ici peu, les 12.000 habitants en seront fournis. "Je trouve que c'est une super idée. On triait déjà le verre et le papier, mais c'est vrai que les déchets alimentaires, on les jetait à la poubelle. Là, on va pouvoir pousser le tri un peu plus loin", témoigne Christian Schneider, un Ersteinois qui vient de recevoir son bio-seau.

Chaque bio-seau est composé d'une multitude de sachets kraft ainsi que d'un fascicule. "Ainsi, les habitants voient ce qu'ils peuvent mettre dans le sachet : restes de tables, coquilles d'œufs, de Saint-Jacques... ceux qui ont déjà un compost peuvent également y mettre des éléments qu'ils ne peuvent pas composter", explique Sylvain Fournier, agent de distribution. 

Changer les habitudes des habitants pour réduire la quantité de déchets dans la poubelle, voilà exactement l'objectif du dispositif, qui s'adresse particulièrement aux résidents d'immeubles collectifs. Eric Pack habite dans un appartement et témoigne de la difficulté du compostage dans un espace si restreint : "j'avais acheté un bac à compost que j'ai mis sur mon balcon, mais je pense que celui-ci était trop petit. Résultat, c'était devenu invivable d'être sur le balcon, ne serait-ce pour boire un verre entre amis, tant cela attirait les mouches et les guêpes. J'ai donc dû ôter le bac". Le principe du bio-seau le ravit : "pas d'odeur, un principe simple et écologique. Je vais pouvoir réduire ma poubelle de taille !" s'exclame-t-il.

Laurent Jehl, vice-président de la communauté de communes d'Erstein, a accéléré le processus avant que la loi ne devienne obligatoire : "les gens étaient vraiment en demande. D'autant plus que dans certaines communes aux alentours, cela fait quelques temps que le dispositif existe".

C'est notamment le cas de la commune d'Holtzheim. Pia Imbs, maire et présidente de l'Eurométropole de Strasbourg, a fait distribuer des bio-seaux et installé des abribacs en 2019. Au vu du bilan très positif - 80 % des foyers sont équipés en bio-seaux et 72 tonnes de déchets ont été revalorisées depuis le début - elle a décidé d'étendre le dispositif à toute l'Eurométropole. Les 33 communes seront donc équipées d'ici 2025. "Nous serons la première métropole à aller aussi loin en matière de recyclage des biodéchets", assure Pia Imbs.

Les déchets sont transférés dans l'unité de méthanisation d'Oberschaeffolsheim. "Ils arrivent dans une cuve, puis ils sont broyés deux fois avant de passer dans l'hygiéniseur puis la mélangeuse", explique Yvon Friedmann, exploitant méthanisation. Ensuite, les déchets passent trois semaines à 55 °C. Ce processus de méthanisation créé un gaz - le biogaz - qui est ensuite injecté dans le réseau d'Électricité de Strasbourg. Cette production de gaz permet de chauffer l'équivalent de 1950 logements chaque année.

Le reste devient du digestat liquide (9 000 tonnes) ainsi que du compost (8 000 tonnes). Les agriculteurs du coin les récupèrent. Jean-Luc Meppiel, agriculteur à Oberschaeffolsheim, vient depuis la construction de l'usine. Il apporte du fumier et en échange, il repart avec du digestat liquide. "Nous en utilisons 20 m² par hectare. Cela nous permet de réduire jusqu'à 30% l'utilisation d'engrais chimiques". Et il l'utilise sur toutes ses cultures : "pour le blé, le maïs, les betteraves sucrières et même les pommes de terre". Un retour à la terre qui permet un cercle vertueux, que de plus en plus de communes adoptent.