Réforme des retraites : l'IRM de la polyclinique de Charleville-Mézières inutilisable pendant dix jours suite aux coupures de courant

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Conséquences parmi d'autres des coupures volontaires de courant revendiquées par la CGT énergie des Ardennes, depuis le mercredi 8 mars, vers 14h45, les services d'imagerie de la polyclinique du Parc à Charleville-Mézières (Ardennes) sont inutilisables. Cela pourrait durer une dizaine de jours.

Il était 14h45 ce mercredi 8 mars, lorsque des coupures de courant ont eu lieu dans le secteur de la gare, à Charleville-Mézières (Ardennes). Un établissement de santé, la Polyclinique du Parc, a notamment dû être évacué par précaution, d'après Aurore Brévier, responsable de la communication chez Enedis. Cela pourrait concerner plus particulièrement la partie imagerie (radiographie, scanner, IRM) de l'établissement.

Une explosion à la Polyclinique du Parc

"Un bruit d'explosion a en effet été entendu lors d'un déclenchement de soupape de surpression, en toiture de l'établissement", selon un rapport écrit du SDIS (Service départemental d'Incendie et de Secours) des Ardennes. "C'est le système de refroidissement à l'hélium qui est monté en surpression." Une surpression engendrée par la coupure d'électricité du début d'après-midi. Techniquement, l'installation permet de refroidir les appareils d'imagerie de la clinique. Avec la surpression, l'IRM est inutilisable pour au moins 10 jours et entraîne de fait un chômage technique, toujours selon le rapport détaillé des sapeurs-pompiers des Ardennes.

Si toutes les personnes présentes ont dû être évacuées, aucun blessé n'est à signalé et aucun incendie n'a été déclenché. Reste que les coupures de courant qui ont eu lieu en début d'après-midi ce mercredi "sont illégales"."600 foyers au total ont été touchés par ces coupures volontaire", selon Aurore Brévier. Les équipes d'Enedis sont rapidement intervenues pour sécuriser les lieux. A 16H30, le courant était revenu."

Une plainte à nouveau déposée

Une plainte avait déjà été déposée le 7 mars, quand, en marge de la manifestation contre la réforme des retraites, des coupures volontaires de gaz et de courant s'étaient produites. "Des salariés grévistes, tous issus du même syndicat, étaient en cause. C'est à nouveau le cas aujourd'hui (ce mercredi 8 mars) et une plainte sera à nouveau déposée ce soir ou demain matin", affirme la responsable communication d'Enedis. "Nous avons repéré où ils étaient [ce mercredi] et c'est pour cela que nous sommes intervenus plus rapidement."

Confirmant ces informations, la préfecture des Ardennes dénonce et condamne ces "actes malveillants commis les 7 et 8 mars qui ont entraîné des coupures électriques et gazières dans le département des Ardennes, en particulier à Charleville-Mézières. Les coupures électriques ont concerné au total 2 700 abonnés. L’ensemble des usagers a été rétabli". Mais pour l'instant, aucune mesure à l'encontre des auteurs du trouble n'a été évoqué. 

Revendication des actes de coupures

Des actes revendiqués sur les réseaux sociaux par la CGT énergies. "La FNME-CGT revendique les actes suivants dans le cadre de sa lutte contre le projet de loir de réforme des retraites : 

  • Mise hors tension de deux postes sources producteurs pendant plus de 2h impact éco-nomique mais pas usagers - 36 MWH Salle de conduite du CEH EDF de Revin, barrage hydraulique, réquisitionnée par les grévistes, retrait du réseau de 800 MW, site improductif
  • Mise hors tension de la zone Industrielle de Poix Terron de minuit à 9H00 
  • Mise hors tension de 30 postes de distribution publique de Charleville-Mézières (dont commissariat, gare, CPAM, CAF, CAP SAM BP, ZI Forge Saint-Charles, ...) 40 concentrateurs retirés du réseau (télé-opération et télé-relèves impossibles) 
  • Mise hors tension de tous les radars ardennais.
  • Mise hors tension site de travail Enedis Prairie
  • Mise hors tension antennes téléphoniques + TV
  • Mise hors tension de la ZI de Lumes : DDE, Fédération électrique des Ardennes
  • Mise hors gaz 3 postes gaz, remise en gaz retardée par la direction qui a refusé l'intervention des gaziers ardennais après leur grève. 

En ce qui concerne les coupures de gaz, 730 abonnés au total sont concernés selon la préfecture des Ardennes. 500 d’entre eux restaient privés de gaz dans la soirée du 8 mars. "Les opérations de rétablissement sont en cours. Les fournisseurs sont mobilisés et bénéficient d'appui venus des autres territoires pour qu'il soit mis fin au plus vite à ces désagréments pour les usagers". Le préfet des Ardennes, déplore les conséquences pour la population impactée directement ou indirectement.

Les coupures de gaz privent en effet les foyers d’eau chaude et de chauffage, dans un contexte météorologique difficile. Les coupures d’électricité entrainent pour leur part des défaillances potentiellement graves sur les équipements, les réseaux et les systèmes d’informations.

Confirmant également de son côté que la coupure électrique a entrainé la "destruction d’un équipement matériel lourd de radiologie au sein de la clinique du Parc à Charleville", préfecture rappelle que si aucun blessé n’est à déplorer, l’IRM en question est inutilisable, entrainant du chômage technique pour 10 salariés et l’annulation de près de 50 examens de radiologie par jour.

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