Le riche passé du plus haut village d'Alsace

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Sujet Rund um en alsacien sous-titré ©France Télévisions

Aubure, dans le Haut-Rhin, est connu pour être le plus haut village d'Alsace, apprécié des randonneurs. Ce que l'on connaît moins, c'est son riche passé - la commune a par exemple accueilli de nombreux malades de la tuberculose jusque dans les années 1950. Découvrons-le avec des villageois.

C’est un village perché à 800 mètres d’altitude. Le plus haut village d’Alsace. Et c’est là justement la principale qualité d’Aubure : l’air pur, la nature, les paysages. Ce qui a fait la renommée du village jusque dans les années 1950, pour l’accueil des malades de la tuberculose. Arthur Kletty, villageois et guide touristique pour les visiteurs à la belle saison, nous montre une photo de l’établissement de ses arrière grands-parents : "C’était la toute première pension de famille ouverte à Aubure, autour de 1886".

Ensuite, plus d’une dizaine d’établissements du même genre ont reçu des malades un peu plus aisés, ou qui pouvaient cotiser dans des caisses spéciales. "A l’époque, nous étions allemands, et Bismarck a créé ces caisses. J’entendais souvent ma famille parler des gens du train, par exemple", poursuit Arthur Kletty.

L'ozone d'Aubure pour soigner la tuberculose

Une période prospère pour la commune, qui comptait alors deux boulangeries-pâtisseries, une épicerie et une mercerie, là où il ne reste aujourd’hui qu’un seul commerce, l’épicerie-bistrot "Chez Marinette", au centre du village. Ce succès était dû à la forte concentration en ozone de l’air, connu pour tuer le bacille de Koch de la tuberculose. Les malades devaient rester des semaines, voire des mois en cure, pour respirer l’air d’Aubure.

Dans les deux anciens sanatoriums du village, ils devaient rester plusieurs heures dehors, par tout temps, au quotidien, pour remplir leurs poumons. Aux Bruyères, le sanatorium jadis réservé aux femmes, les médecins veillaient au grain. "Les femmes, entre elles, avaient tendance à papoter… elles se faisaient gronder par le médecin durant sa ronde !" raconte malicieusement notre guide auburien.

La découverte et l’arrivée de la pénicilline sur le marché, au milieu du 20e siècle, mit fin à cet âge d’or. Mais l’accueil des malades resta dans les mœurs des Auburiens, avec les centres de santé Salem et le Muesberg (sur le ban communal de Fréland), aujourd’hui fermés, dans lesquels travaillaient de nombreux habitants. Claude Umbrecht, ancien maire de la commune, y était lui-même employé. "Il est vrai qu’avant la fermeture du Muesberg, il y a près d’une quinzaine d’années, Aubure comptait 425 habitants. Nous ne sommes plus que quelque 380."

Un village coupé en deux

Bien sûr, ce ne sont pas les seules turbulences qu’Aubure a connues dans son histoire. Certaines ont laissé de profondes traces. Comme le « no man’s land », une zone verte, jamais construite, séparant le haut ("haut-bout") du bas ("hinterdorf") du village. Un vestige de la guerre de trente ans, au 17e siècle.

A l’époque, le village, à dominante protestante et germanophone, s’est retrouvé décimé par les Suédois. Le roi Louis XIV a alors fait venir des Welches, catholiques et plutôt francophones, pour s’y installer. Ils ont obtenu les meilleures parcelles de terre, dans la partie haute du village.  René Maire, doyen du village, connaît encore le patois welche. "J’aime bien le parler avec des gens de Fréland ou d’Orbey", nous raconte-t-il.

Un nouveau camping pour les randonneurs ?

Dans le Parc des Ballons des Vosges, la commune voit souvent passer des randonneurs sur le tracé du GR5. Mais pour ce qui est de leur accueil, les structures manquent. "Des villageois les laissent parfois camper dans leur jardin", raconte Marie-Paule Gay, maire d’Aubure. Alors, il y a quelques années, la commune a entamé un bras de fer juridique avec l’ancien propriétaire du camping à l’entrée de la commune.

"Nous, ce que nous voulons, c’est que les campeurs puissent avoir un endroit où s’arrêter", poursuit Marie-Paule Gay. "Ce qui n’était pas la volonté de l’ancien propriétaire, qui souhaitait privilégier la clientèle de cabanes qu’il a fait construire sur le terrain". Le projet de 700 000 euros devrait prendre forme dans les prochaines années. De quoi séduire les amateurs de randonnées et d’air pur. Et d’histoire, peut-être.

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