L'ADN partiel d'Estelle Mouzin retrouvé sur un matelas dans l'ancienne maison de la sœur de Michel Fourniret

L'ex-femme de l'ogre des Ardennes, Monique Olivier affirme que Michel Fourniret a enlevé, violé et étranglé la jeune fille de 9 ans, disparue depuis 17 ans. Les enquêteurs ont retrouvé des traces ADN d'Estelle Mouzin sur un matelas dans l'ancienne maison de la sœur du tueur en série. 
Le samedi 13 janvier 2018, le père d'Estelle Mouzin (au centre) a ouvert une marche silencieuse pour ne pas oublier sa fille disparue le 9 janvier 2003.
Le samedi 13 janvier 2018, le père d'Estelle Mouzin (au centre) a ouvert une marche silencieuse pour ne pas oublier sa fille disparue le 9 janvier 2003. © PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP PHOT
Les auditions de l'ex-épouse de Michel Fourniret, Monique Olivier, avaient débuté mardi à Paris dans le bureau de la juge d'instruction chargée des investigations sur la disparition d'Estelle Mouzin en 2003. 17 ans après, Monique Olivier a de nouveau parlé et fait des révélations. L'ex-femme de l'ogre des Ardennes a affirmé que Michel Fourniret avait enlevé la fillette et qu’il l’avait emmenée à Ville-sur-Lumes (Ardennes) "pour la séquestrer, et qu’il l’avait violée et étranglée." C'est ce qu'a déclaré à la presse ce vendredi 21 août 2020 son avocat Richard Delgenes.

Monique Olivier, 71 ans, est désormais mise en examen pour « complicité » dans l’enquête sur la disparition de la fillette de 9 ans enlevée à Guermantes (Seine-et-Marne). Mais "il reste des investigations à mener pour découvrir où est le corps", a ajouté Richard Delgenes. 

Le dossier de cette disparition non-élucidée va de rebondissements en rebondissements. A la fin du mois de novembre 2019, Monique Olivier avait fini par contredire, devant la juge, l’alibi qu'elle et son ex-mari avait toujours avancé pour le jour de l’enlèvement de la fillette à sa sortie de l’école. Cette confession avait mené quelques jours plus tard à la mise en examen de Michel Fourniret pour « enlèvement et séquestration suivis de mort ».
 

Les aveux de Monique Olivier

Des traces d'ADN partiel d'Estelle Mouzin ont été retrouvées sur un matelas à l'intérieur de la maison de Ville-sur-Lumes (Ardennes) ayant appartenu à la soeur de Michel Fourniret, a indiqué l'avocat de Monique Olivier, Richard Delgenes ce vendredi soir à France Inter.

La juge d'instruction a pu obtenir des expertises ADN notamment sur un matelas qui avait été retrouvé à Ville-sur-Lumes. Sur ce matelas, se trouve de l'ADN partiel d'Estelle Mouzin à deux endroits différents. L'expert ne peut pas affirmer à 100% qu'il s'agit d'Estelle Mouzin parce que l'ADN est partiel, il a été mélangé à des traces ADN d'une autre victime (…) Cela signifie qu'Estelle Mouzin a été sur ce matelas-là"

Richard Delgenes, avocat

"Avec les aveux de Monique Olivier tels qu'ils ont été faits ce matin, on a la confirmation sûre et certaine de la culpabilité de Michel Fourniret, en tout cas c'est ce que je pense", a ajouté maître Delgenes.
 

Le corps jamais retrouvé

Début mars, le tueur en série de 78 ans, qui souffre de troubles de la mémoire, avait finalement formulé des aveux: "Je reconnais là un être qui n’est plus là par ma faute", avait-il déclaré à la juge Sabine Khéris, estimant  "pertinent" que le corps, jamais retrouvé, puisse être dans l’une de ses anciennes propriétés des Ardennes. Les fouilles, menées fin juin pendant quatre jours dans une maison ayant appartenu à sa soeur à Ville-sur-Lumes (Ardennes), ainsi que dans son ancien château du Sautou, n’ont toutefois pas permis de retrouver le cadavre.
 

Michel Fourniret, entre propos ambigus et troubles de la mémoire

Contactée, Sophie Renon – la présidente de l’association Estelle Mouzin – explique qu’Éric Mouzin, le père de la fillette, et l’association ne souhaitaient pas commenter "l'actualité quelle qu’elle soit", pour éviter toute "perturbation médiatique" dans la progression de l’enquête menée par la juge Sabine Kheris.

Le tueur en série, déjà condamné plusieurs fois à la réclusion criminelle à perpétuité, est détenu à la prison d’Ensisheim (Haut-Rhin). Âgé de 78 ans, il souffre de troubles neurologiques dégénératifs.

 
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