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Ardennes. Ces passionnés qui défendent le patois Champenois

Les "Ramounis", un groupe de folklore ardennais, tiennent à déclamer en champenois les scénettes qui rythme leur spectacle de danses traditionnelles. / © Alexis Dumoulin / France 3 Champagne-Ardenne
Les "Ramounis", un groupe de folklore ardennais, tiennent à déclamer en champenois les scénettes qui rythme leur spectacle de danses traditionnelles. / © Alexis Dumoulin / France 3 Champagne-Ardenne

Comme beaucoup de langues régionales, le Champenois et sa variante locale l’Ardennais, sont de moins en moins utilisés dans les foyers. Mais quelques amoureux veulent préserver cet héritage.

Par J.J.A.

Doyes, bequot ou chicanner. Ces mots vous sont peut-être (très) familiers, mais pourtant, ils n’appartiennent pas à la langue française. Ces expressions nous viennent directement du Champenois, le patois champardennais.

Autrefois parlé des Ardennes jusqu’à la Champagne icaunaise et la Brie Champenoise, le champenois et ses variations locales tombent peu à peu en désuétude. Même dans les Ardennes, où on l’a le plus longtemps parlé couramment, les locuteurs se font de plus en plus rares. Alors, quelques passionnés se battent pour préserver ce petit bout de patrimoine.

"Ça fait partie du patrimoine national"

Bernard Poplineau est l’un des plus ardents défenseurs du champenois ardennais. Cet ancien professeur d’anglais et d’allemand est l’un des derniers locuteurs natifs (le champenois est sa langue maternelle) de la région. Président de Lou Champaignat, une association consacrée à la préservation de la culture champardennaise et à sa langue, il a enregistré plusieurs album de chansons en champenois ardennais, et donne même des cours de culture ardennaise dans les écoles primaires. "La langue champenoise ardennaise est en déperdition malheureusement" explique-t-il "Il faut y faire attention".

De leur côté, les "Ramounis", un groupe de folklore ardennais, tiennent à déclamer en champenois les saynètes qui rythme leur spectacle de danses traditionnelles. C’est un instituteur à la retraite, René Godi, qui a créé cette association. Originaire du sud de la France, il a appris des rudiments de Champenois pour être capable de comprendre ses élèves lorsqu’ils le parlaient entre eux. Il sait que le champenois ne sera probablement plus jamais parlé dans les familles comme il l'était dans certains villages il y a encore 50 ans. Mais il s'agit de "laisser trace" dit-il. "C'est pour mettre dans la tête des gens que ça n'est pas si lointain que ça". Son petit groupe utilise le parlé de la vallée Sedan. Faute d’avoir dans leur rang un Ardennais qui parle couramment la langue, c’est avec des lexiques de vocabulaires et avec l’aide des anciens qu’ils écrivent leurs textes.

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