Affaire Anaïs Guillaume : des parties d'un squelette retrouvées dans la ferme de Philippe Gillet

Anaïs Guillaume n'a plus donné signe de vie depuis la nuit du 16 au 17 avril 2013.
Anaïs Guillaume n'a plus donné signe de vie depuis la nuit du 16 au 17 avril 2013.

Ce lundi 28 octobre, des ossements "faisant partie d'un squelette" ont été retrouvés à Fromy, dans les Ardennes, sur le terrain de la ferme de Philippe Gillet, le cultivateur reconnu coupable de la mort d'Anaïs Guillaume le 3 avril dernier.
 

Par FM avec Laurent Vilain

Une nouvelle qui interroge. La fille de Philippe Gillet s'est rendue sur les terres de son père, reconnu coupable du meurtre d'Anaïs Guillaume le 3 avril dernier, ce lundi 28 octobre. Accompagnée d'un ami, elle assure y avoir trouvé des ossements humains et a prévenu les gendarmes. Le site est actuellement gelé par les autorités. Ce mardi 29 octobre, le procureur de la république de Charleville-Mézières confirme qu'il s'agit "d'ossements évoquant un squelette humain"
 

Une lettre anonyme suspecte

Tout a commencé par une lettre anonyme reçue par l'avocat de l'accusé, Ghislain Fay, en septembre. Dans celle-ci, que nous avons pu nous procurer, l'auteur y mentionne Anaïs et la localisation de son corps. Il y est écrit :

Les coupables de la disparition d'Anaïs sont toujours en liberté. Anaïs était en vie jusqu'en avril 2016. Elle a été retenue contre sa volonté en Belgique. Avec tout ce qui était dans la gazette, facile de charger le culto. Comme le tas de fumier que les flics ont fouillé en face de sa ferme en 2015 y était toujours, elle a été enterrée avec de la chaux vive dessous et y est toujours. Les plaques de l'auto et le GSM sont dans la rivière au fond du petit pré après le terrain de foot à Linay. Faites les recherches, rendez le corps aux parents et arrêtez les véritables coupables.
- Lettre anonyme reçue par l'avocat de Philippe Gillet, Ghislain Fay.

Cette lettre étrange a été signalée à la justice par l'avocat du cultivateur ardennais, information qu'il nous a confirmée par téléphone. Faute de réponse rapide selon lui, la fille de l'agriculteur a décidé d'aller elle-même entreprendre les fouilles, ce lundi 28 octobre, précisément sous le tas de fumier que les gendarmes avaient déjà fouillé en 2015, sans succès. 
 

Le procureur prudent, la famille de la victime pas au courant

Du côté du procureur de Charleville-Mézières, on préfère rester prudent. La famille d'Anaïs Guillaume quant à elle, toujours dans l'attente de la découverte du corps, n'était pas au courant de la démarche de la fille de Philippe Gillet. Ils ont appris la nouvelle par hasard ce lundi: "Il y a tellement eu de lettres anonymes qui sont arrivées au début, que cela nous laisse perplexe, réagit Fabrice Guillaume, le père de la victime. Le seul truc qu'on a trouvé bizarre, c'est que ce soit envoyé à ses avocats à lui."
 
 

L'affaire Anaïs Guillaume en bref 

Le 3 avril dernier, la cour d'assises des Ardennes jugeait Philippe Gillet coupable du meurtre d'Anaïs Guillaume, disparue en 2013. La peine prononcée était d'ailleurs illégale, mais Philippe Gillet est toujours incarcéré. Le corps de la jeune femme n'a jamais été retrouvé, malgré de nombreuses fouilles entreprises dans le secteur de Fromy, où se trouvent les terres de l'agriculteur ardennais. Sa voiture avait également été retrouvée calcinée, sans plaques d'immatriculation. Son téléphone portable a également disparu.

En avril, il était également jugé pour des "coups mortels" assénés à sa femme, décédée en 2012. Pour ces faits, il a été aquitté. Début 2020, il sera à nouveau jugé par la cour d'assises de la Marne, le parquet ayant fait appel de la première décision. 

Ce qu'il va se passer après la découverte du squelette dans la ferme de Philippe Gillet

Jacques Louvier, l'avocat général au procès en première instance de Philippe Gillet, accusé du meurtre d'Anaïs Guillaume, nous explique en quoi la découverte d'un squelette sur les terres de l'agriculteur ardennais va modifier ou non, le cours de l'enquête.

Que va-t-il se passer maintenant ?
La présidente des assises a désigné un juge d'instruction pour procéder à un supplément d'informations. Ce sont ces investigations qui vont être faites sous l'autorité d'un juge d'instruction rémois.

Pourtant, M. Gillet a bien été jugé pour ce meurtre…
M. Gillet a effectivement été jugé, mais il a la possibilité de faire appel. Les deux parties, le ministère public et M. Gillet ont fait appel. Il doit être jugé en avril 2020.

Il doit être jugé en avril 2020, mais il y a une semaine encore, le corps d'Anaïs Guillaume n'avait toujours pas été retrouvé. Est-ce que ces récentes découvertes vont remettre en cause toute la procédure?
Cela ne remet pas en cause la procédure. Il y a un dossier d'instruction qui a été fait, c'est un supplément d'information. Donc la cour d'assises statuera en fonction des éléments de la procédure qui existait antérieurement et d'éventuels éléments nouveaux qui auront été apportés par ce supplément. On ne peut pas augurer de ce qu'on va trouver, donc la cour statuera en fonction de ces éléments.

Est-ce que cela signifie que le dossier est rouvert?
Ce n'est pas une réouverture. C'est la continuation de la procédure. Il doit être jugé par une cour d'assises d'appel, et on aura peut-être de nouveaux éléments qui vont s'ajouter à ceux qui étaient présents en première instance.

Est-ce un dossier compliqué pour un juge d'instruction ?
Le juge d'instruction a une mission déterminée par le supplément qui a été fait par la présidente des assises. C'est un cadre beaucoup plus restreint que celui du juge d'instruction habituellement, puisqu'il a des lignes directrices établies par un autre magistrat, qui est en charge de la cour d'assises.

Est-ce que cela pourrait repousser l'échéance ?
Le juge a un délai pour établir le supplément d'information. Sachant que si d'autres actes sont nécessaire et que la mission qui lui a été confiée n'est pas terminée, alors le procès pourrait être repoussé.

Propos recueillis par Charles-Henry Boudet

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