Ardennes : à Charleville-Mézières, des oeuvres données par des artistes et vendues aux enchères au profit des soignants

Pour aider financièrement les soignants de Charleville et de Sedan, la galerie Stackl’R a été à l'initiative d'une vente aux enchères caritative, ce samedi 20 juin, à Charleville-Mézières. La moitié des 21 oeuvres offertes par 18 artistes partenaires ont trouvé preneur. 
 
La vente a commencé à 14h, dans l'hôtel des ventes de Charleville-Mézières.
La vente a commencé à 14h, dans l'hôtel des ventes de Charleville-Mézières. © Sébastien Valente / France Télévisions

À moins d’un quart d’heure de la vente aux enchères, Alain Bozetti est curieusement calme. « Je ne sais pas si ça va prendre, mais dans tous les cas, c’est pour un beau projet », lance le propriétaire de la galerie Stackl’R à Sedan. Dans quelques minutes, les œuvres vont commencer à être présenté devant un public un brin différent des habitués de sa galerie. Car ce samedi 20 juin, à l’hôtel des ventes de Charleville-Mézières, l’événement est d’abord caritatif : les recettes de la vente des peintures, sculptures et dessins présentés seront reversées aux hôpitaux de Charleville-Mézières et de Sedan.

« L’idée m’est venue pendant le confinement. On était à l’arrêt, comme tous les commerces, et nos artistes ne pouvaient plus exposer, raconte Alain Bozetti . On était impuissant, alors j’ai voulu aider les soignants, lier les mondes de l’art et de la santé. » Il parle de son projet autour de lui aux artistes qui sont habitués à exposer chez lui, à la galerie Stackl’R à Sedan. Beaucoup, en majorité des Ardennais, adhèrent à l’initiative, et acceptent de céder une de leur œuvre. Bientôt, c’est le commissaire-priseur Martial Bournier qu'il parvient à convaincre. Il animera la vente bénévolement, sans frais de vente.

Sur l'ensemble des ventes, près de la moitié ont été effectué par des acheteurs en ligne.
Sur l'ensemble des ventes, près de la moitié ont été effectué par des acheteurs en ligne. © Sébastien Valente / France Télévisions



« C’est bon enfant pour les artistes et les acheteurs »


Dans la salle de l’hôtel de ventes où sont présentés les lots, seule une dizaine de personnes ont eu un accès physique à l’enchère. Les autres, c’est virtuellement qu’ils suivent la séance. « Parmi ceux qui se mobilisent aujourd’hui, une majorité vient des Ardennes, voir de la diaspora ardennaises », glisse maître Bournier. 

Maître Martial Bournier mène les enchères sans prendre de commission.
Maître Martial Bournier mène les enchères sans prendre de commission. © Sébastien Valente / France Télévisions


En neuf ans de métier, c’est la première fois que le commissaire-priseur assiste à une donation effectué par les artistes eux-mêmes, dans le cadre d’une enchère. Parmi les pièces importantes, figure une peinture de l'Ardennais Simon Cocu, « Ramures et feuillages ». Autre pièce de choix, offerte par la galerie Spackl’R : une lithographie du sculpteur César. « Même si les autres artistes sont moins connus, ce n’est pas l’enjeu de la vente, explique maître Bournier. C’est bon enfant pour les artistes et les acheteurs, ils viennent d’abord dans l’esprit d’aider les soignants. »

Une mentalité que confirme le galeriste Alain Bozetti : « Les artistes ont été très conciliants, je n’ai pas eu de mal à les convaincre. Certains sont même venu à moi spontanément. »
 


La vente se poursuivra pendant l’été 


En tant qu’artiste permanent à la galerie, Nicolas Canu a été très vite approché par Alain Bozetti. D’emblée, il a été intéressé : « J’ai adhéré à 100 % au projet. Même à notre petit niveau, en tant qu’artiste, je suis content qu’on puisse aider. »

Initialement, il devait présenter en mars à la galerie ses photos représentant des lieux abandonnés. Problème : deux jours plus tard, le président annonce le début du confinement. « C’est à partir de ces travaux que je n’ai pas pu dévoiler, qu’Alain a choisi une photo pour l’enchère» Rémois d’origine et ardennais d’adoption, il tenait à montrer, avec cet évènement caritatif, que la vie culturelle n’était pas morte dans les Ardennes : « Malgré l’annulation d’événements importants comme le Cabaret vert ou le festival mondial des théâtres de marionnettes, la culture est toujours bien vivante dans notre département. »


Après la clôture des enchères près de la moitié des lots ont étés vendus, dans une fourchette de prix allant de 50 € à 500 € pour les pièces les plus prisées. « C’est un beau succès, les acheteurs ont joué le jeu », glisse Martial Bournier. L’initiative ne s’arrête pas à la salle des ventes : les œuvres qui n’ont pas été achetées pourront encore être acquises à la galerie Stackl’R, qui prolongera son action jusqu’au 29 août. 

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