VIDEO. "Je suis là du lundi au samedi, souvent même le dimanche, ça nourrit ma vie", portrait de bénévoles heureux

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Sujet Rund um en alsacien sous-titré ©France Télévisions

En pleine crise du bénévolat, eux revendiquent leur engagement. Lucien et Bernard, deux citoyens qui se disent épanouis grâce au temps offert aux autres. Ils partagent leurs motivations et leurs satisfactions. Et nous invitent même à suivre leurs traces.

Donner, certes, mais recevoir tout autant en retour. Le bénévolat, un enrichissement mutuel, c'est le message que veulent faire passer Lucien Danguel et Bernard Strauel. L'un et l'autre sont à pied d'œuvre depuis de nombreuses années dans le monde associatif. Ils l'affirment sans détour, s'engager les rend heureux.

Il n'y a qu'à voir le large sourire sur les lèvres de Lucien, aux aguets au bord du bassin de la piscine de Sélestat (Bas-Rhin), pour le deviner. 50 ans qu'il forme de jeunes nageurs de tous les niveaux. Entre conseils et blagues, il est dans son élément au milieu des enfants et des adolescents.

"À l’époque, j’aurais adoré faire de la natation mais c’était trop cher, inaccessible. Donc aujourd’hui, je me dévoue pour les jeunes. Nous sommes tous des bénévoles, nous ne touchons pas de salaire, rien. Ce qui nous permet de proposer des tarifs abordables. Les clubs qui embauchent des salariés doivent payer des salaires. Donc la cotisation est plus chère. Mes copains ouvriers m'auraient dégommé si je leur avais dit de donner 500 euros pour une cotisation", explique-t-il.

Être utile et donner un sens à sa vie

Le sentiment d'être utile, de donner un sens à sa vie. Il est sur le pont tous les jours de la semaine, même le dimanche, jour des compétitions. C'est lui aussi qui joue les chauffeurs pour conduire les nageurs du collège et du lycée vers la piscine à la sortie des cours : "Ils s'entraînent plusieurs fois par semaine, après les cours. Je les admire".

À 78 ans, ce pilier du SC Sélestat Natation est en forme olympique, sans doute dopé à l'énergie renvoyée par les jeunes. Il ne s'arrête jamais. Quand il n'est pas près de l'eau, il "travaille" dans le bureau qu'il a aménagé dans sa cave. Réalisation d'un calendrier, vente de chocolats, excursions, stages à l'étranger... il est à l'origine de toutes les idées pour faire vivre le club.

"Quand je discute avec ma femme et que je lui dis que j’ai une idée, elle me répond « Calme toi, va déjà au bout de la précédente. »"

Lucien Danguel

Bénévole au SC Sélestat Natation

"J’ai besoin de m’occuper : mettre en place de nouveaux projets ou en rafraîchir des anciens, mais faire quelque chose dans tous les cas. Quand je discute avec ma femme et que je lui dis que j’ai une idée, elle me répond « calme toi, va déjà au bout de la précédente ». Mais tout cela ça nourrit ma vie, j’aime ça. En avril, on va partir en stage en Espagne avec une vingtaine de jeunes : on va nager le matin et visiter l'après-midi. C'est à chaque fois une superbe aventure", confie Lucien, heureux... comme un gamin.

S'il reconnaît avoir de la "chance" d'être tombée sur une femme "compréhensive", qui compose avec ses absences, il n'a pas pour autant sacrifié sa vie de famille. Pour combiner son engagement bénévole et ses proches, il a trouvé la solution : transmettre le virus à ceux qui l'entourent. Ses enfants, ses petits-enfants, sa soeur, tout le monde est mobilisé : "J'ai dit à mes enfants que s'ils ne suivent pas, je les déshérite".

Porté par des expériences personnelles

Bien souvent, le bénévolat renvoie à des expériences très personnelles. C'est le cas pour Bernard Strauel. Il s'est engagé auprès de la Ligue contre le cancer du Haut-Rhin après avoir été directement touché par la maladie. Son père et l'un de ses beaux-frères en sont morts, lui en est guéri. "Je pense à tous les malades, si je peux aider à mon petit niveau...", expose-t-il.

Sa mission : faire la tournée des entreprises pour collecter des cartouches d'encre vides, puis les trier et les vendre à des sociétés capables de les reconditionner. Chaque année, 10.000 euros sont récoltés pour huit tonnes de cartouches. 

"Ça me fait plaisir d'être utile", assure Bernard lui aussi. Il parcourt jusqu'à 300 kilomètres certains jours de collecte. L'occasion de voir du pays et de s'occuper : "Je vais jusque dans le Sundgau, je traverse de beaux paysages. Parfois, j'ai l'impression d'être en vacances".

"Pouvoir sortir comme nous le faisons permet de croiser beaucoup de monde, des gens d’horizons très différents."

Bernard Strauel

Bénévole à la Ligue contre le cancer du Haut-Rhin

Et ce qui compte également pour lui, ce sont les rencontres que lui apporte son engagement : le temps partagé avec les autres membres de l'association, tous les lundis matin dans leur local à Colmar, et les connaissances qu'il se fait sur sa route. "Pouvoir sortir comme nous le faisons permet de croiser beaucoup de monde, des gens d’horizons très différents. Cela va du personnel de déchetterie au directeur d’usine. C’est très varié."

Fort de cette richesse, Bernard lance un appel : "Il y a des besoins, dans toutes les associations. Je ne peux qu’inciter les plus jeunes à se lancer dans le bénévolat. Ça n’apporte que du positif !". Lui collectionne les cartouches à vendre depuis douze ans et son réservoir est encore bien rempli.