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Que sait-on de l'ancien Waffen-SS alsacien toujours indemnisé par l'Allemagne ?

Parmi la liste des bénéficiaires figure un Alsacien. / © BENELUXPIX/MAXPPP
Parmi la liste des bénéficiaires figure un Alsacien. / © BENELUXPIX/MAXPPP

D'anciens Waffen-SS vivant en France seraient toujours indemnisés par l'Allemagne en tant que victimes de guerre. L'un d'eux est alsacien et a rejoint la 3e division blindée SS Totenkopf. 

Par C.C.

Les députés belges votaient le 19 février une résolution demandant au gouvernement de plaider auprès de Berlin la fin des indemnités accordées par l'Allemagne aux collaborateurs belges. Quelques jours plus tard, c'est le ministère du travail allemand qui indiquait à la presse, via l'AFP, que 2.033 personnes dans le monde dont 54 en France, touchaient ces indemnités. Une enquête du Monde publiée le 4 juin précise que plusieurs de ces bénéficiaires seraient des anciens SS, dont un Alsacien.


Qui sont les bénéficiaires de cet argent versé par l'Allemagne ? 

Contacté, le cabinet de Geneviève Darrieussecq, la secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées, confirme les informations révélées par le quotidien. Il y aurait 2.023 personnes indemnisées hors Allemagne, dont 54 vivant en France d'après le cabinet, et parmi eux 21 veuves, 6 orphelins et 27 blessés de guerre. Parmi ces 27 personnes, 18 sont allemands, (dont 10 soldats) et 9 sont français. Parmi ces 9 Français, quatre sont des femmes blessées lors de bombardements et cinq sont des soldats. Trois des cinq soldats étaient français au moment des faits, les deux autres étaient allemands et ont obtenu la nationalité française plus tard. Le cabinet a indiqué avoir demandé des renseignements supplémentaires à l'Allemagne, conjointement avec le Quai d'Orsay, sur le parcours des bénéficiaires et des époux des veuves bénéficiant de cet argent. Le Monde précise que les bénéficiaires vivant en France reçoivent en moyenne 350 euros par mois. 


Que sait-on du bénéficiaire alsacien ? 

Parmi les cinq soldats concernés figure un Alsacien. Selon les informations du cabinet, il se serait engagé volontaire dans une division SS de police, à une date inconnue puis, en 1943, il aurait intégré la division SS Totenkopf. Le cabinet précise que l'homme se serait engagé volontaire et qu'il ne serait pas un Malgré-nous, du nom des Alsaciens et Mosellans incorporés de force dans l'armée allemande. Le cabinet ne connaît ni son visage, ni son identité, ni son lieu de résidence actuel précis, sachant simplement qu'il vit en France. 


Qu'est-ce que la division Totenkopf dont il faisait partie ? 

La 3e division blindée SS Totenkopf ("Totenkopf" équivaut à "tête de mort") était l’une des divisions blindées de la Waffen-SS. Elle comprenait notamment des gardiens de camps de concentration et d'extermination nazis. Elle est considérée comme faisant partie des divisions SS les plus brutales. Plusieurs massacres ont été commis par cette division. Selon les informations du cabinet, l'Alsacien aurait rejoint la division en 1943 et aurait combattu en son sein en URSS.  


Des mesures ont-elles été prises pour que l'argent ne bénéficie pas à des criminels de guerre ? 

La loi de 1950 dont dépendent les sommes d'argent versées, a vu un nouveau critère s'ajouter en 1998 : les bénéficiaires ayant violé "les principes d'humanité ou l'Etat de droit", cite Le Monde, ne peuvent plus être bénéficiaires. Le Centre Simon-Wiesenthal du nom de son créateur, connu pour traquer les nazis, a ainsi fourni une liste de milliers de noms à l'Allemagne. Quatre-vingt-dix-neuf noms ont été supprimés de la liste des bénéficiaires à la suite de l'utilisation de ce document. Comme l'indique Le Monde, un historien rattaché au centre a travaillé sur la question et a estimé qu'en 1998, environ 45.000 anciens SS devaient faire partie de la liste du million de bénéficiaires d'alors.

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