Ardennes : un infirmier récolte plus de 64.000 euros pour une cagnotte covid aux profits des soignants

Quand il l’a lancée en avril, Vincent, un infirmier des Ardennes, ne se doutait pas qu’il récolterait autant d’argent, plus de 64 000 €. Aujourd’hui la question, c’est de savoir comment et à qui reverser le fruit de la cagnotte.
 
"Ça touche au cœur il y a des histoires dramatiques, des soignants qui sont décédés du Covid, alors si l’argent peut apporter un peu de réconfort." Pendant la pandémie, cet infirmier libéral comme beaucoup d’autres n’a pas ménagé sa peine. On s’en doute. Des journées à rallonge, une fatigue extrême, des précautions pour ne pas contracter la maladie et la transmettre en particulier à ses proches.

Mais dans le peu de temps qui lui restait, une belle idée, une de celles qui fait du bien au moral et au cœur : lancer une cagnotte en se disant que l’argent irait aux personnels soignants, ceux qui étaient aux premières loges quand les malades étaient si nombreux. Et aussi pour les familles des soignants morts du Covid.
 
Pourquoi s'être lancé là-dedans ? "Le constat qu’on a fait, explique l’intéressé, c’est qu’au début de la pandémie, on envoyait des soignants sans protection, certains y ont laissé leur vie." Il ajoute : "les policiers décédés lors des attentats terroristes ont reçu de l’argent de l’état, les soignants, non."


Une cagnotte de plusieurs dizaines de milliers d'euros

"De nombreuses cagnottes ont été lancées par mes collègues, précise Vincent Caruel, mais nous, on a voulu faire quelque chose de différent.
Avec d’abord une priorité, une aide aux familles des soignants morts durant le début de l'épidemie du Covid, ensuite une aide aux soignants agressés, on a cassé les voitures de certains pour y voler du matériel, des masques ou du gel hydroalcoolique. Ou encore ces infirmiers rejetés par leur voisin, menace à l’appui".


Enfin, la cagnotte doit aussi alimenter les professions médicales pour l'achat de matériel, notamment pour équiper les services de réanimation. Au 27 août, ce sont ainsi 64.000 € qui ont été récoltés. C'est un pot solidaire qui a été retenu par Vincent. Présent sur internet, il a vocation à collecter de l’argent pour les grandes causes avec une satisfaction pour Vincent : "le site ne nous prélève aucun pourcentage quand d’autres prélèvent de 3 à 4 % de commission."
 

Et c’est à une problématique qu’il n’avait pas soupçonné à laquelle il est désormais confronté : que faire de tout cet argent ? Plus précisément combien redistribuer et à qui ? Sous quelle forme ?

"Dans un souci de transparence, on n’a pas voulu que l’argent aille sur nos comptes personnels", explique l’infirmier. Faisant référence aux arnaques qui existent lorsqu’il s’agit de collecter de l’argent pour des causes humanitaires ou solidaires. D’autant que des cagnottes comme celles-ci ont fleuri depuis le début de la pandémie, on en compterait 10.000 en France. Avec des sommes avoisinant au total six millions d’euros (source le Parisien).
 

La priorité maintenant que la somme est importante, c’est imaginer la façon de redistribuer l’argent. "On aimerait avoir un appui des médias pour dire voilà, on souhaite verser une somme à tous les soignants qui de près ou de loin, ont été touchés par le Covid. Mais pas une somme dérisoire", précise le créateur de la cagnotte : "d’abord, on veut vérifier à qui on donne et des enveloppes de 500 à 1000 €."

L’argent devrait être reversé dans les semaines qui viennent. Enfin, une adresse e-mail a été crée pour communiquer avec les créateurs de la cagnotte en ligne : solidaritesoignantcoronavirus@gmail.com


 
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