Accident rare de hockey sur glace, un homme grièvement blessé après avoir reçu un palet en pleine tête, "on a eu un concours de circonstances assez incroyable"

Un accident rare et particulièrement grave s'est produit lors d'un match de hockey sur glace à la patinoire de Charleville-Mézières (Ardennes). Un employé a été heurté en pleine tête par un palet frappé à toute vitesse. Il a été grièvement blessé.

L'effroi à la patinoire de Charleville-Mézières (Ardennes). Le samedi 24 février 2024, alors que les Carolos recevaient le club de hockey sur glace d'Amiens (Somme), un grave accident a eu lieu.

Cela concerne un employé de la patinoire Elena Issatchenko (du nom de l'ancienne championne soviétique de patinage devenue ensuite entraîneuse à Charleville). Âgé de 38 ans, il a reçu en peine tête un palet lancé à pleine vitesse. Cet équipement peut paraître léger et inoffensif lorsqu'il est posé et inactif, mais il ne faut pas s'y tromper lorsqu'on le frappe sur la glace. 

Appelé en urgence à 17h38, le service départemental d'incendie et de secours (Sdis) des Ardennes a dépêché trois pompiers. Un véhicule de secours et d'assistance aux victimes (VSAV) a été dépêché sur les lieux, situés promenade de la Warenne, dans les quartiers sud de la ville (voir sur la carte ci-dessous). 

Les pompiers ont dû intuber la victime, qui a perdu connaissance. Elle a été transportée en état d'urgence absolue - elle est grièvement blessée - vers les hôpitaux de Reims (Marne), distants de 77 kilomètres. 

La police était sur place, de même qu'une personne d'Ardenne métropole, l'agglomération de Charleville. C'est de cette communauté de communes que dépend la patinoire, et on peut se poser la question de l'engagement éventuel de sa responsabilité. 

Un "incroyable concours de circonstances"

Maire de Charleville et président de l'agglo' (LR), Boris Ravignon a confirmé à France 3 Champagne-Ardenne que l'individu "va mieux, il a repris conscience et se repose". Son état serait rassurant, malgré la "grande douleur" qu'il ressent à la tempe, là où il a été frappé. 

"Ce qu'on a compris de cet accident, c'est qu'il y a des protections tout autour de la patinoire, lors de l'entraînement - comme en match - et qu'on trouve des filets règlementaires derrière les buts et le long de la tribune. Là où il y a le public." Ainsi, "les trois quarts du pourtour de la patinoire" ont leurs filets, "sauf les zones où personne n'est censé passer"

Il aurait été debout, le palet ne l'aurait pas atteint à la tête.

Boris Ravignon, maire de Charleville-Mézières et président de l'agglomération Ardenne Métropole

"On a eu un concours de circonstances assez incroyable où le palet passe dans un endroit où il n'y a pas de public, et donc pas de filet. Il a percuté une colonne en bois, et fait quasiment un angle droit pour atteindre notre agent. Il se trouvait accroupi, au sol, en train de remettre une dalle. Il aurait été debout, le palet ne l'aurait pas atteint à la tête." 

Par conséquent, l'agglomération va réfléchir à renforcer les protections pour prendre en compte ce cas de figure. "On va peut-être devoir imposer le port du casque à nos agents quand ils sont aux abords de la patinoire. De mémoire, nous n'avions jamais connu d'incident de ce type sur l'un de nos agents, et nous devons prévoir même les cas les plus invraisemblables." 

Des protections en plexiglas (nom commercial passé dans le langage courant du polyméthacrylate de méthyle) ont été demandées au mois de janvier par le club de hockey de Charleville, rapportait L'Union. Mais Boris Ravignon soutient que "le dispositif qu'on a aujourd'hui, des filets, monte bien plus haut et est donc bien plus protecteur que le plexiglas. Naturellement, on a des échanges à ce sujet avec les clubs, et on continuera d'en avoir."

Cette patinoire, elle est aux normes.

Boris Ravignon, maire de Charleville-Mézières et président de l'agglomération Ardenne Métropole

"Ce qui est sûr, c'est que cette patinoire respecte les dispositions règlementaires fixées par les fédérations sportives, notamment de hockey et de patinage. On reste ouvert à l'amélioration de la sécurité, mais cette patinoire, elle est aux normes." Contacté, le club n'a pas souhaité faire de commentaire. 

Un précédent dramatique

Un palet de hockey est constitué à 100% de caoutchouc. Ce qui n'empêche pas les drames lorsqu'il est lancé à plus de 100 km/h, ce qui arrive bien souvent. Le club de Reims a en mémoire la mort d'un garçon de 8 ans, heurté de plein fouet à l'oreille par un palet lors d'un match à Dunkerque (Nord). Il en est mort quelques heures plus tard.

"C'est pour ça qu'on a beaucoup de protections", explique auprès de France 3 Champagne-Ardenne Yvan Bock, ancien gardien de haut niveau et actuel entraîneur du club rémois. "En tant que gardien, j'avais un gros plastron, des bottes de mi-cuisse à la pointe des pieds, un masque qui protège jusqu'au-dessous du menton, des gants renforcés pour capter ou dévier le palet. Parce que le palet, même s'il n'est pas hyper lourd, il est quand même dur." Après la mort d'un hockeyeur due à un palet dans la gorge, une équipe grenobloise a décidé d'imposer le port du protège-cou

"On est très bien protégé, mais le risque zéro n'existe pas." L'ancien gardien a déjà encaissé plusieurs palets, qui "marquent" les clavicules et les mains malgré l'épaisseur des protections. "Régulièrement, il peut arriver que le casque se détache et tombe."

Yvan Bock n'a jamais vu de spectateur ou de spectatrice victime d'un palet. Mais il a été témoin de plusieurs co-équipiers qui ont "pris des palets au visage, plusieurs fois", au point de défaillir. On imagine donc le choc subi par l'employé de la patinoire.